Upstairs Downstairs : un retour dispensable ?

1936. Après avoir hérité de la demeure au 165 Eaton Place, Sir Hallam Holland et sa femme Lady Agnes décident de s’y installer. L’ancienne servante Rose Buck est engagée pour aider à réunir un personnel compétent au service du nouveau couple, bientôt rejoint par Lady Maud, mère de Hallam Holland, et Lady Persie, sœur de Lady Agnes.

Pour cette fin d’année, BBC décide de rouvrir les portes de la demeure du 165 Eaton Place, donnant ainsi une suite à la série créée par Jean Marsh et Eileen Atkins dans les années 1970 : Upstairs, Downstairs.

Le fait est que le programme arrive après le succès incontestable de Downton Abbey, devenu une référence avant même d’avoir terminé sa diffusion, ayant remis au goût du jour le period drama, et au concept similaire que celui que nous propose Upstairs Downstairs. Il n’y a pas de raison valable de pousser la comparaison entre les deux séries, l’époque et le lieu les opposants sans discussion, pourtant celle-ci se fait quand même (malgré toutes mes bonnes volontés) au cours du premier épisode, et ne jouant assurément pas en faveur de la dernière arrivée.

Upstairs, Downstairs se terminait dans les années 1930 et seulement 6 ans se sont écoulés sur papier contre 35 ans dans la vraie vie. Un détail d’importance, car la série – qui s’est vue offerte 3 épisodes – démarre avec un énorme sentiment de nostalgie mal placée. Ce que j’entends par là, c’est que le public d’aujourd’hui familier avec la première série est assurément en minorité, et si le regard rempli de souvenirs de Rose Buck peut largement être compréhensible, les longs plans possiblement évocateurs d’un passé sont quant à eux fortement exagérés.

On part donc du mauvais pied, et ce n’est pas fini ! L’histoire  se lance dans une mise en place qui occupera les trois quarts du premier épisode, nous introduisant tour à tour à chaque personnage, construisant sa demeure et son environnement sous nos yeux avec trop de minutie et quelques exagérations de mises en scène qui n’aident pas.

Rapidement, il y a une volonté de placer les évènements dans un contexte historique, ramenant sur les devants l’indétrônable romance entre le roi d’Angleterre et Wallis Simpson – l’ensemble se terminant sur son abdication – mais traitant aussi de la montée du nazisme en Angleterre à travers la formation du couple formé par Lady Persephone Towyn et le chauffeur Harry Spargo. Il y a donc une volonté forte de faire ressortir l’époque, à tel point que les situations et les dynamiques des personnages sonnent comme de simples prétextes pour mettre en relief certains faits. Il n’y a alors rien de surprenant à les voir retourner au fond de l’écran quand ils ont rempli leur rôle. D’ailleurs, la construction de l’histoire empêche une cohésion de naitre entre les maitres et leurs servants, se focalisant sur un développement à la fois.

Pour le coup, il n’est pas bien difficile de terminer le visionnage en n’ayant pas forcément assimilé le nom de tous les personnages, et rendant difficile de s’attacher solidement. Les acteurs sont donc là pour tenter de compenser, une tâche peu compliquée pour Dame Eileen Atkins, volant toutes les scènes où elle est présente, héritant sans conteste d’un des meilleurs personnages, reflet des codes d’une société à laquelle n’appartiennent plus réellement son fils et son épouse. Les temps changent, comme on aime le dire, et la série s’en retrouve victime, ne parvenant pas à offrir une orchestration juste de son Histoire avec un grand H et de son histoire avec un petit h. Au bout du compte, Upstairs Downstairs conserve son goût d’introduction, ayant offert un portrait grossier des traits de caractère de ses personnages, ne parvenant pas à former un tout solide, mais bien des intrigues mises les unes à côté des autres.

Ce n’est donc pas un franc succès, et on peut alors bien se demander si le retour de la série était bel et bien nécessaire, et si finalement Upstairs, Downstairs – une réussite de son temps – appartient tout simplement au passé.

Spoiler Alert!
Veuillez suivre les règles suivantes concernant les spoilers dans les commentaires :
1. Sur la critique d'un épisode, ce qui concerne les épisodes à venir est considéré comme étant spoiler (idem pour ce qui concerne les saisons).
2. Vous avez le droit de mettre des spoilers dans vos commentaires, mais le contenu sensible doit être placé entre les balises <spoiler>....</spoiler> afin de protéger les autres lecteurs.
Critictoo Newsletter
Inscrivez-vous à la newsletter Critictoo pour ne plus rien manquer de l'actualité du site, des séries et plus.
©2006-2017 Critictoo, le webzine des séries TV - powered by Wordpress. Critictoo.com participe au Programme Partenaires d'Amazon EU, un programme d'affiliation conçu pour permettre à des sites de percevoir une rémunération grâce à la création de liens vers Amazon.fr.
Nos partenaires : DVD Series | Amazon | HypnoSeries | Tous nos partenaires

Critictoo dans ta boite mail !

Recevez notre Newsletter hebdomadaire pour suivre l'actualité, découvrir des séries et ne rien manquer tout simplement.
Inscris-toi !
close-link