Il y a 5 ans, Arrow débutait en nous apprenant qu’Oliver Queen (Stephen Amell) venait de passer 5 ans sur une île déserte. Il refait surface changé. Le riche playboy insouciant est devenu un tueur/vengeur masqué qui veut réparer les erreurs de son père.

Dès le départ, les scénaristes nous ont annoncé qu’il y aurait 5 saisons de flashbacks pour remonter toute l’histoire de cet exil accidentel qui forgea ce tueur qui cherche à devenir un héros. Le moment est ainsi venu de faire le point.

La première grande ère d’Arrow s’est donc achevée. Oliver a su se réinventer, même si tous ses traumatismes n’ont pas été explorés profondément. L’idée était qu’il devait se transformer en un héros légitime. Une métamorphose qui était parfois trop consciente, autant par lui que par les scénaristes.

La série qui posa les bases de l’univers super-héroïque DC sur The CW se voulait différente au point de départ. L’influence de la trilogie Batman de Christopher Nolan se retrouva d’ailleurs dans les storylines de plusieurs saisons. Une partie des méchants que le Green Arrow affrontait sortaient tout droit de l’univers comics du Dark Knight. Concrètement, Arrow était officieusement une série Batman à bien des égards. C’est un peu dommage, mais ce n’est pas réellement important.

Ce qui l’est se trouve être la manière avec laquelle l’équipe créative a forgé ce personnage et le fit évoluer. Au point de départ, il était un tueur qui éliminait sans détour des criminels qui, pourrait-on dire, ne méritaient peut-être pas mieux. Du moins, si l’on oublie comment la justice doit fonctionner dans une société civilisée moderne.

Oliver finit par se souvenir de cela quand il commença à sérieusement s’imaginer en héros et non plus en vengeur masqué. Le problème est que la série était souvent plus préoccupée par le héros en tant que concept et, dans la pratique, le résultat n’était pas réellement captivant.

Bien entendu, le principal souci n’est pas tant le parcours d’Oliver, mais les ennemis qu’il devait combattre pour pouvoir continuer son évolution. À ce stade, Slade Wilson (aka Deathstroke) s’est imposé largement au-dessus du lot parce qu’il fut introduit comme étant un allié et sa transformation fut expliquée. Concrètement, il était un bon antagoniste, car nous le connaissions bien.

Les autres sont simplement arrivés et ont déclaré qu’ils étaient les méchants de service. Ce n’est pas subtil, mais Arrow n’est pas une série subtile. Elle est là pour divertir et peina à sérieusement le faire par moment. La faute en incombe le plus souvent à des scénaristes qui paraissaient tellement noyés dans leurs grandes idées qu’ils n’arrivent pas à voir que leurs personnages se devaient d’être plus que des accessoires dans l’intrigue.

En cinq ans, Oliver Queen apprit alors à passer du tueur au sauveur, et de solitaire à leader. Le tout était donc accompagné de flashbacks pas nécessairement toujours inspirés (particulièrement durant les trois dernières saisons). La formule avait rapidement fait son temps, mais les scénaristes s’y sont tenus. Ils ont fait leurs points et ont offert une backstory complète à leur héros.

La question qui se pose à partir de maintenant est simple : de quoi Arrow va-t-elle parler ? Certes, on peut toujours continuer à explorer ce qu’être un héros implique. Cependant, il serait plus intéressant d’arrêter de chercher à définir ce qu’Oliver doit être et le laisser simplement être. C’est quelque chose qui a souvent fait défaut à la série jusqu’à maintenant, mais le terrain a été libéré pour que cela change.

Concrètement, on nous a promis un voyage de cinq ans et il est terminé. En saison 6, Arrow entre dans une nouvelle ère et l’on peut espérer que celle-ci sera marquée par des idées fraiches, un changement dans la structure des histoires ou, au minimum, une perspective différente sur la nature du combat qu’Oliver mène. Il se pourrait d’ailleurs que l’avenir de la franchise soit déterminé par la capacité (ou l’incapacité) de l’équipe créative à se lancer dans cette nouvelle aventure.

Et vous, qu’attendez-vous de la suite de la série ?