A Million Little Things Saison 1 : Les petites nuances de l’amitié

Dès l’annonce de son projet, A Million Little Things a été décrite comme étant un This Is Us bis. Si l’on ne peut pas nier une certaine filiation avec la série de NBC, cette création de D.J. Nash ne fait pourtant que réanimer un genre dans lequel ABC a su faire ses preuves. Thirtysomething (Génération Pub chez nous) dans les années 80, c’était déjà ça. Par la suite, des séries comme La Vie à cinq (sur FOX) ou plus récemment Brothers & Sisters ont toutes fait leurs preuves dans le registre. Alors, délaissons les jeux des 7 différences pour répondre à une question bien plus simple : A Million Little Things est-elle une bonne série ?

L’histoire s’articule autour d’un groupe d’amis. Eddie (David Giuntoli), Rome (Romany Malco), Regina (Christina Moses), Gary (James Roday), Delilah (Stéphanie Szostak) et Jon (Ron Livingston) se sont rencontrés de manière fortuite, mais des liens se sont tissés. La tranquillité de cette amitié bascule du jour au lendemain alors que Jon se suicide. Véritable électrochoc, chacun réalise qu’ils ne peuvent plus passer leurs temps à mentir aux autres, mais également à eux-mêmes.

A Million Little Things joue au jeu des apparences. Dans chacune de ses descriptions, Jon semblait s’imposer comme étant le pilier du groupe, celui qui unissait chaque membre les uns aux autres. Son visage arborant perpétuellement un sourire rend sa mort incompréhensible pour tous. Pourtant, la photo se ternit peu à peu. Le mariage de Jon avec Delilah n’était pas si idyllique, celle-ci entretenait en effet une liaison avec Eddie, lui-même enfermé dans un mariage qui s’étiole. Rome était sur le point de se suicider lorsqu’il a appris la mort de son ami ; en pleine dépression, il cache le malheur de son existence. Quant à Gary, en rémission de son cancer du sein, il ne fait qu’être dans la frivolité par peur d’une rechute.

Il faut garder à l’esprit que tout cela n’est qu’un point de départ. Au fil des 17 épisodes, les storylines se tissent, s’achèvent, se renouvellent. C’est peut-être ici que réside l’une des forces de cette première saison. Si D.J. Nash propose un mystère autour de la mort de Jon qui s’étire sur l’ensemble des épisodes, la plupart des intrigues secondaires ne jouent jamais les prolongations. C’est comme cela que la liaison entre d’Eddie et Delilah est rapidement exposée aux yeux de tous. De même, Rome se confie à son épouse, Regina, à propos de la dépression qui le mine.

Pour autant, A Million Little Things parvient à ne jamais précipiter la résolution d’une de ses intrigues. Ainsi, Katherine (Grace Park) — la femme d’Eddie — gagne peu à peu en épaisseur. Le couple se voit alors offrir des scènes bouleversantes et la progression dramatique la plus intéressante. Dans un autre temps, la dépression de Rome irrigue toute cette saison, son équilibre mental est instable et l’on craint plus d’une fois une rechute.

Un tantinet à l’écart de tout cela, Gary souffre d’une histoire ne le définissant qu’au travers d’une relation qu’il entame avec Maggie (Allison Miller). Psychiatre, elle a aussi eu un cancer du sein et elle se greffe à ce gang de manière plus ou moins maladroite. Néanmoins, au fil des épisodes, on se prend d’une belle affection pour Gary qui devient sous nos yeux le nouveau Jon. Luttant pour maintenir son groupe, toujours à s’inquiéter pour les autres, mais c’est surtout la tendresse de sa relation avec Maggie qui nous emporte.

Si la série traite de sujets assez lourds comme le deuil, l’adultère, la dépression, les attouchements sexuels ou encore la maladie, les scénaristes parviennent à trouver le ton juste. Dans un adroit exercice d’équilibriste, ils ménagent leurs effets. Si l’on craint une utilisation maladroite des twists, ils finissent par se faire plus rares. Dès lors, la série gagne en émotion. Tendre par instant, elle parvient aussi à faire sourire, captant par conséquent les nuances simples, mais essentielles de l’existence.

En d’autres termes, si cette saison 1 n’est pas en soi parfaite, A Million Little Things est un bel ouvrage de network. Les scénaristes parviennent à progressivement effacer les faiblesses pour accentuer les qualités. C’est donc avec un certain ravissement que la série reviendra l’année prochaine pour une seconde saison qui, je l’espère, consolidera encore un peu plus l’ensemble.

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