Fairy Tales season – Rapunzel, Cinderella, The Empress’s New Clothes et Billy Goat

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18 jan 2008 à 18:33
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Fairy Tales est une anthologie britannique produit par Hat Trick Productions pour BBC Northern Ireland. Il s’agit de l’adaptation moderne de contes de fées.

Rapunzel (1/4)

Dans le monde du tennis, Jimmy est convaincu par son père de se déguiser en femme pour réussir à gagner une compétition, et ainsi l’argent qui va avec, pour rembourser les dettes familiales. Seulement, le plan est mis en péril quand Jimmy tombe amoureux de la championne, Billy Jane Brooke alias Rapunzel, au grand désespoir de sa mère qui gère le succès de sa fille, ainsi que ses cheveux.

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Le conte originel raconte l’histoire d’une jeune fille aux cheveux incroyablement longs qui est enfermée dans une tour par son père, une histoire rendue populaire par les frères Grimm, et la fameuse phrase : « Rapunzel, Rapunzel, let down your hair. »

Non, je ne suis pas imbattable sur les contes de Grimm, je ne l’ai même pas lu. Apparemment, elle est bien connue en Angleterre, et je suppose dans les pays Anglo-Saxons, il faut admettre qu’en France, on ne donne pas tant d’importance aux contes. Donc, Rapunzel ne fait pas partie de mon catalogue de contes, car oui, j’ai des livres de contes, je sais, c’est incroyable !

Les premières minutes du programme permettent de vite se faire une idée. Ici, nous jouons dans le terrain du scénario stupide et décalé (je ne vous parle pas des dialogues niais, ou cliché, accentués par une musique moderne de conte de fées). Ajouté à ça, un élément type que je déteste : le travestissement. Ça existe, comme mot ? Ça sonne bizarre à mon oreille, mais Encarta me dit que oui ! Soit, c’est qu’on ne l’utilise pas tous les jours. Donc, un homme qui se déguise en femme, toujours un concept que je n’apprécie guère. C’est valable dans le sens inverse.

Rapunzel n’était alors pas fait pour moi, et je démarre par conséquent assez mal cette Fairy Tales Season. Le produit final m’apparaît comme assez ennuyeux, de par le fait que l’histoire n’est pas attrayante, et pas non plus des plus captivantes. Il y avait sûrement mieux à faire au rayon des contes.

Des défauts de réalisation viennent se poser par-dessus. Les matchs de tennis se limitent à une balle, et sont mal filmés. Des doublures auraient été bienvenues, ou alors entrainer suffisamment ses acteurs pour qu’on puisse au moins avoir quelque chose à se mettre sous la dent. Si ce n’est pas pour nous montrer dignement quelques images de tennis, autant prendre un autre sport.

Rapunzel reste largement dispensable, à moins d’avoir un goût prononcé pour ce type de production anglaise. Pour ma part, je ne conseille pas.

Cinderella (2/4)

Le charismatique Professeur Prince, anthropologue (James Nesbitt) croit que l’homme est la raison pour laquelle nous sommes ici aujourd’hui, alors que Cindy Mellor (Maxine Peake), femme de ménage à l’université, pense qu’il a tort. Quand le professeur se met en quête d’une nouvelle assistante pour ses recherches à venir, les deux étudiantes Phoebe (Lucinda Raikes) et Fenola (Lucy Punch), aidé par la directrice du département d’anthropologie de l’université Charlotte Brooks (Harriet Walter), se battent pour le poste en essayant de séduire le professeur, en lui disant à quel point il a raison. Cindy veut aussi tenter sa chance, et elle est aidée dans sa tâche par sa collègue Alice (Mona Hammond)

Pas la peine de présenter l’histoire, tout le monde l’a connaît. Un prince, une jeune fille qui fait le ménage, le tout saupoudré d’un peu d’élan de féminisme, et vous avez les ingrédients. La version moderne de chez BBC nous place dans une université, où l’on a engagé le professeur Prince pour qu’il convainque des investisseurs. Question de gros sous. Son dernier livre est un hit, et l’université compte exploiter le marché. La vieille mégère est donc la directrice du service anthropologie, tandis que ses deux filles se transforment en étudiantes. Le prince est professeur, Cendrillon, femme de ménage, et les aides de Cendrillon, Alice !

