Que vaut BrainDead, la nouvelle série des créateurs de The Good Wife ?

BrainDead avec Mary Elizabeth Winstead

Déjà publié au début du mois de juillet 2016, cet article est aujourd’hui remis en avant à l’occasion du début de la diffusion de BrainDead sur Série Club ce dimanche 5 mars 2017 à partir de 20h50.

BrainDead est la nouvelle série estivale de CBS, proposée par Robert et Michelle King, les showrunners de The Good Wife. Alors que cette dernière s’est conclue en mai dernier, le couple change (presque) de registre en lançant une satire politicto-zombiesque qui se place clairement comme un pur divertissement. Mais que vaut cette production ?

Laurel (Mary Elizabeth Winstead) est une cinéaste documentaire fauchée qui est forcée de travailler pour son frère (Danny Pino), un gouverneur démocrate. Son parti est dans l’impasse suite à un shutdown de tout le système politique. Washington DC est paralysée, situation idéale pour qu’une race indiscernable d’extraterrestres envahissent la tête des politiques, lobotomisant leurs cerveaux. Déterminant rapidement que quelque chose cloche, Laurel va mener son enquête et découvrir plus que ce qu’elle ne pensait trouver.

Une histoire folle et intrigante

Ce postulat de départ peut laisser perplexe. Le mélange entre satire politique et série de zombies possède un potentiel certain, surtout au regard de l’actualité. Mais il peut rebuter par son absence d’originalité à une époque où ces deux genres s’épuisent à la télévision. Heureusement, BrainDead parvient à faire fonctionner son alliage rocambolesque et absurde.

De petites fourmis s’insèrent dans le cerveau des républicains puis des démocrates qui s’affrontent pour le pouvoir politique à Washington DC. Avec l’infection de citoyens appelant à une révolte sociale, les extraterrestres semblent vouloir le désordre sans que la raison soit explicite. Le plan qui se cache derrière cette invasion reste obscur même après cinq épisodes, rendant l’enquête de Laurel nécessaire autant à la narration qu’au spectateur.

La série, au cours de ses premiers épisodes, délivre malgré tout son lot d’informations. Mais même si elle part dans tous les sens afin de créer la confusion – et entretenir l’opacité des motivations aliens —, elle parvient à suivre une ligne directrice claire avec Laurel. Si l’invasion permet de mettre en exergue l’absurdité de la classe politique par la situation qu’elle crée, le but principal est encore inconnu et ce n’est pas le dernier épisode en date qui éclaircit cela.

Satire, humour et horreur au programme

La place de Laurel dans le récit lui permet de ne pas céder au désordre ni à la critique gratuite. Le système politique est corrompu, c’est un fait qu’elle n’a pas à établir tant d’autres productions l’ont fait (Veep pour la plus récente). Pourtant, la métaphore extraterrestre apporte une nouveauté rafraîchissante. BrainDead ne révolutionne pas la satire de la politique-spectacle, loin de là. Mais elle en conserve tout le cynisme nécessaire pour ne pas virer à la facilité confondante.

Il est plus facile de critiquer avec de l’humour, c’est certain. La série choisit alors de tourner en ridicule les politiques grâce à un mélange entre personnages grotesques (Red, le Républicain incarné par Tony Shalhoub en est le parfait exemple) et images réelles données par un média fictionnel. Donald Trump et Hilary Clinton sont clairement visés, mais l’intrigue permet de ne pas en faire le seul point de critique, ce qui est une bonne chose. Au contraire, avec la recrudescence de maladies, la série s’insère pleinement dans l’actualité même si l’on ne voit pas encore tout à fait où elle veut en venir.

Les King s’amusent comme des fous et nous aussi. La série n’invente rien, mais joue parfaitement des références qu’elle invoque. Veep, The Good Wife, The Walking DeadBrainDead ne se refuse rien – à commencer par son introduction chantée —, ingère ce qui fonctionne dans ces séries et l’exploite pour donner vie à un récit divertissant et clairement fait pour l’être. Mary Elizabeth Winstead porte l’ensemble avec beaucoup de charisme, nous faisant avaler les quelques facilités scénaristiques de ces premiers épisodes, notamment la relation de Laurel et Gareth, un employé républicain.

* * *

Si BrainDead ne brille pas – pour le moment – par la subtilité de sa critique, elle porte en elle le statut de série pop-corn idéale de l’été, alliant avec dextérité le divertissement SF et le propos politique. Elle en tire alors un récit qui part dans tous les sens, par lequel il faut se laisser porter, mais qui vaut le coup pour son habileté à surprendre et faire rire, son casting investi et son histoire rocambolesque, mais intrigante.

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