La vie continue à Bristol malgré l’accident de Tony en fin de saison 1. Celui ci semble plus diminué psychologiquement que physiquement, se faire renverser par un bus n’est donc pas si terrible. Sid et Michelle ont fui le quotidien de l’hôpital après de longs mois à assister un Tony comateux et n’osent pas revenir auprès de lui.

La saison 1 de Skins aurait pu se suffire à elle-même. Je pense même que les créateurs de la série n’espéraient pas obtenir un renouvellement compte tenu de leur place sur une chaîne de faible importance et sur un sujet aussi déjà vu que l’adolescence. Après un final où, disons-le clairement, tout foutait le camp (Tony était renversé par un bus, Cassie s’en allait pour l’Écosse, Michelle était en pleine crise amoureuse, Sid dépoussiérait Cat Stevens), la grande question était de savoir si les jeunes qui écrivent les scénarii de la série allaient surmonter le cap d’une très bonne première saison.

Sans trop attendre, je vais y répondre dès maintenant : pas vraiment.

Cette nouvelle saison continue pourtant sur le schéma de la première saison. Chaque épisode est ainsi centré sur un personnage. Tout l’épisode tourne donc autour de ses intrigues avec des interactions plus ou moins importantes des autres personnages principaux.

Le début de la saison offre donc un changement radical dans l’atmosphère de la série puisque Tony va se remettre pendant plusieurs épisodes de son accident. L’ellipse qui est proposée par les scénaristes nous évite donc une possible storyline sur plusieurs épisodes de Tony à l’hôpital, et c’est une bonne idée.

Cependant en évitant la convalescence physique de Tony, on nous inflige la convalescence psychologique et la crise identitaire auxquelles il fait face. Plutôt bien traité dans les premiers épisodes où toute la famille de Tony semble avoir été profondément affectée par l’accident (qui ne le serait pas ?), le nouveau Tony va amener une des grosses erreurs de cette seconde saison : le couple Sid/Michelle. On ne pouvait pas imaginer un couple aussi mal formé et sans intérêt dans une série (qui a dit George et Izzie de Grey’s Anatomy ?)

La peur de fréquenter le nouveau Tony provoque chez son meilleur ami et sa petite amie, une irrésistible tension sexuelle qui se termine par le sois disant premier orgasme de Michelle. À oublier !

L’autre couple, bien mieux écrit, entraîne Jal et Chris dans les tourbillons de l’Amour avec un grand A. Visiblement très proche dans les 6 mois de l’ellipse, les scénaristes ne se cachent pas dans les premiers épisodes qui sont riches en indices. Malheureusement, à peine ensemble et on nous sort la classique storyline du bébé. Là où Skins savait se jouer des clichés, ici l’objectif est plus ou moins ratée. Une grossesse qui ne va pas durer longtemps puisque Jal va se faire avorter peu après la mort de Chris.

Oui, nouveau cliché, faire mourir un des personnages principaux. Seulement celui-là est bien mieux maîtrisé puisque que les scénaristes ont eu la bonne idée de la lier avec une intrigue de la saison 1 où l’on apprenait pourquoi la famille de Chris avait explosé : la mort, inconnue, du frère aîné. La révélation de la maladie de Chris se fait sur le tard puisque le personnage décide de le cacher à tout le monde, sauf Cassie qui emménage avec lui en cours de saison après son retour raté d’Écosse (où elle découvre une horrible hydre à deux têtes : Sidelle !)

Ce secret est bien géré puisqu’il nous rappelle que la caméra dans Skins n’est pas omnisciente, on ne sait pas tout. Chaque épisode est l’occasion de suivre un personnage, mais pas un autre. Le début du couple entre Jal et Chris est ainsi géré par quelques petites scènes dans des épisodes qui ne les concernent pas.

Les réactions les plus virulentes contre cette seconde saison sur Internet restent contre le personnage de Cassie. Visiblement peu inspirés par un des personnages les plus emblématiques de la série, les scénaristes ne l’ont pas épargné ! Après avoir découvert la liaison de Sid et Michelle, celle-ci se transforme en poupée sexuelle ambulante. Elle ne fait que s’envoyer en l’air avec des mecs, avec des filles, en privé ou en public, le tout saupoudré de beaucoup, beaucoup de drogues. Aigri par sa rupture, le personnage devient méchant et nuisible pour le groupe, déjà bien éclaté.

Toute cette intrigue trouvera sa conclusion dans le meilleur épisode de la saison, et un des meilleurs de la série, le neuvième et avant-dernier, consacré justement à Cassie. C’est dans cet épisode justement que Chris décède, dans les bras de Cassie. Un événement qui la traumatise et la fait fuir jusqu’à New York, où l’on assiste alors à une moitié d’épisode totalement génial et sublime.

Le gros problème de cette saison reste le rythme totalement effréné. Il s’y passe beaucoup de choses (Sid perd son père, par exemple) mais les événements s’enchaînent à une telle vitesse qu’il ne laisse pas aux téléspectateurs le soin de digérer chaque information. Alors que nous avions pris nos habitudes et pensions connaître les personnages, la saison 2 s’est chargée de tout déstructurer. Un risque courageux pris par l’équipe créative, mais qui s’est laissée dépasser par le faible nombre des épisodes commandés (une dizaine).

Ainsi, le couple Michelle/Sid est aussi vite disparu qu’il est apparu, ce qui rend la colère puis le pardon de Tony quasi incompréhensible tant le changement d’attitude des 3 est rapide. On nous avait aussi promis une plus grande place pour deux personnages fort appréciés de la saison 1 mais un peu oubliés, Maxxie et Anwar. Alors que le dernier semble avoir totalement disparu de la série, les premiers épisodes de la saison accordent une place de choix à Maxxie. Tant mieux ? Pas vraiment puisqu’il se retrouve harcelé par une jeune ado complètement fêlée qui passe son temps à le photographier (à torturer sa mère handicapée aussi) et à essayer de ressembler à un garçon pour satisfaire son homosexualité. Seule réjouissance, la comédie musicale totalement déjantée sur Oussama Ben Laden, culte.

Pour résumer, cette seconde saison reste quand même de bonne facture et frôle même l’excellence quelquefois. Malheureusement, les scénaristes n’ont pas réussi à gérer le rythme des intrigues. Impossible alors de s’attacher à quoi que ce soit tant tout se fait et se défait en quelques épisodes. Les événements les plus importants sont alors zappés par des séquences sans intérêt, ce qui rend méconnaissables certains personnages dont on n’a pas vu le changement s’effectuer.

N.B : À noter que cette saison est en quelque sorte la dernière de la série sous sa forme actuelle. Les personnages étant en dernière année au lycée, les créateurs ne souhaitent pas narrer leurs aventures universitaires. Ainsi, même si quelques apparitions sont possibles, la saison 3 s’attardera sur un nouveau groupe de jeunes ados dont le personnage principal devrait être… Effy, la jeune soeur de Tony et qui a eu le droit à un très bon épisode dans cette saison.

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