Boardwalk Empire : Vive la prohibition ! (Saison 1)

25 Mar 2012 à 12:37

Boardwalk Empire - Saison 1

1920. La prohibition entre en rigueur et une nouvelle période de prospérité s’annonce à Atlantic City où l’alcool continue à couler à flot. Nucky Thompson dirige les affaires de la ville, touchant sa part sur tout, légal et illégal, mais les élections qui se profilent à l’horizon pourraient changer cela, surtout que de nouveaux ennemis émergent de tous les côtés, même de l’intérieur.

Série évènement de la rentrée, Boarwalk Empire a été créée par Terence Winter et produite par Martin Scorsese qui réalise même le pilote. Le projet ne cachait pas son ambition et les premières images confirment, si besoin était, qu’une fois de plus HBO a mis les moyens pour tenir ses promesses.

Cela dit, si on peut apprécier l’aspect technique irréprochable et la distribution presque sans faute, ce n’est pas ce qui fait tout dans une série tv, car sans une histoire solide, nous n’aurions rien de plus qu’une belle démonstration.

Basée sur le livre de Nelson Johnson, Boarwalk Empire n’est pas une adaptation, car sur papier, il s’agit de la vie d’Atlantic City depuis sa création et des grands noms qui l’ont fait vivre, alors qu’à l’écran nous suivons principalement Enoch « Nucky » Thompson, un personnage semi-fictionnel qui contrôle la ville.

Il y a donc une base réelle derrière l’histoire qui nous est racontée et l’opportunité est saisie d’intégrer des noms de personnes qui ont réellement existé, même s’il ne faut jamais oublier qu’il est ici question de fiction. Et ce n’est pas un détail, car si Terence Winter s’en était tenue à la réalité, il est probable que sa série n’aurait pas rencontré autant de flottements au départ.

Les premiers épisodes nous posent les personnages principaux et tentent de les définir. C’est là que les choses se compliquent, car il y a une volonté claire de ne pas nous dresser des portraits simples – et on n’en attendait pas moins –, mais nous plongeons directement dans les nuances des protagonistes avant qu’ils soient bien inscrits dans leur environnement. D’ailleurs, celui-ci est aussi un peu flou puisqu’il est difficile de déterminer au premier abord si nous allons explorer la mafia de la côte Est américaine ou si on va véritablement parler d’Atlantic City.

Beaucoup de confusion qui trouvent une illustration parfaite dans le personnage de Jimmy Darmody, joué par Michael Pitt. Quand on le rencontre, il revient de la guerre et cherche sa place dans un monde qui n’est pas (plus) le sien. Les évènements vont le pousser à s’éloigner pour finalement s’imposer dans un univers où il ne peut grandir que dans certaines limites. Il murit sous nos yeux et à mesure qu’il affirme et domine sa violence et ses ambitions, la série se modèle pour l’accueillir de nouveau en son cœur, à Atlantic City.

Margaret Schroeder, jouée par Kelly Macdonald, suivra une évolution qui ira dans le même sens, bien que moins affirmée, car elle doit avant tout accepter de se compromettre elle-même pour saisir qui elle est, et cela ne se fera pas sans hésitations. Atlantic City est la ville du vice et tout se fait corrompre, même Margaret. Idem pour l’agent Van Alden (Michael Shannon), un homme extrême qui vit par des principes qui finiront par se fissurer dans ce lieu de perdition.

Nucky Thompson, interprété par Steve Buscemi, n’est pas vraiment différent, sauf qu’il a compris très jeune que la corruption était son salut et la seule façon pour lui de grandir dans ce monde. Étonnement, il aurait du s’imposer comme étant le roc sur lequel la série pouvait se reposer, mais comme les autres, il est perdu, devant décider – avec beaucoup d’hésitations – jusqu’où il peut aller, quels sont les vices avec lesquels il peut vivre.

Et tant qu’il n’est pas parvenu au bout de sa réflexion, la saison avance à tâtons, s’égarant par moment, divergeant dans des définitions qui trouveront un sens tardivement, et abusant d’effets scénaristiques dont la force n’est jamais aussi prononcée qu’elle voudrait le paraitre.

Cela dit, Boarwalk Empire finit par s’engager dans la voie qu’elle cherchait et les morceaux sont rassemblés avec de plus en plus de minuties et d’efficacité. Cela démarra donc difficilement, mais l’ensemble trouvera une cohérence qui récompense l’investissement qu’elle requérait.

Au final, cette première saison de Boarwalk Empire finit par arriver au point où elle aurait dû commencer et elle est parfaitement prête pour sa seconde saison. Loin d’être parfaite, elle parvient à surmonter ses problèmes pour s’affirmer comme étant un drama solide complété par un aspect technique de haute volée qui rend le visionnage étrangement aisé.

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