Les remakes, les reboot ou approximativement tout ce qui peut se trouver dans ce registre est souvent appréhendé avec suspicion et dédain. En fait, si c’est régulièrement justifié, je mentirais honteusement en disant qu’à l’annonce du remake d’Hawaii Five-0, je me suis outrée qu’ils osent songer à remettre Steve McGarrett sur le circuit. Oui, j’étais méfiante, mais pas pour les raisons qu’on imagine. Souvent, on pense que c’est parce qu’on estime à un degré variable le show original. Le fait est que ce n’est pas ce que je pense de la série originale. Je ne vais pas dire qu’elle était mauvaise, je la trouvais tout simplement ultra chiante. L’ennui et le fait que je ne pouvais pas encadrer Steve McGarrett participaient au fait que je n’ai jamais aimé Hawaï, police d’État – appelons-la par son titre français !

Pour le coup, voilà que CBS nous la ressort de son carton pour nous la moderniser. Ou lui enlevez toute once de crédibilité, tout dépend du point de vue, je suppose.  Quoi qu’il en soit, Alex O’Loughlin est Steve McGarrett, ce qui annonce fortement la couleur pour le changement de ton du programme. Avec lui, Scott Caan pour incarner Danny ‘Danno’ Williams, Daniel Dae Kim dans la peau de Chin et Grace Park pour fournir une version ultra sexy (et féminine) de Kono. Se devant de traverser le temps, la musique du générique et la réplique culte « Book ’em Danno!».

En soi, conserver le minimum syndical de l’original était le meilleur plan possible. De cette façon, Hawaii Five-0 s’est vite affirmé comme une série très différente et finalement très 2010. Il y a une mouvance propre à notre époque, un retour au cop show old school, jouant par ailleurs beaucoup plus sur le relationnel que sur la crédibilité policière. C’est donc ce que fait la série, explosions en plus ! Au milieu de tout cela, quelques éléments pour le développement sur le long terme.

Après trois épisodes de diffusés, la série a donc exposé sa dynamique, à jongler entre scénarios complètement absurdes et fun à l’extrême. Je pourrais me sentir coupable de vous dire que j’aime Hawaii Five-0, mais même pas ! Je m’amuse beaucoup trop devant la série pour cela. Le pilote était sûrement celui qui fournissait le plus d’actions, les moyens avaient été mis, et il faut reconnaître qu’il était diablement efficace. Bien entendu, il était évident que cela allait être plus calme par la suite, on en fait toujours beaucoup plus dans un pilote. Elle parvient assez bien à délivrer dans le registre, même si le second n’était pas ultra concluant. Mais, en fait, l’épisode était un peu faiblard sur quasiment tous les angles, si ce n’est nous mettre Kono en petite tenue, ce qui semble être une prérogative pour chaque épisode – le troisième nous offrant d’ailleurs un plan un peu trop long sur ses longues jambes !

Enfin, même si son histoire de kidnapping n’était pas franchement crédible, il y avait de la bonne guest star, et notre équipe est assurément ce qui nous motive pour revenir pour le troisième. Grace Park est légèrement sous-employée – mais en bikini, vous l’avez compris ! – alors que Daniel Dae Kim se voit attribuer une sorte de petite storyline lié à son passé, comme quoi il aurait été un flic corrompu. On sait que ce n’est pas vrai, bien entendu, mais on nous le rappelle à chaque épisode, histoire de donner l’impression que quelque chose se construit. Dans un registre similaire, Danny a une ex-femme juste détestable, bien qu’on ne l’ait jamais rencontré. À se demander comment il a fait pour l’épouser et avoir une fille avec elle. La pauvre n’est pas non plus aidée par le fait que Danno et Steve se trouvent être le cœur de la série, le duo improbable et impeccable. L’alchimie entre les deux acteurs permet de bien passer de la désinvolture à la course poursuite à l’engueulade assez rapidement. Dans un grand moment de télévision, ils parviennent même à ne pas trop tomber dans le ridicule quand Steve McGarrett nous fait un cours de chimie. Oui, vous avez bien lu, un cours de chimie ! Ils ne sont que 4 à l’heure actuelle et il est donc, après cette scène, devenu une évidence que la série a besoin de se trouver des personnages récurrents dans des domaines variés. Il y a une absence de techniciens et de médecins un peu trop palpable de nos jours, et qu’aussi talentueux soit Steve, il ne va pas pouvoir sortir le bistouri, il y a des limites quand même !

Enfin, pour le coup, la décontraction anime bien les épisodes – il n’y a que Danny qui porte une cravate, une différence majeure par rapport à l’original – et elle n’essaie aucunement d’être réaliste. Hawaii Five-0 sait exactement ce qu’elle est, et c’est ce qui la rend accrocheuse. Elle offre du fun, de l’action et met en scène des personnages qu’on a envie de retrouver chaque semaine.

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CaroleC
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