Comme un bégaiement de l’histoire, un président des états unis (en l’occurrence une femme) est abattu par un tireur isolé. L’homme parvient à s’échapper et devient l’homme le plus recherché des états unis. Un homme blessé est retrouvé près d’une ferme isolée, et soigné par les habitants. Il a perdu la mémoire, et possède comme signe distinctif uniquement un tatouage sur l’épaule, le chiffre romain XIII. Bientôt assiégés par une troupe d’élite, l’homme prend la fuite, et la course-poursuite commence.

Il est légitime de se demander d’un point de vue de spectateur, si l’adaptation de la BD XIII n’arrive pas un peu tard, après la réussite et le carton de la trilogie Jason Bourne (adaptée de La mémoire dans la peau de Ludlum dont Van Hamme avoue lui même avoir piqué le point de départ, même si il se défend de plus de similitudes). D’un point de vue de producteur c’est une autre affaire vu l’énorme succès de la franchise. Le fait que cela soit une adaptation pour la tv française pouvait également nous laisser sceptique. Mais Canal + a donné les moyens pour réaliser une coproduction internationale de haut niveau. Résultat, un casting 5 étoiles (Val Kilmer, Stephen Dorff), un réalisateur habitué aux séries US de haut niveau (Les experts, Jericho), nous laissait espérer une production loin des standards de la télévision française.

Vu son titre, vu le déroulement de l’action dans les tomes de la bande dessinée, on aurait pu penser que les producteurs déclineraient leur projet en 13×52 mns, format qui aurait pu à la fois séduire les chaînes américaines habituées à ce format, et également respecter la narration voulue par Van Hamme. Malheureusement, on a droit à un format un peu bâtard de 2×90 mns, qui forcément a amener les scénaristes à faire des choix, et certains plutôt drastiques. Au moins ça n’aura pas empêché NBC d’acquérir les droits de diffusion, chose rare pour une production française.

Pour rentrer dans le format, décision a été prise de se concentrer sur les 5 premiers albums, en omettant toute la partie recherche d’identité qui faisait la force de la bande dessinée. Du coup, les scénaristes se sont concentrés sur  la partie complot, et l’enquête sur l’assassinat du président, au détriment de l’aventure même de XIII. Le résultat est clairement orienté vers le tout action.

L’intrigue tentaculaire de Van Hamme est réduite à sa plus simple expression. Tout n’est pas négatif, la volonté de moderniser l’histoire et de l’adapter au contexte post 11/09 est plutôt réussie par exemple. Le résultat est assez spectaculaire, laissant peu de répit au spectateur. Une réalisation nerveuse, qui tombe quelque fois un peu dans l’effet facile et branchouille, l’influence de la série 24 est présente à chaque instant, notamment dans la 2e partie où XIII reprend carrément le look col roulé noir, bonnet noir cher à Jack Bauer. Malheureusement, même si Stephen Dorff s’en sort pas trop mal dans le rôle de XIII, il manque quand même du charisme propre à Kiefer Sutherland qui fait avaler bien des couleuvres scénaristiques. On ne peut pas en dire la même chose d’un Val Kilmer bouffi, qui a bien du mal à donner corps à son personnage de La mangouste. Il faut dire qu’il n’est pas le seul coupable, en lui faisant endosser toutes les basses besognes du camp ennemi, son personnage perd son côté mystérieux qui en faisait un ennemi charismatique dans la bande dessiné. Là on a juste le droit à un vulgaire méchant de bas étage. Là encore la faute en revient à l’adaptation, le personnage de La Mangouste étant peu présent dans les albums concernés, il a bien fallu broder.

Au final, je pense que les fans de la bande dessinée ont de quoi être déçus, car on n’a juste à se mettre sous la dent un téléfilm d’action parmi tant d’autres. On ne s’ennuie pas, cela reste très correct, mais devant le potentiel du matériau de départ, on ne peut qu’être désappointé. Des rumeurs font état d’une possible suite avec 13 épisodes de 52 mns, cela peut être de bons augures pour une éventuelle réhabilitation du personnage de XIII, qui manque cruellement de profondeur. Et pour moi c’est clairement le traitement du personnage qui fait la force de la bande dessinée et pas les séquences d’action qu’on a déjà vu moult  fois.

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