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blackout serie Blackout : une rédemption sur fond de thriller politique  (série complète)

Jeudi 19 juillet 2012 à 8:30 | 0 commentaire | | | |

Blackout : une rédemption sur fond de thriller politique (série complète)

 Blackout : une rédemption sur fond de thriller politique  (série complète) Blackout : une rédemption sur fond de thriller politique  (série complète)par .

Daniel Demoys est un politicien corrompu et un alcoolique. Son addiction angoisse sa famille et a créé un fossé entre lui et sa femme qui ne sait plus quoi faire pour qu’il arrête. Après une autre soirée arrosée, il réalise qu’il a commis un crime horrible et décide alors qu’il ne peut plus continuer ainsi. Dans sa volonté de mettre un terme au chaos qu’est devenue sa vie, il va obtenir l’adoration du public et se voir offrir la possibilité de changer les choses.

Dans Blackout, Christopher Eccleston incarne Daniel Demoys. Dans un lointain passé, il était un politicien idéaliste, mais maintenant, c’est un homme corrompu qui noie sa misère dans l’alcool. Pour ne laisser aucun doute possible, le personnage boit quasiment en continu dans les premières minutes de la série.

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Blackout, création de Bill Gallagher, se veut au départ une œuvre sur la rédemption. Demoys est au fond du trou et il va tomber encore plus loin après une énième soirée passée dans un bar. Demoys va commettre un crime, mais il ne va pas tout de suite s’en souvenir. Il fait un blackout, ce que sa femme, incarnée par Dervla Kirwan, avait annoncé – pour être sûr que l’on sache de quoi il est question.

Plus qu’une claque, c’est un véritable électrochoc pour Demoys qui ne peut plus se tolérer lui-même et qui veut alors de se sacrifier pour le bien commun. Cela l’entraine sur une route inattendue, le plaçant comme une figure d’espoir pour la ville. Aidée par une infirmière prête à fournir de bons conseils, l’homme est en quête d’un pardon, d’une rédemption pour toutes ses erreurs et il va donc utiliser la politique pour tenter d’y arriver.

La fin pour Demoys est évidente dès le départ, dès qu’il a commis l’irréparable et qu’il cherche autant qu’il peut à faire amende pour son acte sans pour autant le confronter. Justement, le fait de dissimuler la vérité empêche de laisser le passé derrière et celui-ci revient pour le hanter continuellement.

C’est là que Blackout se transforme en un thriller conspirationniste, imposant dans la ville Danto Global, une entreprise qui symbolise la corruption qui ronge les hommes et le système politique. Sournoisement, Danto s’incruste doucement, mais sûrement dans l’histoire pour en devenir un des éléments les plus importants. Demoys est manipulé, à la main d’une puissance qui n’a pas vraiment de visage, mais qui sème les cadavres pour obtenir ce qu’elle veut.

Malheureusement, au cours des trois épisodes qui composent Blackout, Gallagher ne parvient pas à trouver le juste équilibre entre le drame personnel et les enjeux politiques de plus grosses envergures. À une échelle familiale, la tragédie de Demoys touche, avant tout grâce aux acteurs. Eccleston, Kirwan et les jeunes jouant leurs enfants (Olivia Cooke, Oliver Woollford et Lorenzo Rodriguez) réussissent à donner le jour à des scènes de famille efficaces. Il y a l’angoisse continuelle avec un père alcoolique, les moments de bonheur, l’inquiétude. Une fois Demoys en position de pouvoir aider sa ville, la mise en action sert assez bien le propos et les morts vont, temporairement, donner du poids à sa quête désespérée.

Seulement, le scénariste gère mal les sous-intrigues, de même que sa palette de personnages. Cela crée un sentiment d’incohérence et l’histoire s’éparpille sans raison. Entre l’exploration tardive de l’hérédité de l’alcoolisme d’un côté et la menace policière d’un autre, Blackout s’égare avant sa conclusion. Pire que tout, elle parait en partie faire du remplissage, principalement avec Sylvie (MyAnna Buring), avec qui Demoys a eu une liaison, et le Detective Dalien Bevan (Andrew Scott) qui finit littéralement par errer pendant la majorité de la dernière partie.

Régulièrement, la série tente de compenser ses lacunes en misant sur son esthétisme qui est là pour accentuer l’oppression générale. Qu’il s’agisse alors des souvenirs imbibés d’alcool de Daniel, de son angoisse d’être découvert ou de la menace qui pèse sur lui, tout est fait pour ne laisser aucun doute sur son état psychologique – musique à l’appui, souvent trop forcée.

En bout de route, Blackout est une série composée d’éléments intéressants, à l’atmosphère sombre, mais qui s’éparpille trop. C’est aussi une rédemption qui se montre éprouvante et poignante grâce à Christopher Eccleston, impeccable d’un bout à l’autre de l’œuvre.

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