De retour à Atlantic City, Jimmy reprend ses affaires et sa vie familiale avec quelques difficultés. Madame Jeunet fait part de ses problèmes financiers à Margaret. Nucky prépare les prochaines élections.

Jimmy est de retour à Atlantic City, ville sur le point de connaître bien des changements, et il apporte justement avec lui l’expérience acquise à Chicago. En tout cas, c’est un Jimmy plus sûr de lui qui s’exprime, qu’on soit sur un terrain professionnel ou personnel. Ainsi, au service de Nucky, il pose quelques exigences, tout en forçant son patron à être explicite sur ses désirs. Plus d’interprétations possibles pouvant se retourner contre lui, et du face-à-face évitant les possibilités d’une trahison par une troisième personne. Jimmy connaît son affaire, même quand il s’agit de reprendre le pouvoir chez lui, auprès d’une Angela devant redevenir la simple femme qu’elle se doit d’être, obéissante et docile. Son mari loin de la demeure, Angela pouvait batifoler et était sur le point de tenter un petit ménage à trois, avant qu’il ne revienne. Elle est de nouveau complètement soumise, voyant au passage, pour donner le coup de grâce, son art être critiqué (et non vendu).

Mais Jimmy n’est pas complètement sorti des ennuis, car Van Alden se fait un plaisir de l’arrêter. Une victoire qu’il savoure (qu’il en profite, ce sera court), alors que Nucky lui promet qu’il s’occupe de régler la situation. L’épisode nous pousse doucement à percevoir ce qui va arriver à la fin, avec une orchestration très fine. C’est le bras droit de Van Alden, l’agent Sesbo, qui sera celui qui délivrera Jimmy et placera à l’évidence son supérieur dans une nouvelle position plus que difficile. La scène avec la pierre se montre d’ailleurs très forte en intensité.

Enfin, Jimmy n’est pas réellement un souci pour Nucky, bien plus préoccupé par l’élection du maire de la ville, alors qu’à New York, Arnold Rothstein rencontre les frères D’Alessio et Doyle, explicitant son opinion sur Atlantic City, ville incontournable pour ses affaires.

Le business, justement, devient plus que palpable dans la série, justifiant le besoin de contrôle politique de la ville. Quand un démocrate se met à faire campagne, autant dire que le maire s’inquiète, simple marionnette d’une ville dirigée par Nucky. Il est donc temps, poussé par le Commodore, de changer les têtes pour le bien d’Atlantic City, pure industrie, où tout le monde doit payer pour que cela fonctionne bien. Les enjeux sont de taille et ils prennent une place plus que prépondérante dans la série – celle qui lui revient de droit, et bien plus proche de l’histoire de la ville que l’esprit gangster.

L’alcool est en retrait, mais Madame Jeunet se charge finalement d’incarner cette partie corrompue du système sur lequel vit Atlantic City, jouant avec la dynamique relationnelle imposée avec Margaret. Elle n’est plus la petite vendeuse sans expérience, elle est la femme au bras de Nucky, celle possédant un certain pouvoir. Margaret n’est pas arrivée dans cette position sans rien faire, et plus la saison progresse, plus sa personnalité semble extrêmement bien s’adapter aux règles. Il y a toujours une petite once de doute, un moment d’innocence et de culpabilité qui parait ne pas vouloir la quitter, permettant ainsi à Margaret de conserver une certaine ambigüité dans laquelle elle nous emporte aisément – à l’image de la conclusion avec Madame Jeunet, profitant de son pouvoir, mais sur un sujet sur lequel il est presque difficile de lui en vouloir au vu de la façon dont elle fut au départ traité (la vengeance et la satisfaction personnelle, rien de plus humain …).

Des changements se préparent donc à Atlantic City, des remplacements étant de mises et s’inscrivant aisément dans la progression (scénaristique) naturelle, poussée ou perturbée par les ennemis, au sein d’une ville au contrôle du même homme, devant lui aussi s’adapter pour rester en place. Au final, tout est une question de méthode pour parvenir à ses fins.

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CaroleC
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