Durham County
Mike Sweeney, flic de Toronto, emménage dans la région de Durham après l’assassinat de son partenaire et le cancer de sa femme. La famille nouvellement réunie espère ainsi prendre un nouveau départ. Dans la région, deux jeunes étudiantes ont disparu et Mike se voit confier l’affaire. Les choses vont se compliquer quand une nouvelle victime est retrouvée. Cette dernière était sa maitresse. Son passé va également venir le hanter quand il reverra son ancien meilleur ami, Ray Prager, qui lui rappellera des choses que Mike pensait oublier depuis longtemps.

Série canadienne en six épisodes, Durham County a fait forte impression, lors de sa diffusion, sur les critiques qui y voient l’avenir de la fiction canadienne. Il est clair que nous n’avons pas affaire ici à une simple série policière classique et formatée. Le visuel est très travaillé, donnant à la série son ambiance si particulière qui est aussi amplifiée par une musique étrange et envoûtante. Mais une belle série n’est pas forcément une bonne série. Sans un scénario digne de ce nom, Durham County serait resté anecdotique. À dire vrai, l’histoire en elle-même, ses rebondissements et l’avancement de l’enquête ne sont pas révolutionnaires. La série tire sa force du traitement de ses personnages et de leur psychologie assez complexe.

Mike Sweeney et Ray Prager sont deux hommes au fond violent et manipulateur. Ils se connaissent et malgré les apparences se détestent. Dès l’ouverture du premier épisode, nous savons qui est le tueur. Nous voyons Ray l’observer, mais alors que nous pensions qu’il allait venir en aide aux victimes, il n’en fait rien et devient lui-même prédateur. Sa violence va augmenter de plus en plus, le poussant à tuer encore. Il va perdre pied, sa femme va le quitter tout comme sa raison.
Mike, de son côté, doit gérer le retour de sa femme, alors qu’il avait déjà accepté sa mort et même commencé à se construire une nouvelle vie. Quand sa maitresse va être tuée, il va devoir protéger ses arrières, car tout pourrait le désigner comme étant le tueur.

Leurs familles vont aussi être victimes de tout cela et vont devoir faire face à beaucoup d’épreuves. Je ne vais pas tout vous détailler, et d’ailleurs je m’en tiens aux faits des 2 premiers épisodes. Le casting est impeccable et Justin Louis, qui interprète Ray Prager donne une prestation au-delà de ce à quoi il nous avait habitués.

Durham County mérite toutes les éloges reçus, il n’y a pas de doute, c’est une réussite dans le genre. Elle est quand même perfectible, je pense notamment à l’épisode 3 qui abuse de quelques artifices qui vont finir par tenir un peu le tableau. Mais tout ceci est au final presque anecdotique. Le fait que la série ne possède que 6 épisodes est un avantage certain de ce côté-là, car il n’y a pas vraiment d’occasion de trainer en longueur l’intrigue.

Il serait peut-être question d’une seconde saison. La fin de la saison ne laissant pas beaucoup de place à une suite, il faut espérer que si elle a lieu, qu’elle aura le droit au même traitement que la première. Cette saison n’est pas parfaite, mais je ne dirais pas qu’elle soit facilement perfectible pour autant. Les scénaristes devront passer outre les pièges qu’ils se sont eux-mêmes posés.

Pour conclure, Duram County est une fiction policière atypique qui mérite que l’on s’y intéresse. Sa programmation en France, pour le moment, est inconnue et il serait dommage que cela reste ainsi. Si vous avec l’occasion de la voire, n’hésitez pas.