Désormais connut du public comme étant polygames, les Henrickson tentent de trouver une nouvelle place dans la société, alors que Bill, désormais sénateur, cherche à mettre en pratique son programme, mais ses collègues ne veulent qu’une chose : se débarrasser de lui, et ils ne sont pas les seuls.

Cinquième et dernière saison pour Big Love, et cela débute avec un challenge de taille : gérer les conséquences des évènements qui ont fait que, à partir de maintenant, les Henrickon sont ouvertement polygames. Et ce n’est pas facile à vivre.

Comme souvent, Bill s’est laissé aveugler par la finalité, négligeant ce qui allait suivre, persuadé que sa foi lui donnerait la force de tout surpasser. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que ses femmes allaient elles aussi être confrontées à des épreuves qui pourraient mettre en danger les fondations de leurs familles.

Barb, tout particulièrement. Religieusement perdue, elle cherche une nouvelle voie qui pourrait satisfaire ses besoins, ce qui crée un conflit familial dans le sens où c’est Bill qui est à la tête de la guidance religieuse et que le comportement de sa femme remet cela en question. Barb essaie donc de trouver une place où elle pourrait pleinement combler son envie d’indépendance, semant la confusion au passage.

Nicki en profite pour obtenir tout ce qu’elle voulait, s’épanouissant comme jamais. Elle se retrouve dès lors poussée à lutter contre tout ce qui représente son passé, et particulièrement, tout ce qui l’a empêchée d’être heureuse pendant si longtemps. Elle veut sauver comme elle a été sauvée, tentant d’effacer le mal qui lui a été fait en s’attaquant aux bases des rapports de force à Juniper Creek. Cela l’empêchera alors de voir sa propre fille, Cara Lynn, s’émanciper à sa façon du carcan strict de son éducation, se jetant dans une relation qui va à l’encontre de ce contre quoi sa mère se bat.

De son côté, Margie cherche toujours sa place dans le monde et c’est en entretenant son indépendance qu’elle le fera. D’abord embarquée dans une nouvelle carrière professionnelle dont elle ne perçoit pas tous les aboutissants, elle va trouver une voie inédite dans la religion, comprenant enfin le sens de son mariage et de sa famille, et découvrant ainsi ce qu’elle veut vraiment.

Toutes les trois tenteront d’adapter leurs désirs à la violente réalité dans laquelle elles se voient plongées malgré elles. Et c’est en explorant la manière avec laquelle Bill et ses femmes essaient de concilier leurs problèmes avec les besoins de la famille que cette saison va retrouver une force et une direction qui avaient disparu durant la précédente saison, noyée dans des enjeux qui dépassaient de trop loin les capacités des personnages.

À côté de ça, cette saison 5 offre également des développements pour les protagonistes secondaires, comme Lois qui est atteinte de maladie d’Alzheimer, ce qui va la rapprocher de Frank. Ben sera lui engagé sur une voie qui illustre une volonté de stabilité, mais dans laquelle ses principes trouveront de nouveaux challenges.

Quoi qu’il en soit, entre la partie politique, les problèmes de familles, et les menaces venant de Juniper Creek, ces 10 derniers seront très chargés et peut-être un peu trop. Il y a clairement un désir d’atteindre des buts précis, mais le temps imparti semble presque limité et, avec la conclusion en ligne de mire, c’est parfois la confusion qui s’installe à cause de la précipitation.

Malgré ça, d’une manière générale, cette dernière saison de Big Love parvient à renouer avec les grandes forces du show et à offrir des histoires prenantes qui entretiennent la tension d’un bout à l’autre. La fin, bien qu’aussi émotionnelle qu’on pouvait l’attendre, utilise un retournement de situation qui coupe court à beaucoup trop de choses pour forcer le sentiment de conclusion qui était nécessaire, laissant alors une légère insatisfaction à cause de son côté abrupt. Cela dit, la série se termine sur une note positive, qualitativement parlant, ce qui est la meilleure façon pour elle d’arriver à son terme après tout ce qu’elle a traversé.