Janvier 1920, la prohibition finit par arriver à Atlantic City et, tandis qu’il condamne l’alcool auprès d’une association pour femmes de la ville, Nucky Thompson met fin aux préparatifs pour pouvoir approvisionner la ville en liqueur.

Boardwalk Empire est l’évènement de la rentrée et HBO a mis les moyens pour que ça soit le cas. Avec Martin Scorsese à la réalisation et Terence Winter, vétéran de The Sopranos, à l’écriture, il y a peu de chance de se tromper sur ce que l’on va avoir.

Mais l’histoire d’Atlantic City n’est pas mafieuse, du moins, pas directement, car c’est le parti républicain qui dirigeait la ville. Tout était question de pouvoir politique, comme l’illustre bien Boardwalk Empire : The Birth, High Times, and Corruption of Atlantic City Times, le livre de Nelson Johnson qui sert d’inspiration à la série. Et d’inspiration, c’est uniquement de cela qu’il s’agit, car l’histoire de la ville ne débute pas avec la prohibition, bien au contraire. Si la série commence par cela, c’est clairement parce que c’est la partie la plus tumultueuse et celle durant laquelle la ville sera la plus prospère.

Quoi qu’il en soit, on débute en janvier 1920 avec Nucky Thompson qui prit la suite du Commodore à la tête de la ville. Détail important, avant de continuer,  Nucky Thompson n’a jamais existé, il est une version fictive, pour ne pas dire alternative, de Nucky Johnson. Un changement qui est justifié par l’ambition du scénariste qui ne veut pas être bloqué par l’histoire vraie du personnage, même si ce pilote montre qu’il a gardé une bonne partie de ce qui caractérisait Johnson.

Ce dernier était proche des habitants, présent là où cela comptait. Officiellement, il n’est que trésorier du parti, mais ce titre n’est là que pour la façade, car tout le monde sait que c’est lui qui tire les ficelles, comme le Commodore lui a appris. Il a juste été encore plus loin et c’est là que le personnage de Jimmy Darmody entre en scène, car il va, dans ce premier épisode, servir à montrer que Thompson ne peut plus être qu’un politicien.

D’ailleurs, l’angle mafieux est également immédiatement intégré afin de suivre cette logique. Cela dit, la série va probablement éviter de plonger entièrement dans ce genre de thématique, car la ville et la politique de la région sont primordiales pour donner à Nucky sa légitimité. Bien entendu, la première convention de criminels a eu lieu à Atlantic City et il sera impossible à la série de passer à côté.

En attendant, ce pilote nous montre comment Nucky dirige la ville. L’opportunité est d’ailleurs saisie pour intégrer le prologue du livre lors de l’introduction du personnage de Margaret Schroeder qui montre la façon dont Thompson règle les problèmes, tout en lui offrant une storyline qui va permettre l’exploitation de la partie la moins publique de sa personnalité.

Ce premier épisode couvre donc les bases et pose un certain nombre de protagonistes qui vont trouver des places plus ou moins prépondérantes par la suite. C’est une introduction qui ne lésine pas sur les moyens, mais qui n’est pas précipitée. Il est clair qu’il y a beaucoup de choses à raconter et, pour le faire, il fallait des fondations solides. Celles-ci se caractérisent clairement par les personnages qui sont soigneusement écrits et impeccablement interprétés. Steve Buscemi et Michael Pitt sont impeccables, tout comme le reste du casting, mais il n’est pas vraiment nécessaire de s’arrêter là-dessus, car l’affiche a déjà été faite et on sait dans quoi on se lance.

On peut quand même revenir sur la réalisation de Martin Scorsese qui pose le style de la série. On peut difficilement renier sa maitrise, mais il n’empêche que certains choix qui sont typiques de son travail sont ici un peu trop prépondérants. Par là, je veux parler des montages qui, sur la fin, s’enchainent un peu trop. Certes, l’impact visuel est indéniable, mais vu la durée de l’épisode, étirer l’histoire de quelques minutes pour offrir une touche supplémentaire de développement n’aurait pas été dérangeant, bien au contraire, car le temps passe assez vite.

Au final, ce premier épisode de Boardwalk Empire délivre ce qu’on pouvait en attendre – il y avait peu de doute à ce sujet. Une mise en place maitrisée, des décors impressionnants, un casting irréprochable, et une réalisation à la hauteur du projet. Les ambitions de HBO avec cette série n’ont jamais été aussi évidentes et on peut espérer, sans trop de craintes, que la suite saura suivre une voie qui semble déjà toute tracée.

N.d.A. : Pour les amateurs de The Sopranos, il est difficile de passer à côté de tout ce qui lie les deux séries, mais pour ceux qui l’on manqué, Erik Weiner, connu pour avoir eu une ligne de dialogues dans The Sopranos, a maintenant eu une scène dans Boardwalk Empire et devrait en avoir d’autres par la suite.