Diffusée depuis décembre 2003 sur la chaine américaine Sci Fi Channel, Battlestar Galactica renaissait des cendres d’une série éponyme de 1978, ayant déjà été ressuscitée en 1980. Contrairement à cette pseudo suite sans grand intérêt, la nouvelle version se contente de garder les concepts originaux pour rebâtir une mythologie.

A l’origine de cette série, Ronald D. Moore, qui en plus d’apporter son expérience acquise sur l’excellente Star Trek : Deep Space 9, a aussi repris quelques-unes de ses thématiques fortes – la religion et la politique. Mais il faut le reconnaître, son plus grand talent a été de faire d’une série racontant l’exil d’un peuple venant d’un monde éloigné, et poursuivit par une horde de robots tueurs, une série avant tout dramatique, laissant croire aux plus forts opposants du genre qu’il ne regardait pas une série de SF. Un tour de passe-passe ingénieux, mais aussi limitatif, car empêchant la série de sortir de son moule, et donc, limitant les apports que le genre SF aurait pu faire avec le temps.

Battlestar Galactica est aujourd’hui devenue une référence dans le genre, ce qui n’empêche pas les ratés. Depuis la saison 2, la série est contrainte par la chaine d’avoir des épisodes indépendants. En plus d’être passée de 13 à 20 épisodes, elle doit donc également revoir sa manière de raconter son histoire. La chaine est bien sûr à blâmer pour ce choix artistique des plus douteux au vu du concept, mais la série n’est pas la première à subir ce genre de modifications forcées, et ne sera surement pas la dernière. Le choix est donc de concentrer chaque épisode indépendant sur des personnages particuliers. La tendance devenant encore plus prononcée dans la seconde moitié de la saison 3. Comme dans toute série, tous les personnages, principaux et secondaires, ne sont pas forcements intéressants, et il en résulte des épisodes moyens, voir mauvais. Malgré tout, il en faudra bien plus que cela pour venir entacher la réputation de la série, car même si échec il y a, ils restent occasionnels, et Ronald D. Moore les assumant presque tous – l’indulgence est de mise. La force de la série résident dans sa mythologie, l’impact de certains épisodes de moindre qualité n’influe pas sur la série en général.

Passé les récentes déceptions, la série peut compter sur sa réputation positive, et son parcours peu décevant, pour continuer à générer beaucoup d’enthousiasme auprès d’un public de plus en plus large. La quatrième et dernière saison arrive après une campagne promotionnelle, mystérieuse et trompeuse, qui a su pointer du doigt les plus grands mystères en faisant des promesses qui ne seront pas tenues. Car oui, il y a peu de chance que l’épisode de reprise s’ouvre sur la révélation de l’identité du cinquième Cylon. Pire, Sci Fi Channel a obtenu ce qu’elle voulait, il n’y aura que 10 épisodes de diffusés, et donc, aucune chance d’obtenir toutes les réponses à nos questions. Le point positif de cette dernière saison est qu’elle a justement été planifiée pour ne pas être à suivre. On peut donc dès lors s’attendre à ne pas avoir le temps de s’ennuyer avec des intrigues secondaires écrites pour nous faire patienter le temps que l’intrigue principale puisse prendre le relai – au milieu et en fin de saison. Le suspens sera donc bien entretenu et jouera sur le fait que tous les personnages peuvent y laisser leur vie. Pas de promesses d’Happy End, pas de promesses de réponses, juste une promesse de fin.

C’est dans ce climat que cette quatrième saison va débuter avec le retour de Starbuck, quatre Cylons devant accepter leurs nouvelles situations, une Terre toute proche et un régiment de Cylon prêt à faire feu.