11.22.63 : quand James Franco doit sauver JFK, rien ne va (ou presque)

11/22/63 : James Franco

Déjà publié en avril 2016, cet article est aujourd’hui remis en avant à l’occasion du début de la diffusion de 22.11.63 sur Canal+ ce jeudi 19 janvier 2017 à partir de 21h.

Une adaptation de Stephen King est bien souvent un succès. Du moins, au niveau des audiences, la qualité est réellement à juger au cas par cas. Certaines créations du maitre ont donné des séries et des films très réussis, mais cela est malheureusement plus de l’ordre de l’exception que de la règle.

Avec 11.22.63, Hulu voulait attirer du monde et c’est ainsi que Bridget Carpenter s’est retrouvée à nous offrir sa réinterprétation du roman éponyme de King. Peut-être que certains lecteurs n’auraient pas agencé les choses comme elle l’a fait, mais le résultat est donc là et il a le mérite de ne pas côtoyer les pires œuvres tirées du catalogue bien fourni de l’auteur.

Le point de départ de l’histoire est plein de possibilités. Une porte donne accès à un moment précis dans le temps. Jake Epping (James Franco), un professeur de littérature récemment divorcé, accepte la mission que lui confit son vieil ami Al Templeton (Chris Cooper) avant de mourir : il doit traverser ce portail temporel et empêcher l’assassinat de John F. Kennedy.

Naturellement, cela ne sera pas tâche aisée, puisqu’il arrive en 1960 et doit se fondre dans le décor pour ne pas trop bousculer les choses avant le moment déterminant. De plus, il faut qu’il découvre si Lee Harvey Oswald (joué par Daniel Webber) était vraiment seul ou si les conspirationnistes avaient raison depuis le début.

En apparences, 11.22.63 est donc à propos d’un homme voulant empêcher l’assassinat politique le plus connu du 20ème siècle. C’est un évènement crucial de l’Histoire de l’Amérique contemporaine. Malgré tout, la série est surtout au sujet de cette personne qui trouve sa place à l’endroit – ou plus précisément, à l’époque – le plus inattendu qui soit.

Composée de 8 épisodes, cette mini-série cherche alors à brouiller les pistes, à jouer avec ce que l’on sait de la véritable Histoire, mais surtout avec ce que l’on ignore. Tout se construit progressivement autour de l’idée que Jake doit découvrir si Oswald est réellement le tueur, ce qui le pousse à confronter ses propres erreurs et à surmonter des obstacles qui le changeront.

Le meilleur concept derrière cette approche du voyage dans le temps est que le passé refuse d’être réécrit et il lancera sur Jake et ceux qui l’aident les pires distractions possibles. Si cela permet de véritablement faire monter la tension, il est regrettable que les scénaristes n’exploitent pas ces contrecoups complètement. En fait, ce ne sont pas les seules choses qui ne seront pas pleinement explorées. Jake a la possibilité de reprendre tout à zéro, mais l’option est négligée.

De même, si l’histoire débute plus tard dans la série (en 1958 dans le livre, et non 1960), des coupes bien visibles ont été faites dans le scénario pour gérer le temps qui passe lentement. Nous sautons d’un évènement à l’émergence du suivant, ce qui n’est pas toujours écrit avec finesse au niveau des relations des personnages. Le résultat est même ponctuellement confus, et ce, en dépit du fait que le récit est terriblement linéaire et parfois trop didactique.

Si on ajoute à cela le fait que James Franco peine par moment à convaincre, livrant une performance quelque peu monolithique, rester investi dans les aventures temporelles de Jake est plus demandant que cela devrait l’être.

11.22.63 a cependant des atouts indéniables, dont une belle photographie, des décors et costumes réussis, des idées intrigantes et un casting de figures secondaires qui fait un excellent travail avec le peu qu’on veut bien leur donner. Cela est suffisant pour rendre le visionnage globalement plaisant, mais certaines frustrations se font sentir dès le second épisode et ne s’estompent jamais complètement par la suite.

Si l’intrigue était au bout du compte réellement au sujet du sauvetage de Kennedy et non à propos de Jake dont l’égoïsme est bien souvent trop problématique, il est certain que 11.22.63 aurait été un thriller palpitant. Ce n’est cependant pas la route qui été suivie. Le mélange entre la mission et l’exploration indirecte des doutes existentiels de l’homme qui devait la remplir aboutie sur un résultat qui ne se traduit pas de façon substantielle à l’écran.

Concrètement, 11.22.63 possède ce qu’il faut pour éviter le naufrage, mais passe en partie à côté du potentiel réel de son concept. L’ensemble fonctionne jusqu’à un certain niveau et aurait certainement pu aller au-delà si le scénario ne s’appuyait pas autant sur des éléments trop conventionnels au lieu d’essayer des idées plus risquées. Si le résultat final est donc convenable, il n’est pas au niveau des ambitions affichées au point de départ.

Comme avec beaucoup d’adaptation, il est probablement recommandé de donner sa chance au livre.

Tags : Stephen King 22/11/63 moins...
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