Une série d’agressions se finit par un viol. L’enquête va mener à un suspect viable, mais celui-ci va brandir son immunité diplomatique. Frank tente de trouver un moyen de contourner le problème, tandis que Danny poursuit son investigation.

Blue Bloods a été victime de remaniements dans son équipe créatrice. Ce troisième épisode est le dernier qui fut réalisé sous la houlette de Ken Sanzel qui était showrunner et producteur. Il est donc probable que dès le prochain, la série montre de légers signes de changements.

En attendant, nous avons là un épisode qui va utiliser quelques poncifs du genre pour instiguer une notion de justice presque héroïque dans laquelle le méchant pourri va finir par payer pour son crime. Il n’y a pas véritablement de place pour les nuances, même si, lors du désormais traditionnel repas de famille/débat déontologique, Sydney – la fiancée de Jamie – nous expose les pour de la protection diplomatique, tandis que Danny ne veut voir que les contre.

Il y a d’ailleurs chez ce dernier un certain ressentiment à l’encontre de ceux qui ont fait de longues et couteuses études, et Sydney en paie les frais – moins que le suspect numéro 1 de l’affaire. Mais comme le dit Henry, Danny a été le flic qu’il a dû être et il doit maintenant s’adapter, ce qui explique le fait qu’il n’est pas toujours en phase avec les limitations de son travail.

Jamie est un nouveau genre de policier et si Joe était là, on verrait la transition de manière plus flagrante. Cela dit, le dernier des Reagan gagnerait également à avoir un peu plus de scènes. La construction des intrigues ne lui laisse que peu de place, ce qui est tout de même compensé par les leçons de « sagesses » de son instructeur et par le fait que l’on sait que l’affaire des Blue Templars lui accordera forcément ce qu’il mérite à un moment ou un autre. Le plus tôt serait le mieux, mais ça ne semble pas prendre cette direction avec, cette fois encore, une seule scène en fin d’épisode.

Cela dit, Jamie est un personnage qui possède déjà un bagage suffisant pour être nuancé et pris dans certains conflits personnels. On peut difficilement en dire autant d’Erin qui est caractérisée par 5 lignes de descriptions que l’on ne cesse de nous répéter. Son rôle dans cet épisode est tout au plus accessoire. On peut quand même apprécier qu’elle ne soit pas plus forcée dans une intrigue où elle n’a pas réellement sa place.

À l’inverse, Frank aurait mérité d’être plus présent, surtout avec Kelly qui le met dans une situation compliquée. Cette partie n’a pas de réels développements alors que tout était posé pour que le sujet devienne important.

Au final, Danny est une fois de plus celui qui domine et ce n’est pas forcément pour le meilleur, car sa vision manichéenne et énervée, bien qu’ici légèrement tempérée, n’offre qu’une représentation presque parodique, et manquant de finesse, de la justice.

Donc, Privilege est un épisode qui possède une approche obsolète qui est nuisible à pratiquement tout. Cela dit, on peut espérer que Blue Bloods va s’orienter dans une direction qui laissera un peu de place à une exploration plus contemporaine des thématiques de la série, car le potentiel est toujours présent, mais s’efface de plus en plus au profit d’une pauvre banalisation des intrigues. Nous allons, de toute façon, être rapidement fixés.