Autres PaysSéries Scandinaves

Forbrydelsen Forbrydelsen (The Killing)   Saison 1

Samedi 26 mars 2011 à 8:23 | 12 commentaires | | | |

Forbrydelsen (The Killing) – Saison 1

 Forbrydelsen (The Killing)   Saison 1 Forbrydelsen (The Killing)   Saison 1par .

Nanna Birk Larsen, 19 ans, est retrouvée dans le coffre d’une voiture au fond d’une rivière. Elle a été violée et violemment tuée. Sarah Lund doit quitter la police de Copenhague pour suivre son fiancé en Suède, mais se retrouve sur l’affaire avec Jan Meyer qui devait la remplacer. Rapidement, ils vont lier le meurtre au politicien local, Troels Hartman, qui est en pleine campagne électorale pour la mairie. Pendant ce temps, la famille Birk Larsen est en deuil, à la recherche d’une explication.

Forbrydelsen, connue chez nous sous le titre The Killing, est une série qui vient du Danemark et qui propose de suivre une investigation policière mêlée à une intrigue politique, tout en ne laissant pas la famille de la victime de côté. Trois points de vue pour un même crime et 20 épisodes pour démêler l’affaire, chacun couvrant une journée. Ainsi, cette saison 1 se déroule du 3 novembre au 22 novembre 2007.

publicite

Mais plus qu’un concept, cette série est avant tout un thriller qui utilise ses différents composants pour entretenir le mystère et le suspens, jouant sur l’impact du crime sur ceux qui sont proches de la victime et de l’enquête.

Mais si les trois points de vue principaux – la police, la mairie, et la famille – offrent diverses portes d’accès à l’histoire, c’est tout de même Sarah Lund, l’enquêtrice principale, qui va rapidement s’imposer comme étant la force calme qui fournit le carburant à la narration.

Lund, jouée par Sofie Gråbøl, est sur le point de partir pour la Suède quand nous la rencontrons. Peu désireuse de s’attarder après avoir fait ses adieux à tout le monde, elle va être poussée à rester sur l’enquête pour assister son remplaçant, Jan Meyer. Les deux travaillent de manière différente. Lui préfère foncer tête baissée, alors qu’elle s’arrête sur les détails et se met en retrait le plus possible. Cela dit, plus l’investigation progresse et plus Meyer apprend à faire confiance à sa partenaire qu’il respecte autant qu’elle l’énerve – ce qui apporte occasionnellement des pointes d’humour bienvenues.

Quoi qu’il en soit, Sarah Lund se révèlera rapidement être obsessionnelle et quasiment uniquement animée par son travail, délaissant son fils et son fiancé. Une fois qu’elle a une idée en tête, rien ne peut plus l’en sortir et elle ira tellement loin qu’elle mettra sa vie et celle de ceux qui l’entourent en danger juste pour avancer dans son enquête.

Ce n’est pas sans conséquence et aussi bien le politicien Troels Hartman que la famille de la victime, les Birk Larsen, en paieront le prix.

Hartman est en pleine campagne pour la mairie, persuadé qu’il est l’homme qui changera Copenhague. En façade, il est vertueux et se bat pour ce qu’il croit bon, mais il a ses secrets qui le rongent et quand il va se retrouver lié à l’investigation, il va commencer à s’écrouler petit à petit. Il faut dire que la politique à ce niveau ne laisse pas de place pour les faibles et chaque sous-entendu se transforme en une arme pour attaquer l’adversaire – ce que le maire en place fait avec une efficacité redoutable. C’est là que Sarah Lund deviendra nuisible, car même si au début elle s’entend bien avec Hartman qui lui fait confiance, son besoin d’explications se heurtera aux secrets du politicien, tandis que le maire sautera sur l’occasion pour tenter d’assurer sa réélection.

Du côté des Birk Larsen, la tonalité est différente. D’abord brisés, mais soudés par la mort de leur fille, Theis et Pernille vont petit à petit s’éloigner l’un de l’autre, car les réponses n’arrivent pas. Pourquoi Nanna a-t-elle été victime d’un tel crime et qui est le responsable ? Voilà deux questions qui agiront comme un poison dans leur couple. Theis sera alors hanté par son passé violent qui refera surface, tandis que Pernille réalisera progressivement que sa fille n’était pas l’ange parfait qu’elle croyait.

Sur 20 jours, les suspects vont s’enchainer, les pistes vont s’épuiser, les témoins se contredire, les preuves et les profils vont être réinterprétés. Il y aura dès lors plusieurs grosses périodes une fois passé les premiers jours, dont deux tournants autour de suspects majeurs. L’un des défauts de la série se fera de plus en plus sentir sur la longueur, car si l’enchainement de twists permet de faire vivre l’intrigue jusqu’au bout, certains iront juste un peu trop loin et d’autres se suivront bien trop rapidement. Concrètement, il y a des baisses de rythmes, surtout dans la seconde moitié, et tous les pans de l’affaire sont exploités jusqu’à l’excès pour alimenter le suspens le plus possible avant que tout ne soit finalement révélé.

