Cet article couvre les épisodes 21 et 22 de la saison 4 d’Agents of SHIELD et contient des spoilers. Vous voilà prévenus.

Clôturer une saison n’est jamais une chose aisée. La tâche est d’ailleurs rendue encore plus compliquée quand l’équipe créative derrière le projet n’a pas encore la certitude de revenir pour une prochaine saison. Le compromis entre la fin de l’histoire et l’ouverture vers de nouvelles aventures doit être assez bien géré pour que le spectateur puisse être satisfait même en cas d’annulation. Il n’est alors pas étonnant que cette quatrième saison d’Agents of SHIELD conclue ses intrigues avec un certain empressement et en ne laissant que peu d’espace à ses personnages pour respirer.

De retour dans la réalité, l’équipe de Coulson doit rassembler ses forces, faire face aux conséquences de leurs actions et bien sûr arrêter AIDA/Ophélia avant qu’elle ne fasse plus de dégâts. Ajoutons à cela le retour du Ghostrider (Gabriel Luna) ainsi que les problématiques politiques que pose le SHIELD et nous voilà avec deux épisodes surchargés en intrigues et développements.

Si l’ensemble ne s’en sort pas trop mal quand il s’agit d’utiliser l’action et les enjeux pour faire avancer les différents fils rouges, les personnages se retrouvent pris au piège de cette course contre la montre. Fitz (Ian de Caestecker) n’a même pas le temps de faire le tri dans ce qu’il ressent avant qu’on lui demande de se réveiller pour combattre l’ennemi. Même traitement pour Simmons (Elizabeth Henstridge), étonnamment reléguée au second plan, alors que l’arc narratif à l’intérieur du Framework lui offrait du matériel pour de futurs développements.

Cela aurait pu ne pas être un problème si l’équipe derrière Agents of SHIELD ne nous avait pas demandé de nous investir à leur côté durant la seconde partie de saison. Les états d’âme de Coulson (Clark Gregg) et May (Ming-Na Wen) ont beau être intéressants, ils n’ont simplement pas le même impact. Le plus décevant reste cependant le revirement d’AIDA d’un épisode à l’autre.

L’épisode 21 la voyait se débattre avec son humanité. S’il n’y avait rien de novateur dans le développement de cette intrigue, Mallory Jansen insufflait à son personnage la sensibilité nécessaire pour susciter de l’empathie. La voir perdre cette fragilité au cours du final est alors une déception de plus qui donne l’impression que les scénaristes avaient à tout prix besoin de nommer un ennemi. Le fait est que si sa cruauté était nuancée, cela aurait pu paraître plus logique. Le souci est qu’en la rendant excessivement méchante, Agents of SHIELD a créé un vilain caricatural pour lequel nous ne ressentons plus rien.

Bien sûr, la série parvient quand même à tirer son épingle du jeu grâce à des séquences d’actions grisantes et sa prise de risque concernant le Framework. Il est vrai que la facilité aurait été d’utiliser la technologie d’AIDA pour réintégrer des personnages disparus au cours des saisons. Découvrir que l’équipe créative a préféré avancer dans une autre direction est assez plaisant.

Finalement, si cette quatrième saison a probablement été la meilleure pour Agents of SHIELD et en particulier sa seconde partie, cela n’a pas empêché son dénouement d’être maladroit. En fait, l’impression restante est qu’Agents of SHIELD a manqué de temps et c’est bien dommage. Le niveau qualitatif aurait très certainement gagné des points supplémentaires si tout n’avait pas été résolu aussi rapidement et efficacement.

Au moins, on pourra se satisfaire de savoir que la série reviendra pour une cinquième saison qui devrait complètement changer de décor, comme le témoignent les dernières minutes en compagnie de Coulson.