La 8e édition du Festival Séries Mania se déroule à Paris du 13 au 23 avril 2017. Présent sur place pendant quelques jours, Thomas couvre ainsi l’évènement et les séries qu’il découvre à cette occasion. Retrouvez tous les articles concernés en cliquant sur le tag Festival Séries Mania.

La « Gomorra allemande ». Tel que nous le vend le festival Séries Mania dans sa présentation, cela sonne comme un défi excitant, mais presque impossible à relever. Si les deux saisons du show italien l’ont imposée au rang des grandes œuvres européennes, c’est en dotant son récit de sous-textes politiques et sociaux très forts. 4 Blocks tente aussi, sous couvert d’action, de rivalité entre gangs et de chute d’un empire familial, de rééditer l’exploit. Lasse, clinquante et vaine, la série allemande avale The Wire, Gomorra, The Sopranos et bien d’autres, mais n’en digère presque rien.

Tout commence avec l’arrestation musclée d’Hatif Hadami, un baron de la drogue turc. Ses deux frères, dont l’ainé Tony rêve de passer du côté lumineux de la force, doivent maintenir le business à flot en attendant sa libération. Mais ces mésaventures jettent le trouble parmi les partenaires des Hadami, et les opérations, notamment le trafic de drogues, prennent du plomb dans l’aile. Il faut alors s’allier avec d’autres fournisseurs, moins recommandables, et calmer les ardeurs d’un clan de bikers bien décidé à occuper la position déclinante de la famille turque.

Rien de nouveau sous le soleil de la série mafieuse donc. C’est bien là le seul problème de 4 Blocks, elle coche bien trop facilement les cases associées à ce genre — le flic infiltré qui gagne la confiance, les petits caïds rêvant de se faire accepter par le clan, les femmes-objets qui vont entrainer leur chute… Tout y est, rien ne dépasse. La série pousse même le vice (par inattention ou par bêtise) à coller un morceau de rap sur son générique de fin, dans le plus pur style « Gomorrien », au calme. Les fans de la série italienne peuvent presque crier au plagiat.

Casting avec les gueules de l’emploi, peinture d’une communauté respectée, on voit pourtant parfaitement les bonnes intentions, mais l’ensemble sonne trop creux et surtout terriblement tiède. Berlin est superbement filmée, la musique retranscrit très bien l’énergie de la ville (techno, house, rap s’entremêlent), mais les plans gratuits de stripteaseuses qui descendent le long des barres de pole dance n’amusent plus personne en 2017. Oui c’est une série de mafia où les gars gèrent des clubs en arrosant leurs filles de vodka, mais non, si cela ne sert pas le propos, on peut largement éviter ces scènes.

Reste qu’on ne s’ennuie pas, que la violence est assez bien dosée et que si l’on prend 4 Blocks comme un simple divertissement, on y peut trouver son compte. Mais pour rivaliser avec ses modèles, il faudra sacrément s’en émanciper sur le reste de la saison. Et puis, l’avantage de ces séries moyennes qui croulent sous les références, c’est qu’elles donnent furieusement envie de revoir celles qui les ont inspirées.

avatarUn article de .
0 commentaire