Medium s’est conclue aux États-Unis après 7 saisons et 130 épisodes. Série mal-aimée et maltraitée par son network NBC, elle fut annulée une première fois pour être ensuite ressuscitée in extremis par CBS. Si je devais résumer en un mot la qualité première de Medium, je dirais son humilité. La série n’a jamais fait le buzz ou rassemblé des audiences énormes, et c’est ce que j’aimais chez elle.

Cela tient sûrement au fait que, plus qu’un procédural à twist surnaturel, Medium était une série familiale. Les Dubois étaient le coeur et l’âme de la série, et, si je revenais chaque semaine, c’était plus pour prendre des nouvelles de la famille que pour les enquêtes, aussi bien ficelées qu’elles soient. La vie d’Allison, Joe, Ariel, Bridgette et Marie était pourtant on ne peut plus banale, mais c’est pourtant ça qui les rendait si terriblement attachants!  Des histoires de famille traitées simplement, sans mélodrames racoleurs. Jamais ennuyeuse, la série savait croquer, avec toujours beaucoup d’humour, les joies et les peines du quotidien d’une famille ordinaire.

Cette quotidienneté était d’autant plus indispensable qu’elle balançait habilement la partie policière, qui se révélait souvent très sordide. La série aura vu passer une galerie impressionnante de tueurs en série et autres sociopathes, avec un certain penchant pour les couples de criminels. À l’ère du policier scientifique, la série apportait une touche d’humanité bienvenue. Et, c’est justement ce contraste saisissant entre les scènes de petit-déjeuner et les scènes de crime qui accentuait l’horreur des crimes commis. En les inscrivant dans une routine quotidienne, les pires atrocités n’en étaient que plus glaçantes de réalisme, et donc plus effectives.

Ce réalisme dans lequel la série était profondément ancrée a fait qu’il n’y eut jamais de moments «jump the shark», comme c’est souvent le cas avec les séries surnaturelles. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir pris des risques. Et c’est une autre chose qui me manquera avec Medium, son audace. Au fil des années, j’ai acquis comme un sentiment de confiance réciproque vis-à-vis des scénaristes. Je savais qu’ils n’avaient pas peur de sortir des sentiers battus, et de constamment jouer avec les codes de la série. Je pense notamment à la mauvaise passe financière que la famille a connue en saison 4, et qui fut traitée sans détour et avec réalisme. Ceci la rendait très agréable à suivre, et aura permis de maintenir l’intérêt intact au cours des 7 années. En témoigne le soin porté à certains rêves d’Allison comme, au hasard, la maison de poupées ou le dessin animé avec les singes cambrioleurs.

Patricia Arquette aura démontré l’étendue impressionnante de ces talents d’actrice, mais le reste du casting n’est pas en reste, à commencer par les enfants Dubois. L’attachement à ces derniers est d’autant plus grand qu’on les aura littéralement vus grandir sous nos yeux. Prenons l’évolution de Sofia Vassilieva, qui reste pour moi la révélation de la série. Je me souviens encore du départ à la fac d’Ariel, qui fut sûrement aussi émouvant pour moi qu’il le fut pour Allison. Et que dire de Bridgette, toujours là pour apporter une touche d’humour.

Néanmoins, mon personnage préféré restera sans doute Joe. Mari fidèle, père aimant, mais aussi clown blanc de la série, il avait l’art de dégainer nonchalamment de savoureux one-liners. Toujours prêt à conseiller sa femme à n’importe quelle heure de la nuit, les scénaristes ont eu l’intelligence de le complexifier. Ils l’ont emmené plus loin que son rôle de simple faire-valoir, pour en faire une sorte de héros secondaire, un héros du quotidien. Le genre de héros qui ne fait pas la une, un peu comme la série en somme, qui n’aura, selon moi, jamais reçu la reconnaissance qu’elle méritait.

Medium me manquera beaucoup, car elle était unique et profondément humaine. 7 saisons restent un chiffre solide, et je n’aurai qu’un seul regret: que la série n’aille pas au bout des 22 épisodes initialement prévus. Le series finale offre néanmoins une conclusion honorable. Je ne partage pas l’avis de ceux qui se sont sentis trahis par ce dernier. J’y ai retrouvé ce que j’aimais dans la série, qu’elle me surprenne et m’émeuve (à la fin je pleurais comme une madeleine). Un montage final pour dire au revoir à tout le monde, et Joe peut dormir sur ses deux oreilles.

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