
Le célèbre auteur horrifique, Garth Marenghi, nous ressort de ses cartons une série de son cru. Darkplace est une série des années 80 tellement en avance sur son temps, tellement subversive, tellement dangereuse et tellement folle, que le MI-8 a empêché sa diffusion.
Comédie de la chaine britannique Channel 4, écrite et réalisée par Matthew Holness et Richard Ayoade, également interprètes, Garth Marenghi’s Darkplace nous plonge dans le monde merveilleusement nul de ce fictif génie de l’horreur, Garth Marenghi.
Cette série qui date de 2004, a un concept on ne peut plus original, car il y a en fait deux séries en une. Chaque épisode contient une aventure de Darkplace, Å“uvre créée par Marenghi, personnage fictif inventé par les têtes pensantes de la série. Les acteurs y tiennent donc deux rôles, car ils participent également aux interviews qui viennent nous apporter un petit éclairage non négligeable sur l’envers du décor de Darkplace.
En gros, on commence toujours par une introduction d’un nouvel épisode faite par Garth Marenghi. Celui-ci est complètement mégalo. Persuadé de sa supériorité il va, sans honte aucune, tenter de nous faire croire que sa création est un pur chef-d’Å“uvre. Ces scènes introductives sont à prendre au second degré bien sûr, car on comprend vite que Darkplace est à prendre au 50ème degré.
Redéfinissant la nullité au point de porter la caricature au rang d’art, Matthew Hollness et Richard Ayoade ont créé une Å“uvre (si je puis dire) dont la nullité est sa force. Bien entendu, tout ceci est volontaire, mais si on n’est pas prévenu, le choc peut être violent.
Décors en carton pâte, acteur alcoolique à la voix désynchronisée, effets spéciaux des années 30, utilisation abusive des ralentis pour gagner du temps d’antenne et bien sûr scénario à la débilité olympique qui ne trouve d’égal que dans la stupidité des dialogues. Voilà ce qu’est Darkplace.
Bien entendu, le résultat est tout bonnement génial sur un plan comique, bien que déroutant au premier abord. Le souci principal est qu’à force d’être en équilibre sur la fine ligne qui sépare la parodie de la pure nullité, la moindre baisse de régime donne un résultat pénible à regarder, tout comme l’inverse nous pousse à crier au génie.
Six épisodes composent cette unique saison, c’est à la fois court et suffisant. Il est assez clair que Garth et son alter ego Dr. Rick Dagless, M.D. avaient encore beaucoup de franche débilité à nous raconter, mais cela aurait peut-être été de trop. Nous avons là un bon condensé de ce qui pouvait être fait sans pour autant devenir imbuvable, mais combien de temps cela aurait-il pu durer sans que cet état de fait ne change ?
Garth Marenghi’s Darkplace est un ovni télévisuel, une ode à la série Z, un objet de culte, bref, un indispensable pour les amateurs d’humour parodique bien lourd et les curieux qui veulent redéfinir leur capacité d’ouverture d’esprit. Les autres, s’abstenir est préférable.
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