Maison Close – Saison 1

Paris en 1871. Dans un bordel de luxe, le Paradis, Hortense, la maquasse, Véra, la star sur le retour, Rose, la petite nouvelle qui cherche sa mère et se retrouve prise au piège et toutes les autres filles doivent faire face aux conséquences de la Commune, trouver une façon de vivre et pour certaines, de survivre.

Hortense : Ah… les hommes ! Il y a si peu à connaître !

Lancée il y a un mois à raison de 2 épisodes tous les lundis, la nouvelle série création de Canal Plus a commencé à faire parler d’elle bien avant sa diffusion grâce à une campagne de pub ciné, télé et Internet parfaitement rodée. À travers ses bandes-annonces et ses slogans, «Nous faisons tout. Sauf l’Amour » et « Les hommes rêvent d’y entrer. Elles se battent pour en sortir », Maison Close s’annonçait provocatrice, sexuelle, sensuelle, tordue, cruelle.

Au terme des huit épisodes, il apparaît qu’elle est tout cela, mais d’une façon particulièrement intelligente. Maison Close est déjà un beau produit marketing, pensé pour un large public : les téléspectatrices s’identifient à ses femmes en lutte, les téléspectateurs se délectent de leur beauté. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que les trois architectes du programme sont des hommes : le créateur Jacques Ouaniche, le scénariste principal Jean-Baptiste Delafon et le réalisateur Mabrouk El Mechri (JCVD).

Tournée au Portugal dans une véritable maison, la série est artistiquement très réussie. Réalisation ciselée, dialogues fins et crus, scénarii complexes, musique contemporaine composée par Gast Waltzing qui offre un joli décalage avec l’époque, costumes et décors somptueux. Il est clair que la production n’a pas lésiné sur le budget alors que l’équipe scénaristique a tout osé.

Nous sommes dans un bordel, il y a donc du sexe. Ce n’est pas beau, ce n’est pas romantique, c’est même parfois horrible à l’image du viol qui se produit à la fin du 3ème épisode. Dès lors qu’il y a un contexte et que l’action est bien filmée, l’acte n’a rien de gratuit. On peut même se féliciter qu’une équipe française ait le courage de montrer une telle scène et que des actrices de talent acceptent de se prêter au jeu.

Car c’est avant tout sur ce point précis que Maison Close se démarque : des comédiennes jusqueboutistes au service de personnages fascinants. Valérie Karsenti, la pétillante quadra de Scènes de ménage campe la maîtresse des lieux, Hortense. Corsetée dans sa robe noire, l’amour qu’elle voue à Véra et les relations ambiguës qui la lient à son frère l’étouffent littéralement. Elle peut sembler dure et méchante, mais comme le dit si bien Véra, Hortense, c’est « un cœur de collégienne et une tête de maréchal ». Au fond, la véritable reine du Paradis c’est Véra (Anne Charrier, sublime), la plus âgée des locataires, celle qui se voyait en haut de l’affiche, mais qui reste indéniablement attachée à Hortense qu’elle semble vraiment aimer, et à cette drôle de maison qui est désormais la sienne. La troisième « héroïne » se veut l’innocence incarnée. Rose rentre au Paradis pour y retrouver cette mère qui l’a abandonnée. Devant l’horreur de la tâche à accomplir et de la dette à rembourser, elle va lâcher prise, s’étourdir dans la drogue avant de revenir dans la partie. Jemima West accomplit une performance incroyable en faisant muter son personnage sous nos yeux ébahis.

Ces 3 femmes de caractère ne sont pas seules. Il y a bien les clients, les ennemis, les chéris, ou le frère d’Hortense, Pierre (Nicolas Briançon, parfait), mais il y a aussi et surtout les autres filles : Marguerite, la sous-maquasse, Valentine qui rêve de lui piquer sa place, Angèle, la naïve, Camilla la camée, Bertha, Louise, Lucia.

Canal Plus ne livre évidemment pas une copie parfaite. Certains épisodes sont un peu lents (le troisième), le récit est parfois elliptique, et certains personnages méritent un approfondissement, mais le plus gros souci vient du son. Il faut parfois revenir en arrière et monter le volume pour comprendre ce que les héroïnes se disent.

De menus défauts qui, espérons-le, seront corrigés dans une saison 2 (plus ou moins encore dans l’expectative, mais vu l’audience, il n’y a pas trop à s’en faire) attendue avec impatience. Ce n’est pas tous les jours que je ronge mon frein dans l’attente du prochain épisode d’une série française !

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