Le fait d’être en terrain connu facilite assurément l’immersion dans l’histoire. Il n’empêche, si je n’avais pas adhéré à Rapunzel, ici, j’ai accroché de bout en bout. Le jeu des acteurs est largement supérieur, James Nesbitt incarne à la perfection ce professeur imbu de sa personne et sûr de lui – du moins, en apparence. Maxine Peake est tout en sobriété, et j’ai eu un gros coup de cœur pour Mona Hammond, dans la peau d’une Alice assez silencieuse, mais quand elle parle, elle sait motiver les troupes !

L’humour est aussi bien présent, et là, il fait vraiment effet. Pas de lourdeurs excessives, c’est léger, et ça se veut drôle. Le second degré est exploité autant que la stupidité de certains personnages. On note au passage qu’on prend un malin plaisir à nous balancer les mots conte de fées.

Mon verdict est alors plus que positif, je n’ai même pas de défaut à pointer du doigt vu que Cinderella remplit parfaitement sa tâche, et se révèle être un pur divertissement complètement assumé, et assurément réussi.

The Empress’s New Clothes (3/4)

Shannon (Liz White) et Jack (Kenny Doughty) , un jeune couple, déménagent en ville. Alors que son mari est un cuisinier en vogue, Shannon va rencontrer son idole, l’actrice de soap, Michaela Carr (Denise Van Outen). Cette dernière va intégrer Shannon dans son monde, et ainsi la vie de la jeune femme va finir par s’organiser autour de sa meilleure amie, au détriment de sa vie de famille. À l’approche de la cérémonie de la Silver Sphere Soap Awards, Michaela doit alors trouver la plus belle robe pour faire face à sa concurrente.

The Empress’s New Clothes tire son inspiration d’un conte d’Andersen, Les Habits neufs de l’Empereur, qui illustre le secret de Polichinelle. L’histoire raconte celle d’un empereur qui aimait par-dessus tout être bien habillé, et il avait une tenue pour chaque heure du jour. Puis, deux escrocs arrivèrent. Ils prétendirent tisser une étoffe que seules des personnes intelligentes pouvaient voir et ils proposèrent leur service à l’empereur. Ce dernier songea qu’il pourrait alors avoir un habit exceptionnel. Mais, quand il arriva pour voir le travail, il découvrit qu’il n’y avait rien à voir. Il ne l’admit pas et envoya deux de ses ministres inspecter le travail. Leur réaction fut la même que celle de l’empereur. Pendant ce temps-là, tout le royaume parlait de cette étoffe. Puis le jour vint où l’empereur enfila la tenue. Personne n’osa faire de réflexion, sauf un petit garçon. Tout le monde savait qu’il avait raison, mais l’empereur continua comme si de rien n’était.

Tous les éléments clés du conte se retrouvent dans cette nouvelle adaptation. Avec changements bien sûr. L’empereur devient une impératrice, qui doit avoir une magnifique robe. Et Shannon, débutante dans le milieu, est éblouie par Michaela, son comportement, son style. Alors qu’elle se fichait de la mode, elle va tout d’un coup en avoir besoin.

Ne parlons pas style vestimentaire, Liz White est à mon goût peu gâté par les fringues rose bonbon qu’on lui force à porter. Denise Van Outen est plus chanceuse sur ce coup là et bénéficie de tenues qui la mettent réellement en valeur. Un ton un peu décalé s’installe, et il faut dire que le sujet le permet amplement. Ainsi, on traite avec sérieux la recherche de la robe, tout en donnant une ambiance colorée et vivante, en complète opposition avec la gravité que l’on donne au sujet. On a tout à fait conscience qu’il ne s’agit que d’une robe, mais ici, il est question de vie ou de mort. Shannon perd donc un peu de sa raison, pour la retrouver plus tard. Elle sera finalement la plus honnête avec Michaela. Devant la robe, et la révélation d’avoir eu affaire à deux escrocs, tout le monde se met d’accord pour ne rien dire à l’actrice. C’est finalement Shannon qui le fera, et qui aura approximativement à ce moment, retrouvé l’essence de sa personne.

