Bill Henrickson n’est pas dans son assiette dernièrement. Il est stressé par l’ouverture de son nouveau magasin et doit gérer sa vie de famille faite de trois femmes et sept enfants. Comme si cela n’était pas suffisant, son frère va l’appeler pour lui annoncer que leur père est très malade. Le voilà obligé de retourner vers une vie qu’il avait fui.

Big Love est, d’une certaine manière, la fin du cycle autour de la thématique de la famille, que la chaine HBO a étudié sous tous les angles avec The Sopranos ou encore Six Feet Under. Cette fois-ci, il s’agit de polygamie, de famille rallongée. Ce pilot va être très clair là-dessus en plusieurs occasions, surtout par le biais de Barb, la première femme de Bill, et maîtresse de maison qui tente de tout gérer pour garder l’unité chez les Henrickson.

Un choix de vie difficile à assumer pour la dernière des femmes, Margene qui craint de ne pas être à la hauteur de ses aînées. D’un autre côté, Nicki, la seconde, noie son mal-être dans une addiction au shopping, sortes d’échappatoire paradoxale, car elle, son problème, c’est qu’elle n’aime pas les valeurs véhiculées par son univers de vie, éloigné de celui du camp de Juniper Creek où elle a grandie.

Du côté des femmes de Bill, ce Pilot est assez clair, mettant en place les éléments nécessaires à une bonne perception de cette façon de vivre plutôt hors norme.

Les choses ne sont pas aussi limpides à Juniper Creek. Il faut dire que l’épisode ne commence pas avec cela, amenant l’idée générale de ce lieu petit à petit, mais se gardant bien de nous en révéler trop avant que Bill, Barb et Nicki ne s’y rendent. On y découvre un camp en apparence assez rustre, loin du confort et de l’aisance qu’expriment les trois maisons de Bill. La poussière semble obstruer l’évolution des mentalités, provoquant presque la mort du patriarche des Henrickson, sous prétexte que les hôpitaux sont de mauvaises choses. Paradoxalement, Roman, le prophète de l’église qui gère Juniper Creek, est un homme d’affaires qui cache bien son jeu. Il faut dire que les conflits passés sont à peine évoqués, et certainement pas explicités.

Pendant ce temps-là, Sarah, la fille de Bill, sympathise avec Heather, une nouvelle collègue de travail au fast food. Cette dernière parle religion et famille, et nous montre que la vie des Hendrickson n’est pas ce qu’il y a de plus facile à assumer. Il n’est d’ailleurs pas très clair si oui ou non, la polygamie de Bill est connue autour de lui, ou si les détails de sa vie privée restent secrets autant que possible. Pour Sarah, s’étendre sur le sujet n’est pas sa première option.

La dernière partie de l’épisode viendra mettre en place la dernière pièce de l’intrigue générale : l’implication de Roman dans les affaires professionnelles de Bill.

Mener par un casting de luxe, comme c’est souvent le cas sur HBO, ce pilot de Big Love réussit à bien nous immerger dans l’univers de la série, mais le grand nombre de personnages en relèguent trop en arrière-plan, teintant d’une légère impression de superficialité certaines scènes trop didactiques qui viennent s’imposer à contre-courant de la volonté affichée, au départ, de nous laisser comprendre, par nous même, les tenants et aboutissants de la famille.