Black-ish : Keeping it real (pilote)

25 Sep 2014 à 12:26

Black-ish : Keeping it real (pilote)

Alors qu’Andre est sur le point d’obtenir une promotion, il prend conscience que le poste lui est avant tout proposé parce qu’il est noir. Il se sent offensé et décide qu’il a besoin de renouer avec sa culture et de la transmettre à ses enfants. Le problème est qu’il en fait un peu trop.

Actuelle spécialiste de la sitcom familiale, ABC lance cet automne Black-ish qui a la particularité de se centrer sur une famille afro-américaine en pleine crise d’identité. Du moins, c’est ce que traverse le père et cela le force à réaliser beaucoup de choses.

Créée par Kenya Barris, Black-ish veut clairement être aussi marrante que culturellement pertinente. On suit alors la famille Johnson dont Andre, le père incarné par Anthony Anderson, a réussi et vit à présent le rêve que ses parents avaient pour lui. Il commence néanmoins à se demander si, durant son ascension sociale, il n’aurait pas oublié d’où il venait, tout particulièrement quand il voit comment ses enfants agissent.

La série ne prend ainsi pas de détour pour nous expliciter dès le départ qu’il est question d’explorer ce qui définit positivement et négativement les Afro-Américains aujourd’hui. André est confronté à une forme de racisme qui peut lui apporter ce qu’il veut, mais il doit pour cela accepter de faire des sacrifices. Le souci est donc pour lui de mesurer ce qu’il peut ou non tolérer.

Malgré cela, Black-ish ne cherche pas à créer la polémique, mais vraisemblablement plus à offrir une perspective contemporaine tout en faisant rire. Dans ce registre, ce pilote a quelques ratés, mais aussi de véritables réussites. L’un des grands atouts du show se révèle être le casting des enfants Johnson. Les jeunes acteurs débordent d’énergie et injectent de la spontanéité qui crédibilise la famille. Du côté des parents, Anthony Anderson en fait un peu trop en voix off, mais se montre vraiment à l’aise dans son rôle, partageant avec Tracee Ellis Ross une complicité qui fait fonctionner le couple. Dans tout ça, Laurence Fishburne – annoncé comme récurrent – parait par moment être uniquement présent pour le besoin d’une blague et tend à être un ajout accessoire à ce stade, ce qui ne l’empêche pas d’être le bienvenu.

Ce premier épisode contient donc de bonnes choses et révèle ainsi un réel potentiel. La famille Johnson devrait sans trop de difficultés livrer tout ce qu’on peut attendre d’elle et peut-être même un peu plus. Comme Andre, la série s’installe dans la soirée bien blanche du mercredi sur ABC pour injecter une pointe de diversité et elle peut tirer profit de l’exposition pour exprimer des idées qui doivent être entendues.

Au bout du compte, Black-ish possède un réel potentiel dans son genre et mérite qu’on la surveille de près. Entre son casting et son écriture, son pilote fonctionne en tout cas très bien et donne envie d’en voir plus.

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