Misfits - Series 1

Curtis, Kelly, Alisha, Simon et Nathan n’ont pas grand-chose en commun à part qu’ils doivent faire leurs travaux d’intérêt général ensemble. Un orage un peu particulier va les surprendre et ils se retrouvent avec des pouvoirs.

Avec son pitch de départ, Misfits pourrait faire penser à une version ado de Heroes. Par chance, il n’en sera rien, et de loin. L’idée ici n’est clairement pas de pousser des jeunes délinquants à entrer dans le droit chemin pour se comporter de manière héroïque. En fait, ils ne sont pas vraiment tous des délinquants pur et dur, plus des jeunes un peu paumés et probablement trop seuls, qui ont besoin de composer avec une vie qu’ils prétendent maitriser au lieu de l’affronter directement. Ils ne sont pas du matériel à héros et en ont bien conscience.

Les voilà donc avec des pouvoirs, sauf Nathan qui passera la saison à tenter de découvrir sa capacité cachée. Le souci, c’est qu’ils ne sont pas les seuls à avoir été affectés par les effets particuliers de l’orage et tout le monde n’a pas véritablement été gâté par le don offert. C’est le cas du superviseur du centre dans lequel nos héros sont forcés de travailler. En fait, il débloque complètement et va tenter de les tuer. Ce n’est alors que le début de problèmes qui ne se résolvent jamais sans conséquence.

Mais au point de départ, ils n’étaient pas gâtés. Nathan l’ouvre trop et a un certain talent pour irriter tout le monde. Sans pouvoir, il n’a pas moins de difficultés à se fondre dans la société. Mais si sa solitude et sa situation familiale l’ont poussé à se créer une carapace faite d’arrogance, il est assez réaliste sur la vie qu’il mène et assume totalement ses excès qu’ils jugent naturels et qui font de lui ce qu’il est.

Simon ne voit pas cela comme ça et sa capacité à devenir invisible est en accord avec ce qu’il pense de lui même. Discret et solitaire, il ne veut qu’une chose : qu’on l’accepte. Pas facile quand on est estampillé weirdo. Il reste donc invisible et c’est, ironiquement, par ce biais que les problèmes vont le trouver.

Kelly est un peu comme Nathan, avec l’attitude, mais elle, elle a un pouvoir, celui d’entendre les pensées des gens, ce qui n’est pas forcément un cadeau quand on traine avec un groupe de jeunes comme ceux-là.

Curtis était sur le point de devenir une star. Ses rêves brisés, il va pouvoir les changer grâce à sa capacité à voyager dans le temps, mais ses nouveaux amis lui offrent des perspectives inédites, notamment Alisha, maudite par ce qui était pour elle son plus grand atout. Elle doit adapter son approche relationnelle de manière différente et trouve avec Curtis la stabilité dont elle a besoin. Et dans l’univers de la série, c’est beaucoup.

Forcés d’être ensemble, ils vont alors se lier et s’entraider dans ce monde qui devient hostile, même pour des gens avec des pouvoirs, car tout ce qu’ils désirent c’est être eux-mêmes, bien qu’ils ne savent pas trop ce que c’est pour le moment.

Cette première saison va donc combiner, avec succès – il faut le dire – cette recherche identitaire avec les codes du genre fantastique qui trouve dans ce petit univers une originalité rafraichissante. Le tout se fait avec une bonne dose d’humour qui se pose sur des scénarii originaux qui offrent une observation qui se veut sincère sur la jeunesse britannique et la confusion dans laquelle elle se trouve. Et, vu que l’on est en Angleterre, cela est accompagné par une excellente bande-son qui donne une force supplémentaire au récit.

Bref, cette première saison de Misfits s’est révélée être une très bonne surprise à bien des niveaux, dans sa forme, mais surtout dans son fond.

La saison 1 de Misfits est disponible en DVD.