The Empress’s New Clothes nous plonge dans des thèmes familiaux et un traitement assez courant. Les mensonges, le fait de vouloir se fondre dans un milieu qu’on aime au détriment du reste, puis le retour sur le droit chemin. En soi, ce n’est donc pas une histoire bien originale. Il manque le petit grain de sable qui aurait pu éviter qu’on sente tout venir à 10 kilomètres ou qui, tout du moins, offre une vision un peu plus rafraichie de ces thèmes traités déjà de multiples façons. Les deux précédents, Rapunzel et Cinderella, avaient joué sur ce terrain plus original, le premier favorisant le ridicule, le deuxième l’humour. Finalement, The Empress’s New Clothes voit plus son originalité dans le traitement visuel (vêtements, décor). Malgré un style conventionnel qui n’a pas su être maitrisé pour qu’on l’oublie, cela reste plus que plaisant à regarder et on passe un bon moment. Ce n’est évidemment pas une révolution, ou une interprétation du conte plus osé, ou décalé, mais cela reste un petit divertissement sympathique.

Billy Goat (4/4)

Connor Gruff (Paul Nicholls) est le chanteur du groupe Billy Goat. Chaque semaine, avec son frère Dean (Mathew Horne) et leur ami Rafiq (Nick Mohammed), ils font les clubs près de leur ville natale. Dans leur vie privée, tout va bien. Connor est mariée à Carol (Sarah Smart), avec qui ils élèvent ses trois enfants. Dean mène une vie plus dans l’excès, où il finit les soirées avec les groupies, tandis que Rafiq aime juste faire de la musique. Mais Connor veut plus, il veut être célèbre. Quand Connor voit une pub pour un boy bands pour une nouvelle émission, il pense que c’est leur chance. Mais ils doivent d’abord se débarrasser de leur manager, Grettongrat (Bernard Hill), un troll. Pour ce dernier, Billy Goat n’a pas les capacités de devenir un grand boy bands. Chaque membre de Billy Goat va alors tenter de rompre son contrat…

Dernière adaptation pour la Fairy Tales Season de BBC. On s’éloigne de Grimm et d’Andersen pour se plonger dans une histoire d’origine norvégienne (et bien entendu, reprise dans plein de pays, donnant plusieurs versions). Billy Goat tire son inspiration de Three Billy Goats Gruff, qui raconte l’histoire de frères boucs à la recherche de nourriture. Ils doivent traverser une rivière pour trouver de quoi se sustenter, mais le seul moyen est de passer sur un pont, gardé par un troll.

Ici, il n’est pas littéralement question de nourriture, mais bien d’un troll dont il faut se débarrasser. Une idée assez surprenante, surtout que l’histoire évolue dans un monde très réaliste. Alors à l’exception de cet élément issu de l’imaginaire, tout le reste est terre-à-terre. Presque trop, vu le concept. Billy Goat n’est pas le conte à qui on a donné le plus de moyens, et cette fois-ci, c’est la réalisation qui en a pris un coup. Certains plans laissent clairement à désirer, et on a l’impression pendant divers instants, disséminés tout au long du programme, de se retrouver sur une série sans moyens. L’avantage est que ce n’est pas durant toute l’heure.

À la différence des précédents épisodes, Billy Goat emprunte une voie plus sérieuse, et nous sommes alors sérieusement en manque d’humour. Le dramatique ne fait pas toujours bon effet, et la première partie est assez fade. La deuxième demie-heure relève le niveau, sûrement car on a enfin compris où on avait mis les pieds, et où on se dirigeait. La moralité de l’histoire nous apparaît très vite évidente, seulement, le manque de développement fait que l’on ne s’attache pas particulièrement aux personnages et que, par conséquent, leur sort ne nous préoccupe pas. Seul Connor Gruff (Paul Nicholls) occupe une réelle place au sein de l’intrigue, ses deux autres compagnons de route sont vite relégués au second plan. L’acteur le joue très sobrement, et réussit à nous faire passer comme il se doit la détresse du personnage, ce qui rend plus compréhensibles ses actions, son but à atteindre. Ainsi, cela donne un peu d’intérêt au visionnage, car Billy Goat ne se démarque d’aucune réelle façon.

The Fairy Tales Season se termine sur une note mitigée, Billy Goat ne se révèle en rien très intéressant à suivre. Il y a un manque certain de saveur et le ton décalé qui a pu aider par exemple Rapunzel ou The Empress’s New Clothes a fédérer un certain public est complètement absent ici.

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