Deux ans ont passé depuis la dernière fois que nous avons vu Katie, Trudi, Siobhan et Jessica. Depuis, leurs relations ont changé et l’amitié qui les liait s’est brisée. Mais que s’est-il passé pour que cela arrive ? Pour le savoir, il faut retourner 6 mois en arrière …

Les Mistresses de BBC sont de retour pour une troisième et ultime saison, et avec moins d’épisodes (4 au lieu de 6). Mais après une saison 2 quelque peu décevante, ce quatuor de femmes lié par l’amitié et le Chardonnay sera-t-il à la hauteur pour la conclusion ? Je ne vous fais pas trépigner d’impatience et vous livre la réponse ci-dessous !

Pour cette saison 3, Mistresses jouera et abusera de la carte du mélodrame à l’excès. Le couple que Trudi (Sharon Small) et Richard (Patrick Baladi) forment bat de l’aide à cause de la pâtisserie florissante et mangeuse de temps de l’épouse. Le mari se retrouve alors à passer un nombre d’heures indécentes en compagnie d’une Katie (Sarah Parish) habituée des hommes mariés, et qui est revenu d’Australie, car son prétendant ne pouvait oublier sa tromperie. Pour la docteure, ce n’est pas tant ces histoires amoureuses qui viennent pimenter sa vie, mais sa mère Vivienne (Joanna Lumley). Siobhan (Orla Brady) a fait une place dans sa vie pour Dominic (Adam Rayner), pour le bien de sa fille Elsa, mais leur histoire à tous les deux est bourrée de non-dits qui viennent leur compliquer l’existence. Cela, et une fiancée. Jessica (Shelley Conn), devenue officiellement femme rangée, rêve de bébé après une fausse couche, mais les finances et sa santé s’opposent à sa volonté.

Nous voilà ainsi prêts pour les drames amoureux, pour les coupes de champagne, les secrets et les mensonges. Pour placer quelques enjeux, la saison s’ouvre d’ailleurs avec une scène où les quatre amies se retrouvent chez Katie. Si ce n’est qu’aucune ne veut voir l’autre ; le spectateur – ou majoritairement la spectatrice – se demande bien comment nous en sommes arrivés là. Les trois premiers épisodes vont donc reconstruire l’histoire pour nous le révéler.

Malheureusement, il est bien triste de constater que Mistresses n’a plus grand-chose à nous raconter et parait se forcer pour créer du drame. De la tension entre Richard et Katie, Siobhan et Dominic, ou encore Trudi et son investisseur. De la tromperie au menu, car les romances ou les mariages, cela ne tient pas sur la durée ! On peut reconnaître à la série une certaine absence d’idéalisme romantique, nécessaire pour nous délivrer la dose de cachotteries qui servira à éloigner les 4 femmes. C’est au fond bien dommage, car il y avait sûrement moyen de créer des difficultés existentielles sans pour autant jouer des éternels mêmes ressorts, et dénaturer certains personnages au passage (surtout Jess, qui semble ne redevenir qu’elle-même dans le dernier épisode).

La malice, la joie, les bouteilles de vin et les soirées sympathiquement arrosées semblent donc laisser leur place à des angoisses intérieures et à des conflits gratuits. Jess ne pétille plus, Trudi se fait étrangement voler la vedette par Richard, Katie a le mérite de combattre ses démons, et Siobhan se refuse à sauter au cou de Dominic ! En gros, les intrigues s’étirent, mais pas au sein même de la saison, juste de la série.

Finalement, la conclusion – et malgré la très mauvaise idée responsable de la réconciliation – nous ramène au début de la série, dans une direction évidente pour pas mal de personnages. Pas forcément l’amour avec un grand A, mais l’amitié avec un grand A. Simon, Dominic, une Katie célibataire et une Trudi mère de famille. Un retour aux sources qui dans les derniers instants nous rappelle pourquoi Mistresses était si imparfaite et si séduisante.

Si tout ceci ne sonne donc pas très bien, il faut par contre reconnaître à ces quatre épisodes de réussir un exploit digne de Mistresses : c’est parfois étrangement mauvais, scénaristiquement peu inspirés (et certaines lignes de dialogues avec), mais l’ennui ne pointe pas vraiment le bout de son nez, et j’ai ainsi pris un plaisir presque coupable devant les épisodes. Mention spéciale à Joanna Lumley, toute en sobriété et en finesse.

Ainsi, pour sa dernière saison, Mistresses ne parvient pas trop à s’extirper de la boue dans laquelle elle avait commencé à s’enfoncer pendant la saison 2. Au lieu de cela, elle s’enfonce un peu plus et se termine sur un dernier épisode pas franchement maitrisé. Dans toutes ces imperfections, Mistresses fut une série féminine pop-corn et attachante dans toute sa splendeur.

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CaroleC
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