L’Apocalypse s’invite chez Angel dans une saison 4 maîtrisée.

13 Août 2016 à 12:00

Angel - Saison 4

Avec la saison 3, les scénaristes d’Angel ont prouvé qu’ils étaient désormais assez à l’aise avec leur univers pour ne plus se reposer sur un schéma particulier pour développer des histoires. La mythologie prend alors toute la place dans le récit qui se construit progressivement. Ce mode opératoire est réutilisé dans la quatrième saison centrée sur l’Apocalypse, la menace tant prophétisée depuis les débuts de la série.

Celle-ci débute au figuré suie à la dissolution de l’équipe d’Angel Investigations qui a conclu la saison dernière. Dès le premier épisode, il nous faut désamorcer une situation désespérée. Même une fois que Wesley (Alexis Denisof) récupère Angel (David Boreanaz) au fond de l’océan et que celui-ci parvient à faire revenir Cordelia (Charisma Carpenter), la troupe n’est plus la même. L’amnésie qui caractérise le retour de la jeune femme souligne alors la nécessité d’oublier les événements passés pour aller vers l’avant et les défis qui s’annoncent.

Si le début de saison se concentre particulièrement sur la reconstruction de relations en défriche, il prépare également le terrain pour le grand arc qui occupera la quasi-intégralité des 22 épisodes : l’Apocalypse. Évoquée depuis la première saison, nous savons au final peu de choses à son sujet, mais le teasing autour d’Angel, de Connor (Vincent Kartheiser) puis de Cordelia se révèle être efficace. La saison va alors se construire comme un puzzle se jouant à couvert et dont nous ne découvrirons le tableau d’ensemble que tard

La première partie de saison verra les personnages lutter pour se pardonner, mais aussi contre la Bête. Ce monstre indestructible se révèlera n’être qu’une façade pour masquer quelque chose de plus grand. Si son introduction impose enfin un sentiment de réel danger, elle vaudra surtout pour ce qu’elle apporte aux relations entre les personnages. Le retour d’Angelus permet alors d’extérioriser toutes les rancœurs enfouies depuis quelque temps et ainsi de remettre à plat les liens qui les unissent. Débarrassés de ces poids, ils peuvent sereinement affronter ce qui les attend.

Au sein de cette saison 4 se développe une relation qui n’a pourtant rien pour séduire. Amnésique, Cordelia trouve refuge auprès de Connor. Ils vont coucher ensemble et un enfant doit naitre de cette union. Leur alliance semble dès le départ hors propos et peine à être crédible. Là où les scénaristes démontrent toute leur aise et leur maîtrise de la série, c’est qu’ils font de cette incongruité un élément du récit. En effet, si la relation paraît fausse, c’est qu’elle l’est : Cordelia, possédée par un démon depuis son retour, utilise Connor pour enfanter une déesse qui apportera l’Apocalypse.

Tout comme en saison 3, la naissance de l’enfant – qui se révèlera être une belle femme nommée Jasmine (Gina Torres) – est le point de bascule de la mi-saison. Les enjeux développés tout au long de la première partie vont donc pleinement se déployer pour que la véritable Apocalypse se passe et monopolise le reste du récit. Cette construction montre à nouveau toute l’efficacité du parti-pris scénaristique, offrant une montée en puissance réellement prenante.

En choisissant un ennemi comme Jasmine – qui est en réalité une déesse démoniaque cherchant à recréer son ancien empire en soumettant les humains à sa volonté –, Angel s’interroge sur la nature du Mal et sa possible nécessité dans la balance de l’univers. Jasmine fait ainsi une proposition qui peut en convaincre plus d’un : prôner une paix universelle au prix de quelques sacrifices en son honneur. Si l’équipe, à l’exception de Fred (Amy Acker), n’a pas l’opportunité de réfléchir ni de résister à Jasmine dans un premier temps, les scénaristes adressent à travers cela une problématique pertinente. Est-il acceptable de laisser le Mal gagner si c’est pour sauver le plus grand nombre ? Quel prix est convenable en échange d’une paix perpétuelle ?

Pour Angel, cela se fera avec des compromis, que ce soit avec l’affrontement final contre Jasmine ou lors du face-à-face désespéré contre Connor qui conclura la saison. Il n’est pas prêt à stopper le combat et pourtant, il ne veut plus perdre ceux qu’ils aiment.

En somme, cette quatrième saison d’Angel parvient à bâtir un arc narratif solide qui porte l’ensemble sans se révéler prévisible et profite du temps qui lui est imparti pour exploiter tous ses composants sans tomber dans la redondance. Il reste à Angel une guerre à finir  avant de tirer sa révérence, celle qu’il mène depuis le départ et qui sera la plus dure, mais aussi le plus faible : Wolfram & Hart.

Naturellement, l’intégrale d’Angel est disponible en DVD.

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