Survivors - Saison 2
Suite au kidnapping d’Abby aux prises avec des scientifiques à la recherche d’un vaccin, notre groupe de survivants tente toujours de s’en sortir dans un monde post-apocalyptique faisant ressortir les pires aspects de l’être humain.

Ce n’est pas un secret, je n’ai pas du tout aimé la saison 1 de Survivors. Cette dernière nous introduisait aux principaux protagonistes en les plaçant toujours dans des situations similaires et prévisibles, appuyées par énormément de lenteurs.

Après avoir reçu un accueil critique mitigé, Adrian Hodges va quelque peu revoir sa copie pour les six nouveaux épisodes composant la saison 2, et va réussir une chose : insuffler du rythme. La reprise se révèle être ainsi plus efficace, et par la même occasion, plus convaincante que quasiment l’intégralité de la saison précédente. Si, sur la durée, cela ne va pas complètement tenir, il y a eu un véritable progrès de fait pour pousser les personnages dans des situations qui, si elles ne se révèlent pas toutes réellement consistantes ou tout simplement utiles, offrent de quoi maintenir l’attention et notre intérêt.

Cette seconde saison va donc poursuivre son exploration du genre humain et ses diverses techniques pour assurer sa survie, avant tout en illustrant son propos à l’aide d’hommes à la moralité le plus souvent défaillante. Ici aussi, quelques changements ont été opérés, évitant de trop coincer les figures autoritaires dans un cliché et diversifiant suffisamment les rencontres pour qu’elles puissent réellement fournir un nouvel angle d’approche, ayant régulièrement pour conséquence de pousser notre groupe à porter un regard différent sur leur propre situation.

A tout cela s’ajoute le mystère autour du virus et la recherche du vaccin. Une storyline qui a pris un tournant avec le kidnapping d’Abby en fin de saison 1, ce qui fournit un bon point de départ pour explorer ce qui ne fut jusque-là quasiment pas abordé de front. L’histoire va pas mal tâtonner sur ce plan, dansant avec le spectateur, en se servant du laboratoire comme lieu pivot, mais qui n’est dès les débuts que le sommet d’un iceberg. Encore une fois, il faudra gentiment attendre la fin de la saison pour que cette entreprise devienne plus consistante. Pour en arriver là, il va par ailleurs falloir user de quelques facilités scénaristiques.

Il y a donc du progrès, mais il y a aussi encore beaucoup à faire. À commencer par le développement des protagonistes, dont l’absence réelle d’ambivalence pour la plupart va avoir pour conséquence de pas mal affaiblir les storylines. Il n’est pas rare d’assister à des évènements majeurs n’arrivant pas à avoir la portée émotionnelle nécessaire à cause des personnes qu’elle met en scène. Quand Najid – 11 ans – devient l’élément fort du groupe, il y a de quoi se questionner. Tout ne sera pas vain, la saison servant avant tout à définitivement les souder les uns aux autres, devant accepter qui ils sont pour mieux (sur)vivre.  Les éternels obstacles de Sarah (sorte de pushing-ball vivant depuis le début de la série atteignant son apogée cette saison) lui permettront de réellement évoluer, de même qu’avec moins de succès, Greg aura multiple fois l’occasion de s’exprimer et d’affirmer son caractère. On ne peut pas en dire autant d’Al, autour duquel rien ne sera construit, tandis qu’Anya et Tom semblent définitivement bloqués dans leur fonction première, ce qui aura grandement tendance à les rendre monolithiques. Là encore, la fin parait annoncer un léger tournant.

La saison 2 de Survivors réussit donc sans trop de difficulté à se révéler bien supérieure à la première. Les défauts n’ont bien entendu pas disparu, mais certains ont été corrigés, tandis que d’autres ont été amoindris. Il y a encore énormément de travail à faire, mais on est au moins sur la bonne route.

La saison 2 de Survivors est disponible en DVD.