
Elevé par sa sÅ“ur et son époux forgeron, Pip est destiné à suivre un apprentissage pour faire ce métier. Son existence va connaitre un tournant quand il reçoit une importante fortune de la part d’un bienfaiteur anonyme. Plein d’espérances, Pip se lance dans sa nouvelle vie en étant convaincu de savoir exactement à quel avenir il est destiné.
Pour célébrer le 200e anniversaire de la naissance de Charles Dickens (qui est né le 7 février 1812), BBC consacre une saison à l’écrivain victorien, avec une adaptation du roman Great Expectations – Les Grandes Espérances ou De grandes espérances en France – pour ouvrir le bal.
C’est donc l’histoire de Philip Pirrip, dit Pip, qui est élevé par sa sœur et son mari à la mort de ses parents. Pour l’enfant, les possibilités d’avenir sont limitées et il n’envisage rien d’autre que de devenir forgeron. Deux évènements vont alors redéfinir son futur : la rencontre avec le forçat évadé Abel Magwitch et celle avec l’étrange et parfois inquiétante Miss Havisham ; les deux rôles sont respectivement campés avec brio par Ray Winstone et Gillian Anderson.
La scénariste Sarah Phelps s’est ainsi vu confier la tâche d’adapter l’épais roman de Dickens en une série en trois épisodes ; et force est de constater que Great Expectations aurait bien pu bénéficier d’un quatrième pour posséder une meilleure structure narrative. Le rythme se révèle saccadé, les évènements s’enchainant trop vite au cours de la première partie pour qu’une lenteur s’installe au sein de la seconde – la troisième étant sans aucun doute la mieux maitrisée sur le plan de l’histoire et de l’émotion.
Retour au début de l’adaptation, avec un Pip enfant qui va connaître la terreur de sa vie en rencontrant le forçat Magwitch pour ensuite voir sa vision du monde être bouleversé par la riche Miss Havisham, qui vit recluse en compagnie de sa fille adoptive Estella. Les deux femmes représentent alors un monde auquel Pip n’a pas accès, mais dont il va rêver avant qu’on lui offre la chance de pouvoir totalement y pénétrer. La première est hantée par un passé au point qu’elle s’est refusé un avenir, tandis que la seconde est élevée avec une cruauté émotionnelle pour la pousser à manipuler les hommes. Si Estella, devenue adulte, est habitée par un conflit intérieur entre ses sentiments pour Pip et ce que son éducation a fait d’elle, la série peine à montrer l’amour sans faille et douloureux du jeune homme envers celle dite de toute beauté ; aussi subjectif soit cet aspect, Douglas Booth s’impose être un trop beau Pip face à une Estella à la froideur logique, mais qui tue toute possible séduction.
L’absence régulière d’émotions traverse par ailleurs l’ensemble de Great Expectations qui sait parfaitement illustrer la noirceur humaine, mais qui peine régulièrement à laisser un peu de chaleur s’installer. Devenu presque adulte, Pip entrera dans le beau monde grâce à un bienfaiteur inconnu et rejettera alors tout son passé. Le personnage est totalement consumé par son besoin de paraître et par son amour d’Estella. Ses grandes espérances l’entrainent sans aucun doute dans une voie assez malheureuse et il est difficile de toujours percevoir ce qu’il peut bien y trouver. Son ami Herbert Pocket (incarné par Harry Lloyd, descendant de Dickens) sera l’un des rares à faire naitre des pointes de bonne humeur et de lumière dans un environnement visuel souvent sombre et étouffant.
Les pièces ont beau être grandes et le décor à couper le souffle, l’aspect technique quasi irréprochable de Great Expectations reflète une absence de caractère trop importante. Tout est parfait, mais tout est aussi trop lisse et manquant de sentiments. À côté d’Herbert Pocket, Abel Magwitch sera alors celui qui contrera le plus ce phénomène, Pip trouvant dans sa relation avec le forçat toutes les leçons de vie nécessaires, mais aussi la possibilité de laisser réellement voir quel être humain il est. En arrêtant d’être étouffé par ses désirs, le jeune homme finit enfin par prendre totalement vie.
Il faut aussi dire que, concentré sur les objectifs de l’histoire, Sarah Phelps a trop régulièrement réduit les personnages à leurs principaux traits de caractère en oubliant de leur donner l’opportunité de plus se dévoiler. Certains sont de simples rouages au déroulement de l’intrigue, incapable de devenir plus que cela.
Dans la lignée d’une adaptation classique, Great Expectations possède alors tous les atouts qu’on s’attendrait à y trouver : un sublime esthétisme (manquant un peu de personnalité) et des acteurs majoritairement emportés par leurs rôles. Mais si l’ambiance peut se révéler prenante, il reste difficile d’être happé par une histoire qui laisse trop peu de place à la découverte des personnages et à leurs émotions.
Aller plus loin …
- Se procurer le roman De Grandes Espérancess ou un autre roman de Charles Dickens
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Moi j’ai juste adoré les 2 premiers volet de cette mini série et me réjouis par avance de regarder le 3em épisode.
J’ai retrouvé l’ambiance du roman et je dois dire que le Pip de cette version est encore plus joli garçon que celui que j’imaginais lorsque j’étais gamine, en tournant les pages de mon Dickens.
Certes c’est une version somme toute assez classique, mais que c’est agréable de voir un production aussi magnifique dans la photographie et les décors.Un vrai programme festif.