Breaking Bad – Saison 2

Empêtrés dans leur business avec Tuco, Walter et Jesse vont devoir retomber sur leurs pieds et écouler leur marchandise.

Après une première saison écourtée faute de grève, Breaking Bad revient, inchangé, et pour cause, avant de se lancer dans du neuf, elle nous délivre les épisodes manquants l’année passée. Une fois l’affaire Tuco réglée, notre duo de dealers du dimanche va devoir grandir, dans (presque) tous les sens du terme, mais ils vont rencontrer plus d’un obstacle sur leur route.

C’est ainsi que Walter White, ce prof de chimie en apparence inoffensif, va se retrouver à mentir, mentir et… mentir. C’est devenu une façon de vivre. Il le fait avec un naturel qui en devient déconcertant. Il faut dire que toutes les épreuves qu’il traverse le font évoluer, mais pas dans la direction que la bonne morale voudrait, non, lui, il battit un mur qui le sépare de sa famille, seul moyen qu’il trouve pour acquérir la force de caractère qui lui manque, mais pas seulement.

La saison précédente nous avait présenté Gretchen et son mari, sous-entendant qu’ils avaient fait fortune avec le travail de Walt, et mettant ainsi les bases de ce que fut la déchéance d’un homme contraint de vivre loin de ce qui lui est dû, devant supporter l’absence de pouvoir, de possibilités, de respect. Il est ainsi coincé avec sa famille, dans une vie monotone, alors qu’il pourrait plus. Devenir Heisenberg, le magicien de la méthamphétamine, lui a certes apporté de l’argent, beaucoup de problèmes, mais, surtout, cela lui a fait gouter au danger, au pouvoir, à ce qui lui a toujours été interdit.

Sur cette route, le pauvre Jesse Pinkman qui, finalement, n’avait rien demandé à personne, tente de suivre, mais il n’a ni le caractère, ni le courage de faire gros dans un univers où la violence est au coin de la rue.

L’un sans l’autre, Jesse et Walt ne seraient rien, ensemble, ils sont une famille. Ils doivent supporter les défauts de l’autre, mais ne se laissent pas tomber.

C’est avec cette relation que l’on va naviguer toute la saison. Walt choisit le chemin, Jesse s’en accommode et tente d’assumer ce qui est définitivement trop lourd pour lui.

Tout ceci se révèle intéressant, c’est indéniable. Malheureusement, si Breaking Bad est fortement chargé sur le plan des métaphores et autres représentations qui poussent à la réflexion, elle n’en est pas moins handicapée dans sa structure.

Tiraillés entre ce qu’il y a à dire et ce qu’il y aura à raconter, les scénaristes ne semblent pas réussir à trouver le bon mélange, ce qui nous donne des épisodes qui s’étirent en longueur, ou qui s’occupe plus d’introduire les éléments nécessaires à la suite qu’à conclure les précédents. Si le résultat n’est pas aussi déroutant qu’il en a l’air, il n’est certainement pas percutant. Ce n’est clairement pas aider par le fait que certains détails s’incrustent pour apporter une touche de symbolisme à la limite du prétentieux, mais qui est devenue une marque de fabrique indéniable.

Heureusement, pour compenser cet imbroglio narratif, la série bénéficie d’une réalisation de haute volée qui se met au service d’un casting irréprochable, bien que majoritairement sous-exploité – laissant à Bryan Cranston toute la lumière. Il le mérite, mais il n’est pas le seul.

Cette saison 2 est menée avec un faux rythme approprié au style narratif d’une série qui a parfois tendance à oublier qu’elle en est une. Et derrière sa plastique impeccable et ses multiples sens de lecture, Breaking Bad souffre de storylines qui servent les détails et non une vision large d’une histoire dont la finalité est sans cesse modifiée. Le résultat captive aussi bien (voir moins) qu’il peut ennuyer.