Spy, un Père Au service secret de Sa Majesté

La comédie anglaise Spy, avec Darren Boyd et Robert Lindsay

On peut dire qu’au cours de ces deux-trois dernières années, Sky1 n’a pas lésiné pour fournir un certain nombre de programmes originaux, tout particulièrement du côté des sitcoms. Dans le lot, on trouve Spy, croisement entre la comédie d’espionnage et familiale, scénarisée d’un bout à l’autre par son créateur Simeon Goulden.

La série met en scène Darren Boyd dans la peau de Tim, un père divorcé qui tente de gagner le respect et l’affection de Marcus, son arrogant et souvent détestable fils de 9 ans qui le considère comme un loser. Ce dernier ne rêve que de retourner vivre avec sa mère, mais cette décision est dans les mains d’assistants sociaux majoritairement incompétents et peu concernés par Marcus. Tim, de son côté, décide qu’il est temps de prouver à son fils ce qu’il vaut et quitte son travail sans emploi pour devenir par accident espion au MI-5. Cependant, Tim ne peut révéler à son fils ce qu’il fait maintenant et il se retrouve, en partie, à la case départ.

Heureusement, Tim s’en sort bien à son boulot, étant perçu comme le fils spirituel de son supérieur, The Examiner, et développant des liens affectifs avec sa collègue Caitlin. À côté, il y a son ami et ancien collègue Chris, seul membre en dehors du MI-5 qui sait réellement ce qu’il fait dans la vie.

De là, Spy alterne entre le travail de Tim et sa vie familiale. Très vite, une série de running gags s’installe pour être présente dans tous les épisodes de la première saison (qui en contient 6). Ainsi, dès que ce brave Tim tente de démontrer à Marcus ce qu’il vaut vraiment, la situation a tendance à se retourner contre lui et il finit plus ou moins par échouer lamentablement. Il doit qui plus est supporter Philip, le nouvel homme de son ex, directeur de l’école de Marcus, toujours dans la pièce, bien avant que la caméra nous dévoile sa présence. Si ce n’était pas assez pour Tim, Paula Abdul – la première assistante sociale – est totalement instable, amoureuse de lui et persuadée qu’ils sont en couple.

On pourrait croire que les épisodes souffriraient du schéma répétitif narratif en place, mais il n’en est rien ; sûrement à cause de sa courte durée, la saison 1 de Spy possède une fraicheur incontestable, plongeant souvent dans le ridicule pour faire rire et jouant sur le fait que l’on sait que certains gags vont avoir lieu.

L’univers de Spy se veut donc avant tout exagéré, mais efficace. La série fait rarement dans la demi-mesure pour dépeindre ses protagonistes, quitte à les cantonner à un seul rôle. C’est surtout dommageable pour Judith, l’ex de Tim qui, au-delà de la garde de son fils, a des interactions plutôt limitées avec les autres.

Pour Philip, c’est une autre histoire, car l’interprète changera en saison 2, et le personnage en sera transformé. Ce n’est pas l’unique évolution de cette nouvelle saison composée de 11 épisodes. Si Spy se repose sur un schéma narratif bien visible, où les situations sont plusieurs fois exploitées en étant appliquées à divers personnages, elle étend son univers et évolue.

Les rouages comiques se modifient donc quelque peu, et les intrigues secondaires se font plus nombreuses. Du coup, on s’éloigne de la dynamique père/fils, même si celle-ci connait des développements non négligeables. Il faut dire qu’il y a des limites à ce que Marcus peut vraiment dire ou faire face à Tim. Il était important de  le confronter à des obstacles – et ce sera sous la forme de Nick Chin, son rival à l’école, avec plus ou moins de succès.

Pour cette saison 2, Paula laisse sa place à Owen, autre assistant social incompétent qui, lui, en pince pour Judith. Au travail, Tim doit faire face à Portis, le fiancé de Caitlin qui était considéré mort et qui refait surface pour se mettre entre les deux.

L’effet de nouveauté s’est dissipé et, si Spy réussit à faire preuve de plus de diversité, elle en perd une partie de son panache par la même occasion. Ainsi, on se retrouve face à une seconde saison plaisante, mais qualitativement parlant moins homogène, enchainant les épisodes agréables à suivre sans plus à d’autres, vraiment drôles. Malgré cela, la série conservait sans conteste son gros quota sympathie et  la vie de Tim se reconstruisait réellement, que ce soit à son boulot, avec son fils ou avec Caitlin ; Spy ne tournait pas en rond là-dessus, ce qui était plus qu’appréciable.

Au final, Spy s’est présentée comme une sympathique surprise, une comédie qui jongle entre l’humour verbal et physique avec énergie. Si elle aurait certainement gagné à avoir une saison 2 un brin plus courte, elle aura délivré des épisodes vraiment drôles et s’achève avec son épisode de Noël sur une très bonne note.

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