Perdus dans le Crétacé, Abby et Connor trouvent enfin le moyen de retourner leur monde. Là, les choses ont changé, car après leur disparition et celle de Danny, l’ARC est devenu semi-privée et une nouvelle équipe est en place, dirigée par Matt, un homme parfaitement qualifié, mais qui cache un secret concernant les anomalies.

Annulée en 2009, à la fin de sa troisième saison, Primeval a été ressuscitée grâce à un financement international qui lui permet d’avoir deux saisons supplémentaires – pour un total de 13 épisodes.

La quatrième se compose alors de 7 épisodes, s’ouvrant sur un double qui nous replonge dans son univers et qui sert avant tout à conclure une partie des éléments qui clôturaient la troisième. Comprendre donc que Connor et Abby reviennent. Au passage, Danny est toujours perdue et Sarah Page serait décédée. Becker et Lester sont les deux restants qui doivent désormais travailler avec des personnes qu’ils n’apprécient pas nécessairement au premier abord.

L’idée est de plus ou moins repartir à neuf avec une nouvelle mythologie qui, étrangement, finira par rejoindre la précédente. Au cœur de tout ça, il y a Matt, chef d’équipe qui a une mission bien à lui, mais le mystère l’entoure avant tout.

Dans la forme, cette nouvelle Primeval ressemble à l’ancienne. Les épisodes suivent globalement la même construction – une anomalie, des monstres,… Pas de quoi être dépaysé. Cela dit, les scénaristes sont revenus avec une ambition renouvelée et ont décidé de construire leur storyarc sur l’ensemble des 13 épisodes, la fin du 7ème marquant très clairement un changement de direction pour la suite.

Mais avoir l’envie de raconter une histoire mystérieuse est certes une bonne chose, si on sait comment le faire. En regardant cette saison, on peut véritablement se demander si c’était le cas. Le problème n’est pas la formule du show, mais dans sa mise en pratique. La majorité des scénarii manque de logique, se reposant souvent sur des routines trop usées pour nous entrainer dans des intrigues qui ressemblent à tant d’autres et qui peinent à être intéressantes.

Si la série avait certes perdu en qualité au fil des saisons, elle restait un divertissement efficace. Là, elle devient presque pénible avec des développements mis en scène de façon ridicule qui s’appuient sur des personnages transparents qui ne parviennent pas à s’affirmer.

Abby ne semble plus avoir de rôle ; Connor est plus accessoirisé qu’autre chose ; la nouvelle informaticienne, Jess, ne se définit que par son attirance pour Becker ; Becker, justement, étouffe dans les limites restrictives qui lui sont imposées ; et Matt est pris dans une intrigue dont on ne nous dit rien, ce qui ne l’aide pas à s’installer sur les devants d’un show qui repose désormais en grande partie sur ses épaules.

À côté, Lester sert de gag récurrent, et Philip Burton, le codirecteur de l’ARC, entretient sa zone d’ombre qui rend évident sa place dans le mystère insondable de la saison.

Bref, si elle n’avait pas la réputation d’être plus qu’un divertissement décérébré, Primeval ne va pas redorée son image, car maintenant, elle ennuie et échoue à installer du suspens, alors on ne parle même pas de l’entretenir. La fin de l’histoire devrait arriver dans quelques mois, mais il est difficile de dire que cela soit véritablement attendu.