Blue Bloods est une des nouveautés de la saison lancée sur CBS. C’est l’histoire de la famille Reagan dans laquelle on est policier de père en fils, mais pas en fille, puisque Erin Reagan est assistante du procureur. Est-ce sexiste ? Peut-être, mais la question n’a pas été abordée jusque-là et ne le sera probablement pas dans l’immédiat, à moins que…

J’ai regardé tous les épisodes diffusés jusqu’ici, soit les 6 premiers. C’est presque beaucoup dans le cas présent, mais un changement de showrunner à plus ou moins changé la donne. Cela dit, désormais, j’arrête. Je lui donnerais peut-être une autre chance plus tard, mais Blue Bloods a du travail à faire pour me convaincre de revenir.

Ce n’est pas que la série soit mauvaise, car elle a ses qualités, mais elle ne semble pas avoir de direction.

Au départ, c’était présenté comme un drama familial dans la police. L’idée avait du potentiel, ce genre de point de départ donna de bons thrillers au cinéma. Cela dit, Blue Bloods est rapidement devenue une série policière dans laquelle les personnages ont le même nom de famille et se réunisse une fois par épisode pour un repas familial qui tourne tellement vite en débat politique qu’il y a toujours quelqu’un qui part avant le dessert.

L’élément familial mis à part, la partie qui pouvait avoir un véritable potentiel se trouvait dans le fait que l’on suit des policiers se positionnent à différents échelons dans la hiérarchie des forces de police. Il y a le chef, le détective, et le débutant en uniforme, sans oublier le retraité et celui qui est tombé dans l’exercice de ses fonctions. Mais là encore, c’est pris par le mauvais côté de l’équation et les épisodes se résument à l’investigation du détective et à ce que les autres peuvent faire pour lui. Il n’aurait pas été difficile d’alterner les points de vue, mais non.

Dans le dernier épisode que j’ai regardé, Erin, la non-flic, a enfin droit à une storyline un peu solide qui s’accorde, bien entendu, avec celle de Dany le détective. Avec elle, il y a une couche de politique qui s’installe, mais qui est trop superficielle pour vraiment devenir l’élément central. C’est juste accessoirisé pour coller aux exigences de la construction peu inspirée qu’a adoptée la série.

Pour une série policière du vendredi soir, on ne peut pas dire que ça soit terriblement mauvais, mais le contraire est également difficile à affirmer. Blue Bloods possède un bon casting qui est sous-employé, un paquet d’idées à peine effleurées, une tendance à flirter avec la caricature et avec une représentation de la justice qui ne connait pas les nuances.

On peut clairement dire que c’est une déception. Le plus étonnant est qu’elle arrive à fidéliser un public alors qu’elle ne parvient pas à trouver une forme stable – et par là je ne parle même pas des partenaires de Dany qui s’alternent sans raison ou de la pseudo storyline feuilletonnante qui apparait aussi vite qu’elle disparait.

Blue Bloods avait une bonne idée au départ et c’est tout ce pour quoi elle finira par être créditée si rien n’est fait.