Une femme est retrouvée morte flottante dans la rivière Schuylkill. Le Dr. Megan Hunt et son partenaire, l’enquêteur médical et ancien policier Peter Dunlop, se retrouvent à travailler sur le dossier, allant sur le terrain avec les deux détectives, Bud Morris et Samantha Baker.

Nouveauté ABC, Body of Proof met en scène Dana Delany dans la peau d’une ancienne neurochirurgienne qui a quitté son travail après un accident. Elle est alors devenue médecin légiste, mais fait plus que cela, étant décidée, avec l’aide de son partenaire Peter Dunlop, de trouver le responsable de la mort de la jeune femme qui se trouve actuellement sur sa table.

À chaque série policière sa marque de fabrique, et celle de Body of Proof est de faire la part belle à ce que le corps nous révèle sur une personne, pour suivre ainsi les indices. Un angle d’approche qui vient se confronter à celui de la police, et qui se dote d’une forme conflictuelle narrative, incarnée clairement par la difficile collaboration entre le Dr. Hunt et Bud Morris, un vieux de la vieille qui apprécie peu les techniques intrusives du médecin légiste. Un point de vue plus que compréhensible, car l’épisode ne parvient pas à fournir une mise en scène et une dynamique fluide, cherchant trop à vouloir être malin sans parvenir à créer un environnement naturel. En somme, tout le monde connaît sa partition, mais peu de personnes la jouent actuellement ensemble – et quelques scènes purement mauvaises en ressortent.

Non pas que si c’était le cas, Body of Proof brillerait, car la série ne s’annonce pas non plus comme une série ayant énormément à offrir, seulement comme une qui peut faire ce qu’elle promet qu’elle va faire – ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, si c’est ce qu’on recherche.

En attendant, le premier épisode tente avant tout de mettre en place tous les éléments de la série avec moult difficultés, car l’environnement de Megan Hunt n’est pas policier, mais médical, et qu’il faut que celui-ci soit établi, à travers un certain nombre de membres du personnel – de la supérieure au docteur qui ne peut pas l’encadrer. Il faut aussi dire qu’ancienne neurochirurgienne, elle n’a pas grande difficulté à mieux savoir que les autres, en tout cas pour ce qui est du point de vue professionnel, car Hunt est bien plus en position de faiblesse pour ce qui touche à sa famille et à la vie privée. Autant dire que les conseils de Dunlop ne sont pas du luxe en la matière, bien que cela soit le B.A-BA requis. Tout le monde parait de toute façon tomber d’accord sur le fait qu’il faut qu’elle se construise une vie en dehors de son travail, ce qui aurait dû s’accorder avec son changement de carrière, poussée par la mort d’une patiente, mais c’est une subtilité que n’a clairement pas perçue Megan.

Quoi qu’il en soit, Body of Proof tente d’imposer son personnage principal avec un succès limité, un phénomène qui s’étend quasiment à tout l’environnement de la série, l’épisode souffrant d’une mise en place précipitée et hachée. La série a ainsi des défauts beaucoup trop évidents que la suite, en prenant plus de temps, devrait au moins atténuer.