Si Johnny Smith s’est réveillé d’un coma de 6 ans avec le pouvoir d’avoir des visions dans The Dead Zone, le jeune Holden sera resté inconscient durant 2 fois plus de temps et aura hérité de pouvoirs dans Beyond. Ces derniers ne sont cependant pas au cœur de ce premier épisode de cette nouvelle série Freeform.

Création d’Adam Nussdorf – avec Tim Kring et David Eick à la production –, Beyond reprend un point de départ qui est familier et cherche donc à se trouver une place parmi les nombreuses séries fantastiques du petit écran.

Loin de se présenter comme un possible successeur à Pretty Little Liars, le show semble plus se présenter comme une énième œuvre influencée en partie par Stephen King – comme ce fut le cas pour Stranger Things. S’il n’y avait pas le symbolisme du feu, le parallèle avec Firestarter serait possiblement moins tentant, mais se révèle inévitable.

Quoi qu’il en soit, Beyond nous introduit à un jeune Holden avant que celui-ci soit victime d’un accident et on le retrouve à se réveiller de son coma 12 ans plus tard. Cela est déjà un miracle en soi, au même titre que sa santé qui émerveille les médecins.

Holden retrouve sa famille, alors que son réveil a à l’évidence attiré l’attention d’un groupe qui lui veut du mal. Il est difficile de savoir exactement de quoi il retourne, l’épisode en lui-même s’appuyant avant tout sur les codes du genre pour le moment au détriment d’une mise en place plus solide. Ce n’est pas faute d’avoir des personnages ne parlant quasiment que pour nous fournir de l’exposition.

Holden n’est pas très éloquent et s’impose presque comme quelqu’un de purement déconnecté. Cela pourrait sans doute se justifier si le jeune homme était de nature à simplement internaliser ses problèmes. Il semble cependant qu’il gère assez bien la transition, il faut le pousser pour le voir vraiment réagir. Et encore, découvrir qu’il a des pouvoirs vers la fin de l’épisode ne crée pas une réaction aussi intense qu’on pourrait l’imaginer. Ce n’est pas aidé par le fait que son interprète Burkely Duffield est juste transparent.

Avec une tête d’affiche qui ne prend pas dimension au sein de ce pilote, il aurait fallu que les personnages secondaires soient alors mieux définis pour compenser cette lacune. Cependant, la plupart ont des difficultés à trouver leur place dans le récit. La famille de Holden a beau être concerné (il y a de quoi), elle ne semble avant tout être que le moyen de lui fournir un foyer pour l’équipe créative. La mythologie qui se développe autour de lui commence à peine à prendre forme dans les dernières minutes de l’épisode, lorsque Willa (Dilan Gwyn), une inconnue pour lui, vient lui révéler un peu plus sur qui il est.

Dans l’ensemble, Beyond délivre un premier épisode qui souffre donc avant tout d’être terriblement consensuel dans son genre. Ce n’est pas qu’il n’existe pas de moyens de raconter une telle histoire en lui fournissant une énergie et identité propre, mais plus que ce début ne parvient tout simplement pas à le faire. Le traitement est convenu, l’absence de véritables twists pour dynamiser l’introduction se fait ressentir et les personnages peinent à susciter de la curiosité. Le point positif est que c’est, malgré quelques moments plus douloureux, plus regardable que certains des derniers pilotes de la chaine. Dans ce sens, au moins, il y a un peu d’amélioration.