American Horror Story : Roanoke

Que veut être American Horror Story cette saison ? Voilà une des questions qui peut émerger de ce second épisode qui voit la série replonger dans quelques vieilles routines sans totalement les embrasser.

Le choix d’opter pour un docudrama a au moins le mérite de pousser l’équipe créative à ne pas se perdre dans des détours. Après tout, le format en lui-même impose une ligne directrice précise qui se doit d’être respectée pour donner de la cohérence à la reconstitution. Il est plaisant que cela affecte également la durée d’un épisode (celui-ci ne faisant que 38 minutes).

Il est, de même, réjouissant que cette saison 6 d’American Horror Story fasse quelque chose d’Angela Basset qui apporte une gravité différente à l’histoire dans la peau de Lee. Le bagage émotionnel qui vient avec ses problèmes personnels donne à ses frayeurs une dimension que l’on ne retrouve pas forcément auprès de Shelby et Matt, notre couple phare. Les sursauts ne sont pas forcément au rendez-vous, mais sa détresse se révèle palpable car elle ne se limite pas qu’à la maison.

Le « véritable » couple de mariés incarné par Lily Rabe et Andre Holland n’apporte cependant pas un autre champ de lecture soutenant le choix narratif fait. Cela va avec le format, mais le scénario de Tim Minear tourne autour d’eux, leur offrant des lignes de dialogues explicatives qui ont un effet presque alourdissant. Cela devrait nous fournir des informations complémentaires, créer un suspense. Pour garder de sa valeur sur l’ensemble de la saison, le procédé va devoir être affiné (à moins qu’il ne disparaisse).

D’un côté, cela va avec le fait que ce second épisode nous empêche quelque peu de savoir sur quel pied danser. Le retour à une sorte de maison hantée marquait dans la reprise une volonté d’approcher l’horreur avec contenue, d’aller chercher les frissons sans tomber dans une violence aussi visuelle qu’excessive.

Cela est déjà modifié alors que le couple Miller en apprend plus sur ce qui s’est passé dans la maison avant leur arrivée. Là où l’intervention de Denis O’Hare dans la peau d’un professeur au format found-footage s’inscrit dans la tonalité de la saison et peut faire monter la tension, on ne peut en dire autant des visions des deux infirmières sortie de nulle part.

En fait, cet épisode d’American Horror Story s’ouvre sur un type d’horreur qui se veut plus sanguinolent. La nécessité d’en avoir peut se comprendre, surtout dans un récit où, pour le moment, nous savons que les trois protagonistes sont destinés à s’en sortir. Le fait est qu’aucune règle n’émerge de ces visions à ce jour et que les signaux partent dans tous les sens. Les deux infirmières qui ont précédemment habitées la demeure se présentent comme une excuse pour relater une histoire sordide et quelque peu stupide (MURDE… Vraiment, Tim Minear ?).

À la fin de ce second épisode, American Horror Story: Roanoke a donc commencé à soulever en partie le voile sur le passé sans pour autant offrir une vision plus explicite de ce que cette saison souhaite accomplir. Ce n’est pas foncièrement étonnant, mais comme il n’y a que 10 épisodes, il y a l’envie de voir les choses prendre rapidement forme.

Notons que l’on pourra quoi qu’il arrive revenir à cet épisode et blâmer la banque pour ne pas avoir libérer les Miller du cauchemar à venir quand c’était possible. Après cela, peut-être que Ryan Murphy et son équipe auront l’idée de placer une saison dans l’enfer du monde financier.