Frank Leo, flic honnête, décide de se battre contre la corruption et pour la protection de ses pairs. Il se fait alors élire à la tête du syndicat de la police et doit alors gérer les magouilles politiques et les flics qui dérapent.

Série policière canadienne cofinancée par CTV et CBS, The Bridge s’inspire vaguement de l’histoire de Craig Bromell qui était à la tête du syndicat de la police de Toronto. On suit donc Aaron Douglas dans la peau de Frank Leo, élu unanimement à la tête dudit syndicat.

La série s’ouvre par un excellent double épisode qui nous raconte comment Frank, simple flic, se retrouve propulsé dans un univers politique où tout le monde semble vouloir sa tête, surtout qu’il n’a pas été mis en place dans la plus calme des ambiances et qu’il est bien motivé à continuer à faire du bruit. Son but est de nettoyer le département de police de toute corruption. Une tache qui ne va pas être aisée.

Après ça, on peut dire que la série a quelque peu revu son approche et c’est un peu déconcertant. Il faut avouer que voir le policier droit et vertueux qu’est Leo se transformer en un homme arrogant, infidèle et qui ne parait pas avoir de scrupule à magouiller, ça demande un temps d’adaptation.

Le truc à comprendre est que Frank fera tout pour défendre un policier, responsable ou non, enfin, selon son propre code. On saisit vite pourquoi l’inspection des services tente toujours de passer avant lui, car camoufler des preuves, couvrir des bavures et faire des enquêtes parallèles, c’est le lot quotidien du responsable du syndicat de la police de Toronto, semble-t-il.

Difficile de véritablement aimer Frank quand on le voit agir comme s’il était lui-même le bras de la justice, déterminant qui doit tomber ou non. Certes, l’approche n’est pas mauvaise, mais son traitement est horriblement dénué de nuances. Pour le coup, ses ennemis politiques paraissent généralement être dans le vrai.

Mais si on passe la morale biaisée de l’histoire et son exploitation souvent ridicule, il y a encore bien des choses qui ne plaident pas en faveur de The Bridge, à commencer par une flopée d’acteurs qui n’arrivent pas à crédibiliser des personnages unidimensionnels. Savoir si le problème vient de la scénarisation ou du jeu du comédien n’est pas facile à discerner.

Malgré tous ces défauts, The Bridge possède tout de même de bonnes idées. Rien ne fonctionnant autour, elles tomberont majoritairement à plat quand elles seront réellement développées, mais il faut au moins créditer la série d’avoir ça pour elle, à défaut de mieux.

The Bridge fait donc partie de ces shows qui ont un bon lancement, mais qui sont incapables de transformer l’essai pour en faire une victoire. Cette première saison n’a pas été très inspirée et son visionnage peut se révéler pénible. Pour compenser, il n’y a malheureusement pas grand-chose et ça n’encouragera pas à enchainer sur la suite – s’il y en a une –, bien que le season finale semble vouloir recentrer la série sur son sujet.  Un peu tard pour ça.