Au final, Forbrydelsen est un thriller bien pensé, mais dont l’ambition finira par devenir un très léger handicap. Cela dit, Sarah Lund s’impose rapidement comme un personnage capable de nous emmener très loin, et elle le fera sans difficulté, appuyée par une galerie de protagonistes secondaires fouillés et pleins de surprises. Cette première saison était perfectible, mais ça ne l’empêche pas d’offrir un voyage captivant d’un bout à l’autre qu’il est difficile de lâcher une fois commencé.

Pour aller plus loin…

- Se procurer la saison 1 de Forbrydelsen (The Killing) en DVD.
- Lire le bilan de la seconde saison de Forbrydelsen.

Partager cet article

publicite
  • Esther

    Très belle analyse.
    C’est vrai que la fin est un peu décevante et que le climax se trouve plutôt au milieu de la série. Même si la recette est assez simple et répétitive (quasiment un épisode = un suspect), il y a une ambiance particulière dans cette série qui vient sans doute des trois points de vue adoptés, du fait que la série soit danoise mais aussi de la personnalité des personnages- Sarah Lund et Hartman. J’ai beaucoup aimé les passages autour de Hartman (en plus il est très beau, ce qui ne gâche rien ;)).

    Je ne connais qu’une seule autre série danoise que j’adore mais qui n’a rien à voir avec celle-là : L’hôpital et ses fantômes de Lars Von Trier. Beaucoup moins classique ^^.

  • Pingback: Ce soir sur AMC : Lancement de The Killing | Critiques et actualité des séries TV sur Critictoo

  • Pingback: The Killing – Pilot / The Cage (1.01 & 02) | Critiques et actualité des séries TV sur Critictoo

  • Pingback: The Killing – What You Have Left (1.06) | Critiques et actualité des séries TV sur Critictoo

  • Pingback: The Killing – Vengeance (1.07) | Critiques et actualité des séries TV sur Critictoo

  • jojo

    Voilà, je viens de regarder la première saison en quelques jours (vive les vacances…), et j’ai vraiment aimé : histoire, personnages (et musique). C’est vrai que ça nous change des séries américaines, et l’ambiance scandinave est toujours un peu déprimante (surtout en novembre) mais c’est très efficace. Bon, et puis, je ne veux pas me vanter, mais ma première idée de « qui a tué Nanna » s’est avérée être la bonne… Bref, je vais me regarder la deuxième d’ici peu. :)

  • Pingback: The Killing, l’histoire d’une adaptation ratée | Critiques et actualité des séries TV sur Critictoo

  • Pingback: Forbrydelsen II (The Killing – Saison 2) | Critiques et actualité des séries TV sur Critictoo

  • Pingback: Cult Character : Sarah Lund (Forbrydelsen / The Killing) | Critiques et actualité des séries TV sur Critictoo

  • Jenny

    Enfin un point de vue sur la saison 1 de The Killing ce qui change des copiés-collés qui truffent la plupart des sites. La web presse anglaise est un peu plus bavarde sur le making of de la série notamment parce que l’actrice qui incarne Sara Lund a fait quelques visites de politesse en GB après le succès assez foudroyant de lala composition du personnage de Sara Lund puisqu’il avait été convenu entre l’auteur scénariste et l’actrice qu’elle n’incarnerait pas le stéréotype féminin classique de la femme flic (exit la séductrice, la maternelle, l’autoritaire) et qu’il n’y aurait aucune sexualité dans son comportement. D’où cette neutralité permanente du personnage. Il parait que son pull shetland a fait un tabac en Scandinavie et au Royaume Uni. L’antimode devient à la mode. Enfin, Sofie Gröbel, l’actrice découvrait son script à chaque début de tournage d’un épisode. Et comme la série est passée en longue durée au Danemark, elle était abordée dans la rue par les gens qui lui donnait leur avis sur qui pouvait être l’assassin et lui demandait le sien. Ce que j’ai vraiment apprécié dans cette série, c’est un casting impeccable avec des personnages féminins et masculins très forts (le couple Birk Larsen est un modèle et restitue

  • MisterDo

    en attendant, pour ma part je n’ai toujours pas compris le lien avec Hartman et l’appartement… qqun peu me dire? !

    merci !

  • sofie

    le lien entre Hartman et l’appartement est tout simple: c’est un appartement réservé à son parti et qui est utilisé régulièrement pour des réunions ou pour passer une nuit. Superbe série même si le final est un peu en deça du reste de la saison 1.

62 queries. 0,868 seconds.