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Samedi 4 février 2012 à 8:12 | 3 commentaires | | | |

Birdsong : entre romance langoureuse et guerre dévastatrice

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Alors que Stephen Wraysford combat dans les tranchées au nord de la France, il est hanté par les souvenirs d’Isabelle Azaire, l’amour de sa vie, une femme mariée rencontrée avant la guerre.

Eddie Redmayne est Stephen Wraysford, un homme consumé par son amour pour Isabelle Azaire et qui même en plein champ de bataille, ne peut surmonter ses sentiments. L’expression de son visage, à la fois impassible et brisé, résume à merveille Birdsong : une œuvre qui se veut sublime (visuellement), tumultueuse (émotionnellement) et qui se révèle d’une grande froideur.

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Cette adaptation en deux parties du roman de Sebastian Faulks nous plonge dans les tourments d’un soldat britannique qui, avant la guerre, a connu une liaison avec une femme mariée. L’histoire vogue alors entre la romance et le champ de bataille, les belles images – particulièrement à la guerre – échouant à véhiculer les sentiments si forts de ses personnages.

Ainsi, Stephen ne touche pas. Il semble plus hanter l’écran que donner corps et âme à sa détresse. Avec ses traits lisses, la coiffure impeccable, le regard qui se veut intense, Clémence Poésy l’accompagne dans cette liaison qui apparaît surfaite. Les émotions qui les habitent ne sont connues que d’eux, certainement pas de moi.

Malheureusement, c’est approximativement tout ce qui définit le personnage principal, même quand il est au front. Le récit impose rapidement un destin tragique à cette romance, mais encore faut-il se sentir concerné pour que cela puisse avoir un impact. C’est plutôt l’inverse surtout qu’elle a pour conséquence de casser le rythme et la pertinence des scènes de guerre.

C’est donc dans les tranchées que Birdsong se fait plus vivante, même si là encore, l’esthétisme si travaillé de l’œuvre se révèle être un obstacle. La saleté, le sang, les explosions perdent de leur effet, se mesurant à des images qui, derrière leur beauté, empêchent alors à la guerre de prendre toute sa dimension. Le récit réussit quand même à prendre vie grâce à des soldats plutôt sympathiques qui tentent du mieux qu’ils peuvent de survivre ; si leur exploration reste superficielle (à l’exception notable de Jack Firebrace), la familiarité avec cette fameuse guerre aide sans conteste à connecter avec leur malheur et les épreuves qu’ils traversent. Certaines scènes parviennent ainsi à se montrer poignantes, malgré aussi une bande sonore qui se fait parfois très encombrante (et qui finit par devenir simplement répétitive).

Birdsong a certainement les moyens de ses ambitions. Visuellement léchée, parfaitement orchestrée, l’histoire est déroulée avec une conviction évidente, mais qui ne suffit pas à la rendre captivante. Avec un rythme lent (certains plans trainent en longueur pour l’effet de style), une musique au final trop bruyante et une absence d’émotions regrettable, Birdsong se perd dans de la contemplation inutile.

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