Durham County - Little Lost Children (2.01)

Malgré sa récente promotion, la vie de Mike Sweeney ne s’est pas simplifiée. Sadie est toujours sous le coup de son enlèvement et le procès de Ray Prager approchant, elle doit se préparer. Mike se rapproche alors du Dr. Verrity, psychiatre troublée par la mort de sa fille qui va entrainer les gens qui l’entourent dans sa psychose.

Deux ans ont passé depuis la diffusion de la première saison, et deux ans se sont également écoulés dans la série.

On retrouve donc tout le monde, ou presque, car Justin Louis et Sonya Salomaa ne sont pas là. Lui est remplacé par un autre acteur, Romano Orzari, dans le rôle de Ray Prager, elle fera une brève apparition via vidéoconférence en tant que Tracy Prager.

Passé cela, on récupère rapidement nos marques. L’ambiance sombre et oppressante est bien présente, toujours appuyée par la même musique et une photographie froide à souhait. Mike Sweeney n’a d’ailleurs pas vraiment changé. L’origine de ses frustrations n’est plus la même, mais la rage est encore là. Pris entre Ray, encore menaçant – même enfermé –, Audrey qui veut une séparation, et Sadie qu’il aimerait aider sans réellement trouver un moyen de connecter, il va finalement découvrir une source de réconfort en la personne de Penelope Verrity – interprétée par Michelle Forbes.

Psychiatre travaillant fréquemment avec la police, Dr. Verrity est une femme à problèmes, comme on le constatera assez vite. Elle a perdu sa fille dans des conditions qui deviendront de plus en plus suspectes, et ce n’est que le point de départ, car elle cache beaucoup de sombres secrets et se révèlera rapidement fortement perturbée. Bien entendu, Mike, qui lui fait toute confiance, tombera dans le panneau et se laissera manipuler par elle. C’est là que se situe l’artère principale de cette saison.

Nous, nous assistons à tout cela, frustrés de voir les pièces s’assembler lentement sans que personne n’y puisse rien. Il faut dire que la construction de l’intrigue en six parties se révèlera moins efficace que dans la précédente saison où la pression grimpait graduellement. Ici, la moitié des épisodes souffrent du fait que l’on prenne trop de temps à jouer sur des évidences et à mettre en place des ressorts dramatiques qui n’avaient pas besoin de tant de préparation pour trouver leur force. Cela finit par mener à la triste conclusion qu’il n’y avait pas assez de matériel pour tenir la longueur et que certains pans de l’histoire ont malheureusement dû être étirés pour satisfaire les exigences du format.

Cette deuxième saison n’en est pas pour autant moins intéressante, mais apparait trop brouillonne pour réussir à atteindre le niveau qui fut établi par la première. Un sentiment renforcé par une fin décousue qui n’offre pas à tous les personnages une conclusion à la hauteur. C’est en particulier le cas pour Dr. Verrity, dont la chute prévisible dès le départ se fera froidement et avec peu de cohérence, comme s’il fallait absolument apporter une fin à une histoire qui a perdu tout son intérêt bien trop tôt.

Cette seconde saison se révèle quelque peu décevante à cause de son manque d’approfondissement et une sorte de volonté à remuer des éléments qui n’ont plus grand-chose à raconter. Cela n’en fait pas pour autant un ratage, car la qualité de l’interprétation et la réalisation permettent de compenser les petits défauts du scénario. Durham County reste une série forte et intelligente, mais la barre a peut-être été mise trop haut au commencement, ce qui fut préjudiciable pour la suite.