Nurse Jackie – Saison 1

Jackie est une infirmière expérimentée qui travaille à l’hôtipal All-Saints de Manhattan. Là elle y a sa meilleure amie, sa nouvelle apprentie, ses collègues, et son amant qui lui fournit des médicaments pour son mal de dos et qui ignore tout de sa vie privée. À l’extérieur, elle est heureuse en mariage et a deux filles.

Nouveauté de l’été sur Showtime, Nurse Jackie nous met Edie Falco dans la peau d’une infirmière qui s’automédicamente avec l’aide de son amant, mais qui fait également très bien son métier, quand elle ne falsifie pas des documents pour pousser au don d’organes.

Bref, si Zoey, sa candide apprentie la voit comme une sainte, elle n’en est clairement pas une. De toute façon, elle ne cherche pas vraiment à obtenir ce titre, si c’était le cas, elle s’y prendrait très mal.

Le concept de la série est simple. Chaque épisode nous montre un bout d’une journée dans la vie de Jackie. Ni plus, ni moins. Il n’y a pas d’enjeu majeur, c’est juste la chronique d’une vie d’infirmière. L’hôpital est peuplé de quelques personnages originaux, de l’excentrique Dr. O’Hara – meilleure amie de Jackie –  à Mrs Akalitus (la boss), en passant par Mo-Mo, le collègue et Coop, le médecin un peu crétin.

Pas besoin d’en dire plus. Tous sont définis assez rapidement et peu bénéficieront de plus de développements par la suite. Certes, quelques dialogues et situations permettent à l’occasion d’en apprendre un peu plus sur les uns et les autres, mais on ne peut pas vraiment parler d’un travail de construction conséquent de ce côté.

Ou d’un autre, en fait. Jackie est présentée avec ses vices dans le Pilot. À ce moment, on croit avoir à faire à de simples clichés servant à rapidement la mettre en place, même la chute que l’on pourrait voir comme une référence à Mad Men renforce ce sentiment. Mais non. On apprendra à un peu mieux la connaitre, mais jamais elle ne parviendra à réellement sortir de sa case et à s’épaissir. La fin de la saison est d’ailleurs dans cet esprit et appuie l’impression de vide qui n’a cessé de s’amplifier en parallèle d’une autre chose, la monotonie.

C’est la triste conséquence d’une vie faite de routine, certes, mais Jackie a quelques petits trucs qui sont là pour pimenter la sienne, on aurait pu espérer que ça jouerait en sa faveur. Il faut croire que non. Le but est clairement de ne pas faire du spectacle, mais aussi de ne pas passionner, même si là, c’est plus un dommage collatéral.

Le parti pris a son avantage, car il permet aux acteurs d’être vraiment le principal intérêt de la série. Ils sont tous réellement excellents et on ne peut que vouloir s’attacher à eux. Seulement, c’est également l’unique attrait et cela a du mal à faire tenir toute la saison. Beaucoup de mal.

Nurse Jackie raconte la vie de Jackie. Celle-ci est presque banale. Pas la série, mais ce n’est pas pour ça que c’est une force. Cette saison 1 manque de beaucoup de choses – de contenu, par exemple – compense par sa plastique, et passionne uniquement ceux qui décideront qu’ils veulent adhérer, les autres risquent de s’ennuyer. Pour se rassurer, on peut toujours se dire que Jackie a aussi l’air de s’ennuyer par moment.