Lucan : un mystère sans saveur (série complète)

Lucan

Dans les années 1970 en Angleterre, Lord Lucan est un aristocrate renommé qui perd son argent au jeu et voit son mariage s’effondrer. Face à la fin de son union avec Veronica, il est déterminé à obtenir coûte que coûte la garde de ses enfants, au point de se laisser emporter dans une spirale destructrice.

Pour les fêtes de fin d’année, les chaines anglaises ont misé sur des histoires vraies qui fascinent encore à leur façon le public général. Ainsi, si BBC s’est intéressée à l’attaque du train postal Glasgow-Londres de 1963, ITV s’est tourné vers la mystérieuse disparition de Lord Lucan qui a eu lieu après une nuit tragique de novembre 1974 où un meurtre fut commis.

Pour ce faire, le scénariste Jeff Pope s’est basé sur The Gamblers, livre écrit par John Pearson qui a, pour ses recherches, rencontré des proches de l’aristocrate de cette époque. Ce dernier est d’ailleurs un personnage de Lucan, nous entrainant alors dans ce processus de création littéraire qui à l’aide de quelques témoignages, nous plonge dans le passé.

Ce choix narratif apparait plus que superficiel, mais au fond, il s’inscrit dans une certaine logique quant à la façon dont Pope a décidé d’aborder le sujet et de construire un récit qui ne joue pas vraiment la carte du mystère.S’il est bien signifié que si l’histoire est basée sur des faits réels, il y a de la dramatisation et la théorie occupe une place prédominante.

La plus grande force de cette tragique histoire qui aura coûté la vie d’une femme innocente – et trop aisément oubliée – est bel et bien cette notion d’inconnu. Que s’est-il réellement passé ? Qu’est-il arrivé à Lord Lucan ?

Lucan nous entraine dans la haute société de l’époque aux côtés de gens riches qui dépensent leur argent aux tables de jeux, dans des clubs privés ou, dans le cas du fameux John Aspinall (campé par Christopher Eccleston), dans un zoo privé. Entre Lucan, Aspinall et leur entourage, la série avait de quoi délivrer des portraits humains à la fois fascinants, déroutants, grandiloquents et détestables. En somme, des personnes complexes sous bien des aspects. Malheureusement, on tombera vite dans une forme simplifiée, laissant peu de place à l’illustration des différentes facettes de leurs personnalités au profit le plus souvent de la partie la plus exécrable pour alimenter l’angle choisi par l’histoire.

Dès lors, la fascination pour les animaux d’Aspinall devient une sorte de moteur au récit, l’allégorie étant régulièrement répétée pour qu’on ne puisse pas oublier que ces hommes se considéraient au-dessus de tout et que tout leur était dû. Forcément, Lord Lucan va découvrir que ce n’est pas le cas, le poussant alors à devenir totalement obsédé pour obtenir ce qu’il veut.

Lucan faillira autant à illustrer l’aristocrate sous ses bons comme ses mauvais aspects. Son amour pour ses enfants est assez évident, mais pas beaucoup montré et son obsession pour les récupérer est trop succincte pour connaitre une véritable montée en puissance. Le personnage manque alors d’un certain charisme qui justifierait sa capacité à attirer autant les regards. Coincée d’une certaine façon entre les griffes de son mari et luttant pour sa survie, Lady Veronica Lucan (Catherine McCormack) en ressort au moins plus vivante et plus poignante. Et si John Aspinall est le type d’homme qui semble pouvoir avoir lui-même sa série, Lucan parvient en quelques scènes à rendre Sandra particulièrement vivante — peut-être car elle injecte une forme de joie au sein d’un environnement plutôt sombre.

La série parait en tout cas tenir majoritairement sur ses acteurs et sur son esthétisme qui semble au moins vraiment nous plonger dans les années 1970. Sur un plan technique, il n’y a pas grand chose à redire, l’ensemble se révèle plus que réussi et accrocheur.

Au final, Lucan manque de subtilité dans son portrait social, ne met pas bien l’accent sur la place de la femme à cette époque, peine à illustrer la chute psychologique de sa figure centrale, et n’arrive pas non plus à bien exploiter le mystère de la disparition de l’aristocrate. La série semble dès lors passer à côté de bien des opportunités et il en ressort un manque de tension et une difficulté à créer la fascination que cette histoire a pourtant su générer – et le fait encore.

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