Atypical Saison 1 : Vous avez dit normal ?

25 Août 2017 à 18:00

Nouvelle comédie de Netflix, Atypical nous propose de raconter le laborieux passage à l’âge adulte de Sam, un adolescent de 18 ans atteint d’autisme. La série nous venant de Robia Rashid — ancien coproductrice de How I Met Your Mother et The Goldbergs — se frotte à ce sujet toujours sensible au sein de ces 8 épisodes au format 30 minutes.

Le sujet délicat de l’autisme

L’autisme — et plus spécifiquement le syndrome d’Asperger (diagnostic qui n’existe plus officiellement) — suscite une forme de fascination dans la culture populaire depuis longtemps. Nous avons cependant parcouru du chemin depuis Rain Man qui a permis de trouver des portraits variés à la télévision.

Ces dernières années, le sujet a donc été exploré à travers Max dans Parenthood (et Hank) ou plus récemment dans l’Anglaise The A Word (qui a décroché une saison 2). Sans oublier l’incontournable héroïne de The Bridge (toutes versions confondues) pour une approche du sujet moins familiale et non étiquetée.

Le spectre de l’autisme est extrêmement étendu et ses frontières sont floues. Dans Atypical, Sam (Keir Gilchrist) est atteint d’un autisme de haut niveau. S’il est capable de communiquer avec son entourage, les interactions les plus simples sont pour lui de vrais casse-têtes.

L’acteur (révélé par The United States of Tara) offre une interprétation poignante, et retranscrit avec brio les ressentis complexes de ce héros hypersensible qui capte toutes les informations sans filtre et ne sait pas quoi en faire. Pour encore plus d’immersion, Atypical utilise souvent Sam en voix off. Si ce mécanisme semble au début un peu grossier, il permet néanmoins de comprendre au mieux ses comportements et sa façon de réfléchir.

Bien que développée en collaboration avec des personnes souffrant d’autisme, leurs proches et des chercheurs, Atypical n’est pas parfaite : elle s’avère quelquefois caricaturale, mais transpire d’une réelle envie de bien faire. Malgré la lourdeur de son sujet, la série évite d’adopter un ton sombre et dramatique, mais apporte, au contraire, légèreté et fraicheur au quotidien de Sam. Si elle fait rarement rire aux éclats, elle décoche à coup sûr quelques sourires au fil des épisodes.

Dude, nobody is normal.

La différence, c’est d’abord une histoire de famille

Atypical prend tout le monde de court en se concentrant autant sur Sam que sur ses proches. N’en déplaise à ceux qui voulaient voir une série sur les autistes, Atypical est plutôt sur l’autisme et sur ce qu’il a d’envahissant.

Cette approche met en lumière l’impact d’un enfant « différent » nécessitant beaucoup d’attention et de temps sur sa famille et les gens qu’il est amené à rencontrer.

Le rôle de parent et ses limites sont au cœur de cette saison. Ceux de Sam ont, à leur façon, géré le diagnostic de leur fils, non sans crises. Michael Rapaport interprète un père touchant dans ses difficultés à créer un lien avec son fils, tandis que Jennifer Jason Leigh — dont l’intrigue secondaire prend malheureusement trop de place — est parfaite en tant que mère surprotectrice, mais aimante. La grosse révélation de la série est cependant Brigette Lundy-Paine dans la peau de Casey, la sœur de Sam, tiraillée entre son amour pour son frère et son envie d’exister par elle-même.

L’adolescence et ses premiers émois

Sam est différent : plus sensible, plus franc, plus obsessionnel, moins empathique et j’en passe. Ce qui reste, une fois les huit épisodes avalés, est qu’il est un adolescent qui cherche sa place, veut une petite-amie et aspire à plus d’indépendance. À travers Sam, ses amis et Casey, Atypical s’adresse à tous les adolescents qui, un jour, ne se sont pas sentis à leur place, ont été mal compris ou se sont retrouvés seuls. L’identification est alors immédiate, autiste ou non.

Parfait mélange entre la comédie et le teen drama, Atypical a des airs un peu vintage flirtant avec The Breakfast Club et Freaks and Geeks. La série prend à revers les séries pour adolescentes habituelles qui banalisent le sexe, l’argent et les excès, quels qu’ils soient. Cette fresque des années lycée brille par sa sincérité, ne tombe pas dans l’improbable et dégage une certaine innocence qui fait du bien.

Atypical est une série qui a des choses à dire et le fait avec conviction. Cette première saison, bien que se perdant parfois quelque peu en sous-intrigues, profite d’une qualité d’écriture et d’interprétation notable et s’avère pleine de charme.

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