Laconia

Jeudi 28 juin 2012 à 9:58 | 2 commentaires | | | |

Le naufrage du Laconia : l’histoire vraie d’un naufrage et du sauvetage des rescapés (série complète)

par .

Diffusée en début d’année 2011 sur BBC Two, Canal + nous propose en cette fin juin 2012 de plonger dans une page d’histoire avec Le naufrage du Laconia (de son titre original : The Sinking of the Laconia), un 2×90 minutes basé sur le naufrage du paquebot anglais RMS Laconia durant la Seconde Guerre mondiale.

La série s’exercera tout d’abord à nous familiariser avec ses personnages principaux, alternant entre le Laconia et le U-Boot et ayant l’intelligence de laisser les langues se mélanger : anglais, allemand et un peu d’Italiens donneront une réelle force à ce récit.

publicite

Cela a de l’importance, car un constat va rapidement s’imposer : il ne s’agit pas réellement de l’histoire du naufrage (celui-ci étant qui plus est de courte durée), mais de celle des Allemands ayant torpillé le paquebot et de l’intervention qui suivra. Dès les débuts, le scénario est développé de façon à ne pas les poser en ennemis sans émotion. Il y a une humanisation du drame tout le long du récit qui sera par moment poussé à son extrême, tendant finalement à rendre l’ensemble bien plus manichéen que le propos ne le veut – alors qu’on est en pleine guerre et que nous avons là une tragédie humaine dans toute sa splendeur.

Le fait est que le soin apporté aux Allemands ne se retrouve pas dans la partie anglaise qui nous offre des personnages manquant beaucoup de profondeur et qui endossent un rôle réduit. Le problème évident est qu’ils seront majoritairement passifs et que peu d’opportunités leur sauront fournit pour laisser la place aux troubles émotionnels qui les submergent.

C’est pourtant tout ce qui semble ressortir, le fait qu’ils sont en pleine guerre et la perte d’êtres chers. Dans ce registre l’Allemande-Anglaise Hilda Smith (incarnée par Franka Potente), de par ses origines, prend les devants de cette mise en scène, appuyé par le développement de sa relation avec l’officier  Thomas Mortimer (Andrew Buchan). À l’image de l’ensemble, nous restons dans des interactions basiques et manquant d’ambivalence.

Pour le coup, c’est simple, ce sont les Allemands qui portent la mini-série sur leurs épaules, tout particulièrement le capitaine du U-Boot, Werner Hartenstein, interprété avec brio par Ken Duken, éclipsant de toute façon tout le monde. Un soin particulier est apporté à la construction du personnage pour en faire un Allemand et un marin avant tout le reste, et ce, jusqu’au bout. Plusieurs membres de son équipage, dont l’ingénieur Rostau (Matthias Koeberlin), parviendront avec moins de matériel à incarner un esprit similaire, et à rendre les évènements sur le U-Boot bien plus pertinent que ceux auxquels ont a pu assister sur le Laconia avant son naufrage. Heureusement pour le spectateur, la seconde partie a l’avantage de se dérouler sur le sous-marin allemand qui parvient un peu à s’éloigner de certains stéréotypes, mais qui peine quand même à fournir du matériel aux survivants du drame.

Le naufrage du Laconia rate donc quelque peu le coche. L’histoire possède une force indéniable, et il est évident que la série tente de mettre en avant le drame humain. Seulement, elle reste à la surface de cette tragédie qui aurait dû posséder une intensité émotionnelle beaucoup plus palpable.

Le bilan a été publiée une première fois en janvier 2011, suite à sa diffusion sur BBC Two.

Partager cet article

Autres Séries UK
publicite
48 queries. 0,771 seconds.