Lorsque le corps d’une femme chirurgien est retrouvé décomposé dans un arbre, Brennan découvre des similitudes troublantes entre elle et la victime et en fait une obsession au point d’inquiéter ses amis.

Lorsque le prégénérique de Bones commence avec les héros (et c’est très rare), vous pouvez être sûr d’avoir droit à un épisode personnel. The Doctor in the photo transcende cette idée pour entièrement se vouer à la descente aux enfers de Temperance, résultat d’années d’introspections sauvages. Voilà qui rend cet épisode à la fois très réussi et très anxiogène.

Qu’y a-t-il de pire pour une technicienne des faits, une femme dont la vie est régie par l’empirisme que d’avoir à recourir à son intuition, ses sentiments pour résoudre une affaire ? C’est ici tout le problème de Brennan, car elle ne peut pas se permettre de ne pas résoudre ce cas parce que la morte c’est elle !

Du moins, c’est ainsi qu’elle la voit. Elle voit son propre visage sur la fiche professionnelle de la victime, elle entend sa propre voix sur les enregistrements, elle voit sa propre bague à son bras (pour le coup, c’est vraiment le cas), elle transfère ses propres regrets amoureux et elle finit même par lui parler et l’entend lui répondre. Ce n’est évidemment rien d’autre que l’inconscient douloureux de Temperance qui se manifeste ici. Cela fera presque un an qu’elle a rejeté Booth, qu’elle en souffre en silence, le tout pimenté par l’arrivée d’Hannah dans la vie de Seeley. Et tout comme lui, on assiste finalement impuissant à son explosion de sentiments et de regrets. Mais c’est trop tard, il a tourné la page ! Temperance pleure. Ça fait mal, mais ça fait du bien, il le faut !

The Doctor in the photo est un épisode fantomatique à plus d’un titre. Brennan n’y est plus que l’ombre d’elle-même qui erre tel un zombie dans les couloirs vides du Jeffersonian et dialogue chaleureusement avec un mystérieux gardien de nuit que nous ne sommes pas loin de soupçonner d’être lui aussi le fruit de son imagination. Après tout, personne d’autre qu’elle ne le voit et c’est lui qui lui montre le chemin de l’enquête et de son propre apaisement. Cet homme sage (joliment campé par Enrico Colantoni) et citant à loisir des bribes de conférences scientifiques ne serait-il pas tout simplement la représentation de l’esprit logique de Brennan ?

Chacun aura sans doute ici sa propre interprétation des choses, l’épisode étant écrit pour nous laisser dans une délicieuse expectative, le cœur lourd et l’esprit embrumé. Mais force est de constater que la série termine sa première moitié de saison par un épisode fort et intelligent comme on en voit peu depuis un moment.

Et en dehors de ses goûts vestimentaires toujours aussi discutables, reconnaissons à Emily Deschanel un travail fabuleux. À bout de nerfs, les larmes aux yeux, elle offre une interprétation de toute beauté qui rend le personnage superbement… humain et touchant.

Trois jours (et Noël) vont passer, certes, mais le monde sera-t-il vraiment de nouveau à l’endroit ? Rien n’est moins sûr ! Rendez-vous mi-janvier.

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