La relation de Nucky et Margaret entraine des changements dans le quotidien de la mère de famille qu’elle est. Jimmy s’impose auprès de Johnny Torrio. L’agent Van Alden reçoit la visite de son supérieur.

Un épisode qui s’offre un début en douceur, jouant sur les multiples relations – explicites, non explicites – qui se développent dans la série, et qui seront au fond la dynamique de l’heure, jouant sur les actions de chacun, avec dans l’idée d’essayer de bien agir. Il semble que beaucoup sont d’avis qu’ils paient ou doivent payer pour leurs erreurs.

Chicago. Si Jimmy a mis un peu de temps à véritablement s’installer dans la ville, nous voilà fasse à une histoire qui permet de trouver dans les évènements passés une direction à suivre, tout en se développant autour de la relation que Darmedi entretient avec Al Capone. Le premier gagne en respect auprès de son patron, Johnny Torrio, ce qui lui offre l’opportunité de mettre en place sa vengeance pour ce qui est arrivé à Pearl. L’orchestration est parfaite, et impose un ton gangster qui colle parfaitement à l’atmosphère qui prend possession de Chicago – s’éloignant clairement la ville d’Atlantic City et de ses manipulations qui ne se font pas dans le sang. C’est aussi l’opportunité d’établir plus solidement la dynamique entre Jimmy et Al, en grande partie à l’aide du fils sourd de Capone, permettant d’exploiter les faiblesses émotionnelles du père et d’imposer le respect qui peut exister entre les deux hommes, malgré le développement d’une rivalité, dû aux ambitions de chacun. La scène finale entre Capone et Jimmy se montre pour le coup surprenante et touchante, replaçant les hommes sur un plan affectif, au détriment d’une rivalité professionnelle qui ne risque pourtant pas de disparaître.

Atlantic City. La ville se fait donc quelque peu doublée par Chicago dans cet épisode, s’orientant encore une fois sur Margaret, souffrant d’une chute qui se montre trop évidente. Elle était facile à voir venir, ce qui n’empêche pas d’être à moitié électrisée devant la confiance qui envahit Margaret, lui permettant de prendre le dessus sur Lucy, qui continue de ne jouer que de son physique, une arme qui tend singulièrement à être éphémère. Seulement, si l’opposition entre les deux femmes semble jouer en faveur de la mère de famille, la vérité est que ni l’une, ni l’autre ne sont gagnantes, ayant toutes deux un but pour Nucky. Si Lucy est mise de côté, ce n’est pas pour cela que Margaret se retrouve dans la place qu’elle s’imagine avoir obtenue, la rencontre finale avec la voisine se chargeant de lui remettre les pieds sur terre. Les motivations de Margaret restent on ne peut plus complexes, car si elle a le sentiment de prendre de l’ascendance, ses enfants font toujours partie intégrante du tableau. La question est de savoir ce qui va l’animer ensuite, le retour à ses valeurs ou si les dernières décisions qu’elle a prise vont la pousser à agir différemment.

Justement, l’épisode tend à faire ressortir les codes moraux, et les punitions qui sont censées les accompagner. Si Capone conçoit la surdité de son fils comme une punition à ses actions, Nucky Thompson tente lui d’être occasionnellement un bon catholique – comme le dit Lucy – mais le monde dans lequel il évolue ne peut que l’éloigner de ses valeurs. Il est « too late », et ce n’est pas qu’une question d’heure. Pour l’agent Van Alden, il se punit lui-même de ses pensées impures.

Boardwalk Empire met en relief avec cet épisode comment ses protagonistes se retrouvent sur la route sur laquelle ils sont, jouant autour de leurs décisions, de leurs croyances et de leurs perceptions morales – ou immorales, en fonction des codes qui régissent leur environnement. Si l’épisode met un peu de temps à s’affirmer, chaque conclusion apporte l’épaisseur et la complexité que les développements se sont chargés d’installer.