Agent Carter Saison 2 : Sous le feu des projecteurs

Agent Carter saison 2 (Hayley Atwell)

En vacances à Los Angeles, Peggy Carter se retrouve mêlée à un crime qui pourrait bien entrainer la fin du monde tel que nous le connaissons. Pour réussir, elle n’aura d’autre choix que de demander de l’aide à ses amis tout comme former d’improbables alliances.

 Le moins que l’on puisse dire est que les aventures de Peggy Carter auront été surprenantes plus qu’elles n’étaient fondamentalement grisantes dans cette saison 2 d’Agent Carter. Si rétrospectivement, l’ensemble fonctionne sans problèmes majeurs, il faut bien avouer qu’il manquait ce petit quelque chose pour que la recette soit une complète réussite.

Ce n’est pourtant pas la faute au changement de décor qui fait souffler un vent de fraicheur et permet à l’univers de tirer parti de sa temporalité pour un travail sur l’esthétique plaisant et qui force à plonger dans le récit. Même au cours de sa première saison, Agent Carter n’avait eu aucune difficulté à utiliser New York pour soutenir son approche du film noir, non sans une légèreté qui est désormais la marque de fabrique du show.

Le fait est que Agent Carter n’a jamais foncièrement été une série dramatique et cette seconde saison s’appuie sans grand mal sur l’humour pour rendre les personnages plus sympathiques. Le souci est qu’en se reposant trop sur ce procédé, la saison perd peu à peu en intensité et ne parvient pas à traiter ses thématiques principales avec la profondeur qui leur sont dues. C’est amusant, mais cela fait retomber la pression alors même qu’il aurait été nécessaire d’être un peu plus sur le bord de nos sièges à des instants clés de l’intrigue. Le parfait exemple étant l’ouverture de A Little Song and Dance (2×09) qui explicite les tumultes intérieurs de Peggy à un moment où le drame se situe ailleurs.

L’autre problème majeur dont souffre cette seconde saison d’Agent Carter est de ne pas parvenir à développer son récit comme il se doit. La faute est surement imputable à l’ambition de cette histoire de matière zéro qui n’est qu’un prétexte pour pousser Peggy (Hayley Atwell) à faire des choix en dehors de sa zone de confort. Ce qui n’est pas aidé par la naissance d’un triangle amoureux qui détourne complètement de la réflexion scientifique qu’il était possible de faire et qui a du mal à rester crédible tout au long la saison. Il n’y a qu’à voir la résolution hâtive dans Hollywood Ending (2×10) pour comprendre qu’il n’a jamais réellement été question d’étendre l’univers vers des thématiques métaphysiques, mais bien de garder l’ensemble à ce qu’il y a de plus humain.

Cependant, là où Agent Carter tire réellement son épingle du jeu est dans les divers développements qu’elle offre à ses personnages principaux et secondaires et au sentiment d’unité qui en découle. Avec le peu de temps imparti, il aurait été possible d’ignorer l’évolution des relations et l’impact des décisions, mais le show se démarque une fois de plus en parvenant à fournir un matériel nuancé et intéressant à tous les concernés. La véritable révélation étant au niveau de l’agent Thompson (Chad Michael Murray) et d’Ana (Lotte Verbeek), la femme de Jarvis (James D’Arcy).

Si le cliffhanger de fin est annonciatrice d’une bien triste nouvelle pour l’agent Thompson, Ana aura tout au long su tirer profit de chacune de ses apparitions. En particulier dans ses échanges avec Jarvis et dans la bienveillance qu’elle y injecte. Ce qui n’est malheureusement pas le même résultat quand on se penche sur le cas des ennemis de la saison qui manque définitivement de panache. Si l’intrigue concernant le SSR est tout ce qu’il y avait de dispensable tant son implication est sans conséquence sur le reste de l’histoire, le plus décevant est personnifié par Whitney Frost (Wynn Everett).

Dès Smoke & Mirrors (2×04), son rôle sombre dans une spirale manichéenne de folie qui ne fait pas honneur à la description du personnage. Le parallèle fait avec Peggy concernant la manière dont elles ont été élevées et l’impact que cela a eu sur leur vie respective était un point intéressant qui poursuivait la ligne féministe du show. Le problème est qu’en ne gardant pas la nuance autour de son personnage et en rendant ses motivations aussi basiques que celles de tout autre vilain débutant, Agent Carter a perdu de vue ce qui la rendait différente. Ce qui est réellement dommage quand on voit la facilité de la série à créer des antagonistes aussi grisants que Dottie (Bridget Regan).

Dans son ensemble, cette seconde saison de Marvel’s Agent Carter est tout ce qu’il y a de plus plaisant à suivre et parvient sans grand mal à asseoir la sympathie que l’on éprouve pour son personnage et ses aventures. Il aurait seulement été préférable que certains points de l’histoire soient traités avec la même finesse que les relations entre Peggy et son équipe. Il n’y a alors plus qu’à espérer que la série soit renouvelée pour une troisième saison, malgré ses audiences au plus bas, tant il est difficile de dire au revoir à une héroïne qui ne laisse définitivement pas le feu des projecteurs l’aveugler.

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