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Michael se réveille dans un désert, tombant sur un homme qui meurt dans ses bras. Il va alors découvrir le Village, un endroit hors du Monde dirigé par 2. Michael devient alors 6, un rêveur qui ne veut que s’échapper, bien que tout tende à prouver qu’il n’y a rien en dehors du Village.
1967, c’est loin. La société a évolué et il était peut-être temps de reprendre The Prisoner pour lui offrir une mise à jour, dans la forme en tout cas, car le message, lui, est intemporel. Quoi qu’on puisse en dire, la tâche est rude et couteuse, ce qui a poussé ITV à trouver des partenaires et c’est AMC qui se présente alors. Les deux chaines s’associent bien, mais The Prisonner est un produit anglais avant tout. Scénarisée par Peter Gallagher (Lark Rise To Candleford), appuyée par un casting britannique – à l’exception du premier rôle tenu par Jim Caviezel – cette minisérie doit quand même s’adapter à un marché mondial afin de répondre aux problèmes économiques de l’industrie.
On aurait alors pu penser que nous allions nous retrouver devant une œuvre plus accessible, mais ça ne sera pas réellement le cas.
Si la version 1967 offrait une ouverture des plus explicites qui se répétait à chaque épisode, celle de 2009 joue la carte du mystère. Nous entrons donc en contact avec 6, au milieu du désert. Là , il trouvera un Village – sorte de centre de vacances colonialiste à la sauce Disneyland – qui semble être l’unique chose qui existe. Il n’y a pas de sortie, il n’y a rien d’autre. Le monde est le Village. C’est un état d’esprit, celui que 6 doit accepter de prendre.
L’idée n’est plus uniquement de découvrir pourquoi il a démissionné, mais de le forcer à s’intégrer. Entre 2 et 6, on va donc assister à une guerre psychologique. Tous les coups sont permis et c’est ainsi que l’on retrouvera plusieurs storylines tirées de la série originale qui trouveront ici un nouvel écho. Le tout étant mis en parallèle avec une histoire qui se déroule à New York et qui est censée nous faire découvrir comment cela a commencé. Censé, car c’est bien plus compliqué que ça en à l’air.
Le fait est que l’intrigue générale va rapidement se reposer sur des questions qui ne s’appuient pas sur les actes de Numéro 6, mais sur ce qu’il refuse d’être. L’unique Numéro 2 en place va lui aussi entrer dans l’équation, car sa nature, ses ambitions et ses motivations sont plus que des variables. 2 est une espèce de maitre tyrannique qui doit maintenir tout le monde dans le droit chemin. Il est interdit d’être différent, mais surtout, il est interdit de rêver. Le rêve pousse les gens vers une folie qui nuit à la société uniforme qu’est le Village, et 2 a donc instauré une constante paranoïa qui pousse les villageois à perpétuellement s’autocontrôler. Le moindre dérapage et l’on disparait.
La machine est bien huilé et 6 n’aurait pas dû rester plus de quelques minutes dehors avant de disparaitre, mais il est différent, il ne rêve pas, il a la conviction de ce qu’il dit. Numéro 2 va donc d’abord tenter de le pousser à accepter une fausse vie qui serait la sienne, à le casser avant de le défier. Dans ce sens, chaque épisode représente une nouvelle tentative de Numéro 2.
Mais il n’y a pas que deux personnages. Nous avons 147, conducteur de taxi qui deviendra un ami fidèle de 6. Il y a 313, docteur qui sera amoureuse de 6, des sentiments que 2 ne cessera pas d’exploiter pour mieux la manipuler, pour ne pas dire torturer. 11-12 est le fils de 2, qui est fatigué par les mensonges constants de son père et se trouve séduit par l’idée du rêve et de la possible existence d’un monde en dehors du Village.
Tous se retrouveront à jouer des rôles clés dans ce qui finira par ressembler avant tout à une représentation métaphorique du combat intérieur de Michael. La vraie nature du Village finira par nous être révélée, mais ce qui compte alors à ce niveau, c’est la volonté de 6 à faire son choix. Va-t-il arrêter de lutter et ainsi accepter d’entrer dans le droit chemin pour faire ce qu’on lui dit de faire, ou va-t-il continuer à créer le chaos par sa différence. La solution finale jouera sur l’illusion du choix personnel qui est en fait dicté par les autres. Prendre sa différence pour en faire une généralité est une autre façon de se soigner qui est vaine, comme on le comprendra… contrairement à Numéro 6 qui se croira vainqueur sans se rendre compte de tout ce qu’il a perdu.
The Prisoner 2009 joue donc énormément autour de son message. Malheureusement, on ne peut pas dire que cela soit fait pour être accessible. On peut clairement blâmer le fait qu’il s’agisse réellement d’une fiction britannique qui ne se noie donc pas dans l’approche plus didactique qu’une scénarisation américaine aurait apportée. Ajoutons à cela que sa réalisation sophistiquée se montre parfois un peu déroutante, tout comme son montage qui ne prend un sens réel qu’à la fin.
Globalement, le format minisérie est parfaitement maitrisé et un second visionnage s’impose presque naturellement une fois la vérité mise à nue. Les puristes n’apprécieront peut-être pas, même si tous les épisodes sont blindés de références à la série originale, que ce soit dans les dialogues, dans les décors ou dans les histoires.
Au final, cette nouvelle version de The Prisoner se montre assez intelligente sur bien des points et requiert une attention constante, ce qui fait qu’elle en demande peut-être un peu trop pour le spectateur lambda, mais faire l’effort de s’y investir réellement est récompensé, comme c’est toujours le cas avec des Drama de qualité.
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En parfait accord avec cette l’analyse/description/critique de cette mini série, qui finalement se regarde en deurx fois !