Atlanta saison 2 : Au-delà de toutes attentes

29 Mai 2018 à 15:00

Des séries revenant en cette année 2018, Atlanta occupait une des toutes premières places dans ma liste. En plus de l’attrait général que j’éprouve envers Donald Glover et ses différentes œuvres — de Community à Childish Gambino —, la première saison s’était imposée dans le paysage sériel avec force. Le savant mélange d’humour, de drame et de féérie burlesque donnait à la série une touche unique.

Il est toujours difficile de confirmer une excellente première saison. Atlanta était donc attendue au tournant. Déjà, on peut dire que cette saison 2 ne ressemble pas du tout à la première. Cette dernière possédait une structure narrative fixe, à savoir le début de carrière de Paper Boi et les tentatives d’Earn de se prouver être un bon manager.

Ici, rien de tout cela, ou alors si peu. Énormément de thèmes sont abordés, mais un ressort quasi constamment : la célébrité. Des questionnements identitaires liés à ce nouveau facteur, au fait d’être un homme noir célèbre aux États-Unis, en passant par la finalité vaine de toute chose, Donald Glover se sert clairement de son expérience en tant que Childish Gambino. Et à travers Atlanta se dessine un réel questionnement personnel, donnant une vraie force à cette deuxième saison, ainsi qu’un semblant de réalité aux aventures de nos héros. Suivant les codes de la première saison, la série n’est jamais aussi forte que lorsque notre trio de choc est réuni. Leurs aventures dans une fraternité sous le drapeau confédéré incarnent à la perfection le ton burlesque mâtiné de réalisme dont est si friand Donald Glover.

Mais le plus souvent, ce dernier fait ce qu’il veut et joue délibérément avec nos attentes et l’imaginaire collectif sur ce que doit raconter une série télévisée. Il en ressort donc une saison 2 à valeur expérimentale, avec de nombreux épisodes centrés sur un seul personnage.

Si celui consacré sur Van est bien moins intéressant que celui de la première saison, les autres ne peuvent pas laisser indifférents. Barbershop est une plongée ultra-rythmée dans le quotidien d’un homme qui doit supporter les manies de son coiffeur parce que lui seul sait couper les cheveux de son client. Paper Boi est souvent bon lorsqu’il est face à des personnalités exubérantes, et cet épisode ne déroge pas à la règle. Néanmoins, le coiffeur use rapidement et ne change jamais de thèmes, rendant l’épisode plus que fatigant. Woods est une introspection du personnage de Paper sur ce qu’implique sa nouvelle célébrité. On peut d’ailleurs affirmer que Paper est le personnage principal de cette deuxième saison ; c’est quasiment à travers ses yeux que l’on suit le déroulement de tout ce qu’il se passe. Ce n’est plus Earn, qui prouve encore et toujours à quel point il est aussi dépourvu d’épaules pour le job que d’intérêt.

Ce côté expérimental peut rapidement faire tourner la tête, mais il donne également lieu à des moments de grâces. Teddy Perkins — sixième épisode de la saison — plonge Darius dans un véritable film d’horreur, parfaitement calibré pour la folie douce qui caractérise le personnage. Mais en plus de sa photographie magnifique et de sa réalisation impeccable — deux des gros points forts de cette saison — Teddy Perkins se révèle aussi pertinent pour ce qu’il a à dire. C’est un épisode sur la sévérité des pères noirs, qui possède un véritable propos sur l’enfance perdue, sur la sévérité des méthodes pour assurer le succès d’un enfant. Mais souvent, le poids mis sur les enfants concernés est trop lourd, et ces derniers peuvent sombrer dans la folie. À travers Paper Boi, Donald Glover s’interroge sur sa carrière en tant que Childish Gambino. À travers Teddy Perkins, il s’interroge sur l’influence d’une vie d’artiste et de souffrance sur ce que l’on finit par devenir.

Il est alors difficile de réellement se faire un avis sur cette saison 2 d’Atlanta. Elle ne répond en rien à ce qu’on attend généralement d’une série, au niveau de sa structure — ou dans ce cas précis, de son absence de structure. Je trouve qu’elle est meilleure si on prend chaque épisode individuellement. Ce que Donald Glover nous prouve néanmoins, c’est que sa série peut prendre n’importe quelle forme : virée dans les bois, film d’horreur, récit d’apprentissage ou chronique de la misère sociale. Ceci est rare, ceci est précieux.

Atlanta délivre donc une saison 2 intrigante et perplexe. Coup de génie pour les uns, vaste écran de fumée pour les autres, elle croque malgré tout très bien les affres de la célébrité et les questionnements qui s’ensuivent. Je ne sais absolument pas à quoi la saison 3 va ressembler – si saison 3 il y a. Et c’est cette attente, cette incertitude, qui me pousse à penser qu’Atlanta est une grande série.

Tags : Atlanta Donald Glover moins...
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