Black Mirror Saison 5 : Une vision trop optimiste pour une série qui a perdu de sa verve

Après Bandersnatch, l’anthologie britannique Black Mirror a fait son retour sur Netflix avec une cinquième saison reprenant le format des débuts de la série – c’est-à-dire 3 épisodes au lieu de 6.

Cela ne marque pas pour autant un retour aux sources pour la création de Charlie Brooker qui, à chaque saison qui passe, s’éloigne un peu plus de l’esprit nihiliste qui définissait l’œuvre au départ.

Les futurs cauchemardesques émergeant de l’abus technologique laissent également progressivement leur place à ce qu’on peut qualifier de présents alternatifs, des réalités toujours plus proches de notre quotidien examinant les mêmes dérives humaines qu’auparavant.

En somme, au visionnage de ces trois derniers épisodes, on peut se dire que l’équipe de Black Mirror n’arrive plus à concevoir ce futur pessimiste vers lequel on pourrait se diriger et se contente de tirer des conclusions assez faciles sur les dérives actuelles. L’ensemble nous conduit trop souvent à des conclusions qui, quand elles ne le sont pas complètement, lorgnent naturellement vers un optimisme peu satisfaisant.

Au final, l’envie de voir d’autres scénaristes que Charlie Brooker venir donner leur vision de notre rapport avec la technologie au cœur de cette anthologie est de plus en plus forte.

Striking Vipers (5.01)

L’exploration de la réalité virtuelle n’est pas une nouveauté pour Black Mirror qui a déjà exploré le sujet dans San Junipero, mais aussi Playtest. Cette fois-ci, on suit Danny (Anthony Mackie) qui mène une existence bien rangée et ennuyeuse avec sa femme Theo (Nicole Beharie) et son fils. Son vieil ami Karl (Yahya Abdul-Mateen II) l’introduit à un jeu de combat en réalité virtuelle où l’on peut ressentir toutes les sensations physiques du personnage.

L’équipe de Black Mirror utilise donc la technologie pour traiter du rapport au sexe, à la pornographie et l’infidélité. Du point de départ pourrait découler une exploration de l’orientation sexuelle, mais l’ensemble reste superficiel et n’emploie pas pleinement cette réalité virtuelle pour aller au-delà de sa problématique principale, à savoir son impact sur la vie du trio à travers Danny, principalement. Arrivé au terme de l’épisode, il est même difficile de savoir quel était vraiment le point de cet épisode.

Smithereens (5.02)

Bienvenu en 2018 à Londres dans un épisode de Black Mirror qui traite de l’usage excessif des sites de réseaux sociaux – et de la manière dont ils nous éloignent du monde réel. On ne peut pas faire plus conventionnel comme thématique, et l’épisode en lui-même approche le sujet avec la même simplicité. L’ensemble repose alors énormément sur les épaules de son interprète principal, Andrew Scott, dans la peau de Chris, un chauffeur de taxi qui prend en otage un employé de Smithereens – sorte d’équivalent de Twitter – et menace de le tuer s’il ne parle pas avec le CEO, Billy Bauer (Topher Grace).

Moins intense qu’un Shut Up and Dance ou The National Anthem qui n’impliquait pas de technologie futuriste, cet épisode tire des constats familiers, tels que l’entreprise qui possède des informations privées et peut donc les exploiter à sa convenance, là où les forces de l’ordre sont limitées par des lois. Reste, dans cet épisode nous disant que tout devient éphémère à travers ces réseaux et nous éloigne les uns des autres, des acteurs inspirés, entre Scott qui délivre une performance émouvante et Grace qui offre un portrait convaincant d’un CEO dépassé par sa création, mais qui ne compte pas non plus améliorer les choses.

Rachel, Jack et Ashley Too (5.03)

Que donnerait Black Mirror si elle s’inspirait d’un film de Disney Channel ? La réponse à cette question que l’on ne posait pas dans le dernier épisode de cette saison 5. Rachel (Angourie Rice) est une adolescente introvertie qui vit avec sa sœur Jack (Madison Davenport) et son père dératiseur. Pour son anniversaire, Rachel reçoit la poupée Ashley Too, inspirée par la pop star Ashley (Miley Cyrus). Cette dernière est une idole des jeunes qui est en fait prisonnière d’un contrat et manipulée par une tante prête à tout pour générer du profit.

Ce qui commence comme une sorte de drame familial suite à la perte de la figure parentale évolue en une aventure décomplexée et un brin ridicule pour aider une pop star de se libérer de ceux qui la contrôle et sont prêts à utiliser la technologie et son image au détriment de tout respect, dignité et bien-être, pour se faire de l’argent. Si l’approche un brin sarcastique vient pimenter la seconde partie, l’ensemble est terriblement cliché à tous les niveaux, jusqu’à la conclusion. Le traitement caricatural accentue le ridicule de la situation et l’aspect immoral, mais le scénario ne va pas non plus assez loin pour réussir à créer un quelconque effet.

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